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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 12:32

 

 

montréal biodôme 1La conférence de Pascal Picq sur le thème : « Voir autrement l’humain «  est une invitation au voyage dans le temps et dans l’espace, conférence passionnante et vivante, claire et érudite, destinée à un large public. Paléoanthropologue et maître de conférences au Collège de France l’a tenue il y plus d’un an, en novembre 2011, dans un lieu futuro-paradisiaque créé par l‘homme en hommage à d‘autres espèces, le Biodôme de Montréal.

J’ai choisi de façon très subjective quelques phrases truculentes, savoureuses et pertinentes de ce scientifique sérieux qui ne se prend pas au sérieux, de cet intellectuel « habité » par la joie et le plaisir de transmettre le savoir, qui semblent particulièrement contagieux. Il démolit au passage quelques petites idées reçues qui traînent par-ci, par-là, en « s’énervant » exactement comme j’aime. Une excellente écoute!

 

 

 

  • (0:01:08) Qu’est-ce qu’il reste de l’humain? C’est cette caractéristique tout à fait particulière de se demander : qu’est-ce que l’humain?

 

  • (0:07:26) Dans la première vision du monde on dira : « L’homme est à Dieu ce que le singe est au diable ». C’est Martin Luther. Les singes ne se sont pas remis. Dans la vision que vous avez connue et que moi, j’ai apprise aussi, on dira : L’homme descend du singe, mais cachez-moi ce singe que je ne saurais voir. […] Et il y la troisième vision où on dira non : toutes les espèces qui nous entourent sont tout aussi évoluées que nous, elles ont toutes la même histoire : microorganismes, plantes, hommes ou chimpanzés, tous, nous avons une histoire qui remonte à quatre milliards d’années. Ça, c’est Darwin qui l’a vu en premier, une fois de plus. […] L’homme et le singe ont un dernier ancêtre commun. 
  • (0:17:55) L’homme fait partie de l'ordre des primates, et plus particulièrement d’une grosse partie des primates qu’on appelle les singes. L’homme ne descend pas du singe, nous sommes des singes.

 

 évolution darwin

 

  • (0:11:13) Les sciences se sont développées contre la religion - il faut arrêter avec ce genre de bêtises. […] L’idée des gens comme Newton c'était que le rôle des sciences était de décrire le génie du Créateur. […] Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles entre la religion et la science jusqu’à « L’Origine des espèces » de Charles Darwin. Il a écrit en 1844 à son ami John Hooker :« Je me fais l’effet d’avouer un meurtre ». Quel est ce meurtre? C’est le meurtre de la métaphysique occidentale. Parce que Darwin comprend que tout ce que nous sommes, même nos capacités mentales, est issu d’une histoire naturelle qu’on appellera l'évolution. Darwin est le plus grand accident de la pensée occidentale toujours pas digéré alors actuel.

 

  • (0:26:53) Le couillon qui, il y a six millions d’années, se retrouve - la forêt dans le dos, la savane devant lui et qui se dit, si je me redresse, j’aurai l’air d’un homme. Un coup de reins audacieux qui va amener la domination de l’homme. Et pourquoi vous le gobez, ça? Parce que ce sont nos mythes. C’est l'échelle naturelle des espèces que vous voyez dans tous les schémas. […] J’ai mis dix ans à sortir ça des programmes scolaires. L’humain c’est ça, c’est cette nécessité de se raccrocher toujours à l’ensemble des croyances communes, même si elles ne sont pas fondées scientifiquement, quoique la science ne fonctionne pas sur les croyances. Au passage, l’évolution de l’homme c’est l’affaire des mecs. C’est une idéologie aussi, c’est une vision qui nous vient de la mythologie. Il n’y a presque jamais de la représentation de l’évolution de la femme. C’est aussi la représentation de la domination de l’homme sur la nature. Même les sciences ont participé à cela.


 évolution femme homme

 

  • (0:29:08) La sélection naturelle, ce n’a jamais été la loi du plus fort, ça n’a jamais été : je suis un mâle costaud, je casse la gueule à l’autre mâle et je prends ses femelles. Il n’y a que des mecs pour croire à cela. La sélection naturelle a dit simplement une chose, que certains individus laissent une plus grande descendance que d'autres. […] La sélection naturelle n’est pas une loi, il n‘y a pas de lois dans l‘évolution.[…] Si l’environnement va bien, tout le monde va bien. S’il y a de plus en plus de fruits, toutes les espèces de singes vont se reproduire, donc on va bouffer de plus en plus de fruits, et au bout d’un moment les arbres ne peuvent plus et votre succès va entraîner une crise, c'est ce qu’on appelle le rouleau d’étranglement. […] Pendant un siècle l’Occident a connu un développement extraordinaire sans connaître de rivalité, donc ç’a très bien marché pour nous. Sauf qu’aujourd’hui, comme en France : « Oh! C’est à cause de la mondialisation. » Tant qu’on exportait chez les Chinois, c’était bien, maintenant quand ils nous envoient chez nous, c’est pas bien. […] C’est quand il y a la restriction des ressources qu’il y a la sélection.


  • (0:34:50) A quoi ça sert la biodiversité? La diversité et tous nos caractères, et c’est ça ce qui aévolution milo manara compris de manière géniale Darwin, toutes nos différences entre nous sont une potentialité d’adaptation pour le devenir de notre espèce. Darwin nous dit que nos différences sont une richesse. C’est fabuleux! Ça n’a jamais été dit.

 

  • (0:38:00) La sélection sexuelle, alors là aussi, bonjour le délire! Boris Cyrulnik m’a dit un jour : viens dans les colloques de sexologie, ils sont fous. Je confirme. Vous avez un problème de sexualité, si vous consultez un sexologue, surtout psychanalyste et surtout lacanien, c’est réglé, vous ne faites plus jamais l’amour.

 

  • (0:57:08) Les chimpanzés, nos plus proches parents- 99% ADN identique pour 25.000 gènes, - même systèmes sociaux, - fusion/fission, - exogamie des femelles, - frugivores/omnivores, - souplesse  écologique, - aptitudes à la bipédie, - outils et cultures - éducation, - chasse et partage, - politique et mensonge, - copulation face à face, - empathie, sympathie, « morale », - communication symbolique, - rires et pleure / mort…

 

  • (1:08:45) Peut-être ce qui fait l’humain, c’est cette nécessité de créer des mondes symboliques, esthétiques, des mondes de narration, de représentation, des mondes dans lesquels on modifie notre corps. Nous sommes une espèce qui transforme le monde, à la fois par ses techniques et ses représentations. Et ça, pour l’instant, on n’a pas chez les autres espèces. […] L’homme, comme disait l’éthologue von Uexküll, est fabricant des mondes. […]

 

  • (1:11:10) Tous les hommes et toutes les femmes d’aujourd’hui sur cette terre viennent d’Afrique, depuis 60 mille ans au moins.  […]  Si nous avions fait cette conférence il y a 40 mille ans, il y aurait eu dans cette salle des hommes et des femmes de Neandertal, de Solo, de Florès et nous, les Homo sapiens. Il y avait quatre ou cinq espèces d’hommes. On ne pouvait pas se reproduire avec eux. […] Ils sont tous aussi humains. Donc, on a une seule humanité composée de plusieurs espèces humaines biologiques. Aujourd’hui, il y a une seule espèce d’homme sur cette terre. Une fois que vous avez dit ça, tous les racismes, toutes les exclusions, n’ont plus aucun sens.

 

  • évolution Foutre la merde(1:17:15) C’est ça, l’homme, c’est cette capacité d’affronter l’inconnu absolu en raison des croyances, des convictions et des valeurs communes. Nous avons réalisé ce que aucune espèce n’a jamais réalisé : vivre dans tous les écosystèmes de la terre. C’est un immense succès d’Homo sapiens. Mais notre succès s’est payé par l’extinction de toutes les espèces les plus proches de nous en termes de parenté et de complexité. Hier - les autres hommes, récemment - les grands mammifères, et aujourd’hui - c’est l’extinction des grands singes… […] Nous sommes sept milliards d’hommes, mais avec de moins en moins de diversité culturelle et naturelle. Ça va être un sacré enjeu d’avenir. […] Darwin a déjà dit en 1847 dans ses carnets de voyage : « Partout où l’homme blanc est arrivé, c’est l’élimination des espèces sauvages et des autres cultures. «  Et Claude Lévi-Strauss : « Aussi la seule chance offerte à l’humanité serait de reconnaître que devenue sa propre victime, cette condition la met sur un pied d’égalité avec toutes les autres formes de vie qu’elle s’est employée et continue de s’employer à détruire. » Voilà ce qui nous dit l’évolution, ce n’est pas que du passé, elle nous dit comment bouge le monde. Ce qui fait l’humain ce sont nos systèmes de représentations qui ont donné les plus belles créations artistiques, esthétiques, culturelles, poétiques, musicales, c’est indéniable. Mais ces représentations du monde peuvent aussi être nos pires ennemis, car ils nous amènent à ne pas percevoir que la nature est toujours là, et qu’on en fait toujours partie.

 

evolution arbreevolution piège

 

22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 13:22

 


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« Aimons la neige ! Sinon, nous risquerions de briser notre équilibre poétique et d'oublier notre condition humaine. »

 Francis Bossus, La Forteresse               

 

 


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« La neige ne tombe pas à Paris : elle fond. »

Alain Schifres, Les Parisiens                  


neige sur arbres - ewa  neige sur arbres 2 - ewa

Dimanche matin. Un coup d’œil par la fenêtre. Émerveillée, je sors de mon igloo éblouie par la blancheur de la poudreuse légère et fraîche. 


champs-élysées_lido_métro_neige_ewa  chapms-élysées_virgin_ewa

La bouche de métro enneigée - antichambre d’Hadès - engloutit des âmes errant sur les Champs-Élysées et rêvant de voyages; et celle - aguichante et pulpeuse - de Lido, aspire méthodiquement les cars de touristes avides de sensations.

Moi, après avoir improvisé quelques pas de danse sur la patinoire devant Virgin Megastore, je suis happée par des lumières rouges menacées d’extinction. 


pigeons sur neige_ewa  neige fondue_paris_ewa

Sur une belle nappe blanche, j’offre le dernier repas de la journée aux pigeons affamés; et puis, j’enjambe une mêlasse brunâtre, fondante en essayant de ne pas me noyer dedans parce qu’on m’attend pour prendre le dernier repas de la journée à la pizzeria des champs…

 


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« L'artiste est un sculpteur de neige. »

Pierre Fresnay                          


Falat-Retour de la chasse

 Julian Fałat , Le retour de la chasse (1892), huile sur toile 


 Falat-Hiver à Cracovie

Julian Fałat, Hiver à Cracovie (1909)


Falat_Paysage d'hiver_ Bystra.jpeg

Julian FałatPaysage d’hiver (1915), huile sur toile 

 

Falat-paysage d'hiver

Julian FałatHiveraquarelle sur carton

      

Falat Hiver

Julian FałatPaysage d'hiver (Bystra), aquarelle sur carton

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 11:20

 

comedie-francaise 4Que le rideau se lève sur « Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux, pièce jouée à la Comédie-Française de novembre 2012 aux premiers jours de janvier 2013, et diffusée sur France 2 mardi dernier. Rien d’original ni de révolutionnaire, tout ce qu’il y a de plus classique, juste les dialogues pétillants et l’excellent jeu d’acteurs. Mais, assister à des représentations du Français n‘est pas forcement accessible à tous, et bien connaître ses classiques, c’est pouvoir mieux apprécier et comprendre le théâtre contemporain. « Construire pour mieux détruire »…


ACTE I  

 

Résumé  : Silvia, fille de Monsieur Orgon, craint d’épouser, sans le connaître, Dorante, le jeune homme que son père lui destine. Elle décide de se travestir et d’échanger son habit avec sa femme de chambre, Lisette. Elle espère ainsi pouvoir mieux observer son prétendant. Mais Dorante a eu la même idée et se présente chez Monsieur Orgon déguisé en un serviteur nommé Bourguignon, alors que son valet, Arlequin, se fait passer pour Dorante. Monsieur Orgon et son fils, Mario, sont seuls informés du travestissement des jeunes gens et décident de laisser ses chances au «jeu de l’amour et du hasard».


Scène 1

SILVIA : Cette physionomie si aimable que nous lui voyons, n'est qu'un masque qu'il prend au sortir de chez lui.

           

Scènes 2-3-4

MONSIEUR ORGON : Eh bien, abuse, va, dans ce monde il faut être un peu trop bon pour l'être assez.


Scènes 5-6

SILVIA : Laissons là l'amour, et soyons bons amis.

DORANTE : Rien que cela : ton petit traité n'est composé que de deux clauses impossibles.

 

Scènes 7-8-9

ARLEQUIN : Je ferai encore mieux dans les suites, et puisque le sérieux n'est pas suffisant, je donnerai du mélancolique, je pleurerai, s'il le faut.




Résumé  : Dès la fin du premier acte et au cours de l’acte II, les rencontres entre maîtres et valets déguisés sont autant de surprises de l’amour et de quiproquos. En effet, Silvia et Dorante s’étonnent d’être sensibles aux charmes d’une personne d’un rang social inférieur. Lisette et Arlequin, de leur côté, s’émerveillent et profitent de leur pouvoir de séduction sur celui ou celle qu’ils prennent pour un maître ou une maîtresse. Lorsque Silvia apprend enfin de Dorante sa véritable identité, elle éprouve un vif soulagement. Toutefois, sans se dévoiler, elle décide de poursuivre le jeu à sa guise.


Scènes 1-2-3

LISETTE : Jusqu'ici je n'ai pas aidé à mes appas, je les ai laissé faire tout seuls ; j'ai ménagé sa tête, si je m'en mêle, je la renverse, il n'y aura plus de remède.


Scènes 4-5-6-7

LISETTE : Donnez-vous le temps de voir ce qu'il est, voilà tout ce qu'on vous demande.

SILVIA : Je le hais assez sans prendre du temps pour le haïr davantage.

 

Scènes 8-9-10

SILVIA : C'est par générosité que je te parle, mais il ne faut pas que cela dure, ces générosités-là ne sont bonnes qu'en passant, et je ne suis pas faite pour me rassurer toujours sur l'innocence de mes intentions, à la fin, cela ne ressemblerait plus à rien.


Scènes 11-12-13

SILVIA : Tâche de m'estimer sans me le dire, car cela sent le prétexte.




Résumé  : Silvia veut en effet obtenir de Dorante qu’il lui donne une très haute preuve de son amour : elle aimerait l’amener à lui offrir le mariage alors qu’il la croit encore une femme de chambre. Aidée de son frère Mario qui pique la jalousie de Dorante, Silvia triomphe finalement de celui-ci et c’est seulement dans la dernière scène qu’elle lui révèle qui elle est. Arlequin et Lisette, eux aussi démasqués au dénouement se jurent, malgré leur déception, un amour éternel.

 

Scènes 1-2-3

DORANTE : Elle est si aimable, qu'on aurait de la peine à ne lui pas parler d'amour.


Scènes 4-5-6
SILVIA : Je serai charmée de triompher ; mais il faut que j'arrache ma victoire, et non pas qu'il me la donne.

Scènes 7-8

ARLEQUIN : Vos petites manières sont un peu aisées, mais c'est la grande habitude qui fait cela.


Scènes 8-9

DORANTEVous m'aimez donc ?

SILVIA : Non, non ; mais si vous me le demandez encore, tant pis pour vous.

DORANTE : Vos menaces ne me font point de peur.


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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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