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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 14:23

 

 

Chut, calme… Il est venu le temps du silence.

Son souffle est de plus en plus proche.

C’est lui qui te manque vraiment,

Lui seul a la vraie saveur,

Le silence comme celui-ci.

 

Chut, calme… Approche-toi d’elle.

Elle tremble, palpite, cette  flamme pâle.

Viens t’immerger en elle,

Dans ses profondeurs cristallines et claires,

Plonge dans les tréfonds.

 

Tu es de plus en plus proche, de plus en plus proche de lui.

Il fait calme, de plus en plus calme chaque jour.

 

Arrête ce bruit incessant.

Pourquoi t’efforces-tu de l’amplifier continuellement?

C’est comme ça qu’on t’avait appris :

On ne conquiert le monde qu’avec un cri.

Mais ce n’est pas ainsi, pas ainsi. 

 

Chut, calme… Il est venu le temps du silence,

Celui que ton cœur te fait entendre.  

Autrefois, il chantait à tue-tête,

Maintenant, il est poli et froid comme la glace.

Quel triste miracle! Ô triste miracle!

 

Tu es de plus en plus proche, de plus en plus proche de lui.

Il fait calme, de plus en plus calme chaque jour.

 

Viens t’immerger en lui,

Dans ses profondeurs cristallines et claires,

Le silence comme celui-ci, comme celui-ci…. 


2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 07:18

 

La philosophie nous apprend-elle à mourir ? 

 



« Et pour commencer à lui ôter son plus grand avantage contre nous, prenons voie toute contraire à la commune. Ôtons-lui l’étrangeté, pratiquons-le, accoutumons-le, n’ayons rien si souvent en la tête que la mort. A tout instant représentons-la à notre imagination et en touts visages. […]
Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout. La préméditation de la mort est préméditation de la liberté. Qui a appris à mourir, il a désappris à servir. Il n’y a rien de mal en la vie pour celui qui a bien  compris que la privation de la vie n’est pas mal. Le savoir mourir nous affranchit de toute sujétion et contrainte. »

Montaigne, Essais, I, 20, PUF, Quadrige, p. 86-87   


« Il est certain qu’à la plupart la préparation à la mort a donné plus de tourment que n’a fait la souffrance. […] Si vous ne savez pas mourir, ne vous chaille, nature vous en informera sur le champ, pleinement et suffisamment ; elle fera exactement cette besogne pour vous, n’en empêchez votre soin. […]
Nous troublons la vie par le soin de la mort, et la mort par le soin de la vie. L’une nous ennuie, l’autre nous effraie. Ce n’est pas contre la mort que nous nous préparons, c’est chose trop momentanée : un quart d’heure de passion sans conséquence, sans nuisance, ne mérite pas des préceptes particuliers. A dire vrai, nous nous préparons contre les préparations de la mort. La philosophie nous ordonne d’avoir la mort toujours devant les yeux, de la prévoir et considérer avant le temps et nous donne après les règles et les précautions pour pourvoir à ce que cette prévoyance et cette pensée ne nous blessent. […]
Si nous n’avons su vivre, c’est injustice de nous apprendre à mourir et de difformer la fin de son tout. Si nous avons su vivre, constamment et tranquillement, nous saurons mourir de même. »
Montaigne, Essais, III, 12, PUF, Quadrige, p. 1051-1052  


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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 07:48

 

La lumière vient du noir ?

            

"J'aime l'autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité. Le noir a des possibilités insoupçonnées et je vais à leur rencontre. Un jour je peignais, le noir avait envahi toute la surface de la toile, sans formes, sans contrastes, sans transparences. Dans cet extrême j'ai vu en quelque sorte la négation du noir. Mon instrument n'était plus le noir mais cette lumière secrète venue du noir. D'autant plus intense dans ses effets qu'elle émane de la plus grande absence de lumière."
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soulage 3

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soulages noir
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« S’il y a un sale passage après la mort, ce doit être du musée de Montpellier. […] Un pas à l’intérieur et je me vois perdu, assailli par les angles noirs et blancs peints au sol. Le hall, immense, est vide et caverneux comme un tombeau pillé. Je ne serais pas étonné qu’on me demande de laisser mon âme au vestiaire. […] En haut du ciel, dernier étage, les peintures de Soulages. […] La vision de Soulages est plus puissante que la mort, elle l’arrête comme jadis on arrêtait un vampire avec une croix. Ce noir charpente mon cerveau, y tend ses poutres maîtresses dont le deuil n’est qu’apparent : le noir est l’éclair d’un sabre de cérémonie, une décapitation qui ouvre le bal des lumières. Ces œuvres appellent le grand air, leurs falaises réclament un vent furieux. Je ne suis pas devant l’œuvre d’un contemporain mais devant le plus archaïque des peintres. Ses peintures sont des maisons zen, les trois quarts d’une maison zen dont le spectateur fait le quart restant. Un gardien noir en costume noir arpente la salle, mains dans le dos, martyr d’un temps sans aiguilles. Nous sommes seuls au milieu des bêtes divines préhistoriques dont le cuir goudronné est suant de lumière. […] La nuit, la mort et les gardiens de musée ont la même façon de venir vers nous et nous dire qu’on va bientôt fermer. »

Christian Bobin, «L’homme-joie», Éditions L’Iconoclaste, 2012, p. 31-35    
 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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