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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 23:06

 

 

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"Le sport est une propagande permanente pour le libéralisme économique. Il exalte les marques, la consommation débridée, le fétichisme de la marchandise, mais aussi la loi du plus fort, le mépris des plus faibles, le culte de la performance, de l’évaluation, de la maximisation des forces, de la concurrence forcenée. Son idéal : les hommes sont des loups pour les hommes, homo homini lupus." 

"Deux types de valeurs s’amalgament dans l’idéologie sportive, qui fonctionne comme une propagande. Des valeurs individualistes, d’abord : l’exploit qui extrait l’individu du genre humain, qui le singularise. Le sport est alors la chanson de geste, kitsch, de l’individualisme moderne. Des valeurs tribales et grégaires ensuite : la réduction des peuples au rang de foules, et parfois de meutes. Le succès du sport s’enracine dans ce mélange de modernité individuelle et d’archaïsme collectif régressif."

"La dépendance des foules et des individus à l’opium sportif est un phénomène inquiétant, une maladie de la civilisation, mais le concept marxiste d’aliénation est insuffisant pour appréhender le phénomène sportif. Empruntons à Auguste Comte le concept de « pouvoir spirituel » : le sport est le « pouvoir spirituel » des sociétés contemporaines, permettant (en s’appuyant sur toutes les technologies médiatiques du divertissement généralisé) la production d’un certain type humain qui accepte euphoriquement les impératifs de l’économie."

"Les masses pardonnent aux sportifs ce qu’elles ne pardonnent à personne d’autre. Les sportifs sont intouchables ; ils sont, auprès des masses, légitimés pour vivre dans l’injustice. Nous rencontrons dans cet aveuglement des masses le phénomène pensé par La Boétie de la « servitude volontaire » sans lequel on ne peut comprendre aucune société."

"Le foot créé une hyper-classe planétaire, transnationale, de privilégiés pour lesquels les valeurs n’ont plus aucun sens. Les valeurs du foot sont celles de l’argent, du bling-bling, pas celles « du peuple ». Que les prolétaires admirent ces personnes relève de la servitude volontaire (qui est, comme chacun sait, à la fois volontaire et inconsciente, c’est le mystère pointé par La Boétie).

Robert Redeker, Extraits d’interview sur Evene.fr (2012)   

 

"Le sport opère la naturalisation de cette compétition de tous contre tous qui détresse le lien social: faire passer pour naturelle cette lutte permanente, cette guerre de tous les instants, ancrer en chacun le sentiment de la légitimité de la loi individualiste du plus fort, exacerber en tout un chacun le tropisme à la compétition carnassière.

Le sport nie tout héritage, en plaçant les hommes sur la la même ligne de départ biologique, pour organiser la concurrence impitoyable entre les organismes, afin que les inégalités ne soient plus le produit de la culture et de l'histoire, de la civilisation mais celui des gènes et de lutte physique. L'égalitarisme radical du sport est le socle de son élitisme biologique. Il est rare de mettre en évidence les dangers de l'égalité, notamment son caractère belligène, tant elle est devenue le prêt-à-non-penser de notre époque."

Robert Redeker, Egobody : la fabrique de l'homme nouveau, Fayard 2010, p.165   

 

 

 

 

 

6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 09:04

 

 

Au début : les monologues du vagin théâtraux avec des éclats de rire; à la fin : le monologue du vagin cinématographique baignant dans l’univers fantastique, inquiétant et loufoque d’Almodovar.

Au milieu : l’atelier du vagin littéraire où une jeune femme part à la découverte du pouvoir jouissif, orgasmique, libérateur de son propre corps, « honteux «, meurtri et opprimé pendant des siècles, s’entremêle avec l’atelier du vagin de la sculpture où on découvre une galerie des bas-reliefs (des moulages en plâtre de centaines de vagins des femmes de tous les âges) dont l’hyperréalisme se transforme étonnamment en formes abstraites, et les panneaux deviennent des tablettes votives remplies de beaux hiéroglyphes mystérieux racontant l’histoire du peuple et de la civilisation inconnus...

 

 




L’atelier du vagin 

« Mon vagin est un coquillage, un coquillage rond rose et délicat qui s’ouvre et qui se ferme. Mon vagin est une fleur, une tulipe excentrique, son cœur est vif et profond, son parfum est délicat, ses pétales doux et fermes à la fois.

Ça, je ne l’ai pas toujours su. Je l’ai appris à l’atelier du vagin; [...]


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        Jamie McCartney  - « Le grand mur des vagins » 

Panneau 2

Je dois avouer que jusqu’à ce jour, tout ce que je savais sur mon vagin était fondé sur les on-dit ou sur l’invention. Je ne l’avais jamais vu. Il ne m’était jamais venu à l’idée de le regarder. Mon vagin n’avait d’existence pour moi que sur un plan abstrait. Je trouvais ça réducteur et choquant de le regarder... [...]


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   Panneau 3

Au début, mon vagin, je l’ai trouvé plutôt inquiétant. Un peu comme quand vous voyez pour la première fois un poisson ouvert et que vous découvrez à l’intérieur tout cet univers sanguin et complexe, juste là, sous la peau. C’était tellement rouge, tellement frais, tellement cru. Ce qui m’a le plus surprise c’était toutes ces couches successives. Une couche sur une autre couche, ouvrant sur une autre couche.

Mon vagin m’a stupéfiée.  [...]


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       Panneau 4

C’était mieux que le Grand Canyon, vieux comme le monde et plein de grâce. Ça avait la fraîcheur et l’innocence d’un magnifique jardin anglais. C’était drôle, très drôle. Ça m’a fait rire. Je pouvais jouer à cache-cache avec, l’ouvrir et le fermer. C’était comme une bouche. C’était comme un matin. Et là, l’idée m’est venue tout d’un coup que c’était moi, que c’était mon vagin. Qu’il était ce que j’étais. Que ce n’était pas une entité à part. [...]


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       Panneau 5

... si je m’étais empêchée de trouver mon clitoris, c’était parce que, en fait, j’avais toujours été terrifiée à l’idée que je n’en avais pas, terrifiée à l’idée d’être une de ces bonnes femmes viscéralement impuissantes, une de ces femmes frigides, mortes, closes, sèches, avec un goût de vieil abricot - oh mon Dieu ! J’étais là, allongée, le miroir à la main, à la recherche de ce point névralgique, tâtonnant avec mes doigts, mais je ne pensais qu’à une chose. A dix ans, j’avais perdu une bague en or avec des petites émeraudes en me baignant dans un lac. [...]


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       Panneau 6

« J’ai perdu mon clitoris. Il a glissé. J’aurais pas dû nager avec. » Elle a éclaté de rire. Doucement, elle m’a caressé le front. Elle m’a dit qu’un clitoris, ça ne se perdait pas comme ça. Qu’il était moi, qu’il était mon essence même. Qu’il était tout à la fois la sonnette de ma maison et ma maison elle-même. Que je n’avais pas à le retrouver, dit-elle, que j’avais à l’être. Être lui. Être mon clitoris. Être mon clitoris.


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Panneau 7

Étendue, j’ai fermé les yeux. J’ai posé mon miroir. Et je me suis regardée flotter au-dessus de moi. J’ai regardé comment, lentement, je m’approchais de moi et comment je réentrais en moi. Je me sentais comme un astronaute revenant dans l’atmosphère terrestre. C’était très apaisant, très apaisant et très doux. Je rebondissais et je touchais terre, je touchais terre et je rebondissais. Je suis revenue dans mes propres muscles, dans mon propre sang, dans mes propres cellules et puis je me suis glissée dans mon propre vagin. Tout à coup, c’était devenu très facile, ça allait tout seul. C’était tout chaud, ça palpitait, c’était jeune, c’était vivant, ça n’attendait que moi. Et là, les yeux toujours clos, sans regarder, j’ai posé le doigt sur ce qui, soudain, était devenu moi. Au début, c’était un peu frémissant, c’est ce qui m’a poussé à continuer. Puis le frémissement s’est transformé en tremblement, puis le tremblement en éruption, et les différentes couches se sont divisées et divisées encore. Le tremblement a explosé sur un horizon du temps passé, fait de lumière, de silence et de couleurs, qui s’est à son tour ouvert sur une image d’innocence et sur un désir fou, et j’ai senti la connexion, l’irrésistible connexion s’opérer, tandis que je restais là étendue, agitée de spasmes sur mon petit matelas bleu.


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       Panneau 8

Mon vagin. Mon vagin est un coquillage, une fleur, un destin. C’est quand j’y arrive que je commence à partir. Mon vagin… mon vagin… moi. « 

 

Ève Ensler, Les Monologues du vagin, Denoël & D’Ailleurs 2011, p. 45-52   

[Cet extrait provient de mon livre papier, mais dernièrement, j’ai trouvé par hasard la version numérique des « Monologues du vagin » grâce au blog Doucettement]

 


 


« L’amant qui rétrécissait » - le film dans le film de Pedro Almodovar « Parle avec elle » (2002) 

 

 


30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 10:44

 

 

Depuis quelque temps, certains de nos lecteurs plus attentifs ont certainement aperçu la présence, dans la colonne droite de notre blog, de trois modules : Son, Aphorisme et Image de la semaine. Ils s’étaient tout naturellement imposés à nous, c'étaient les résultats de nos coups de cœur musicaux, des lectures, des balades hasardeuses sur la Toile, des réactions à l’actualité, de private joke

Suite à une suggestion d’un ami, nous avons décidé de les publier, à l’essai, en tant que billets hebdomadaires. Mais nous ne jugeons pas nécessaire d'envoyer les newsletters pour prévenir nos abonnés de la publication de ces petits billets d’humeur, nous ne voulons pas les déranger pour si peu. Regardera, lira et écoutera qui voudra…

 


 

chat wlad safronow

Wlad SafronowGirl with Cat  

Mise à jour : le 06.05.2014.

L’artiste facétieux vient de voiler les seins, de noircir les cheveux, de colorer les lèvres et d’ouvrir un œil de la jeune femme avec un chat. J’aime toujours, tant que les griffes sortent de ses pattes … ;~)

 


 

Il est tout noir mais sa queue est électrique. Quand il dort au soleil, c’est la chose la plus noire que l’on puisse imaginer. Même pendant le sommeil, il attrape les souris terrifiées. On le voit à ses griffes qui sortent de ses pattes. Il est terriblement gentil et méchant. Il cueille les oiseaux des arbres avant qu’ils ne mûrissent.

Zbigniew Herbert, Le chat (Kot)  

 


 

Duo des chats (Duetto buffo di due gatti) - attribué à Gioachino Rossini,  

Les Petits Chanteurs à la croix de bois, Concert à Séoul, Corée du Sud, 1996

 

 

 

Profil

  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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La publicité, peut-on y échapper ?

 

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