Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 19:59

 

 



*

L’invité d’Olivier de Lagarde dans l’émission « Un monde d’idées « sur France Info, le 21 octobre 2013 - voici, en trois volets, Michel Onfray qui :

  1. aide le docteur en psychologie à déconstruire le mythe de Françoise Dolto, fidèle disciple de la religion freudienne
  2. annonce le scoop : les universités populaires du goût et du théâtre quittent Argentan où le philosophe et ses initiatives n’étaient pas, selon lui, appréciés à leur juste valeur
  3. parle des religions, de dieu et de l’athéisme comme on n’ose plus en parler; 2% de l’humanité se sent un peu moins seule…

Vous pouvez visionner la vidéo de 23 minutes ou écouter trois players de 5 minutes.

Comme d’habitude, j’ai mis à votre disposition quelques transcriptions des saintes paroles du philosophe. ;~)

        _________________________________



-1- 
 Sur le livre de psychothérapeute et docteur en psychologie, Didier Pleux,
Françoise Dolto, la déraison pure , dont Michel Onfray a signé la préface.  
 
  • (00:40)   Françoise Dolto a dit beaucoup de sottises en matière de pédagogie, d’éducation et pendant des années, elle a servi une soupe sur les ondes qui a été terrible, en laissant croire aux parents que les enfants étaient le centre du monde, que les parents étaient toujours coupables, que les petits garçons voulaient coucher avec leurs mères et tuer leurs propres pères… Il y a une espèce de délire sur l’idée que les inconscients communiqueraient et qu’on n’aurait même pas besoin de langage… Une pensée totalement magique.
  • (02:43)   Il y a des gens qui dans les années 70 croyaient que la vérité du prolétariat était en l’Union Soviétique et que la vérité des relations humaines se trouvait dans l’Inconscient. Aujourd’hui, on en est revenu de l’Union Soviétique, mais il y a toujours des gens qui considèrent que l’inconscient freudien c’est l’inconscient tout court. C’est la névrose de Freud qu’on nous a présentée comme une vérité scientifique. Heureusement que les jeunes générations n’y croient plus beaucoup. La vieille génération est encore au pouvoir, fait encore la loi et défend cette vieille fiction freudienne.
« Didier Pleux effectue sa déconstruction existentielle sans haine, sans animosité, sans énervement. Il cite des textes, donne des faits, prouve, démontre calmement. Il a lu, il a vu, il a vaincu... Nul doute que ce praticien qui pense sera une fois de plus présenté comme un réactionnaire par les gardiens du temps freudien. »  (Extrait de la préface)


-2-
Sur l‘Université populaire et le livre qui lui a été consacré

  • (02:10)  - Alors, vous quittez Argentan, pourquoi?   -  Je ne suis pas désiré dans cet endroit, donc je vais faire ailleurs ce que je faisais à Argentan. L’Up du goût se déplace, elle va avoir lieu à Caen, notamment en matière d’oenologie. Et L’Up du théâtre va se déplacer à Chambois qui est mon village natal. Et on va continuer dans le même esprit, c’est-à-dire : bénévolat, gratuité et édification personnelle. La culture, ce n’est pas ce qui sert de marqueur, la culture pour moi, ça réunit. Si on peut goûter un vin avec des gens qui ne sont pas des œnologues, voir une pièce de théâtre avec des gens qui ne sont pas des critiques de théâtre, débattre sur une question philosophique avec des gens dont ce n’est pas la profession d’être philosophe - alors je suis le plus heureux des hommes. 
  • (03:43)  - Est-ce que l’Éducation nationale pourrait s’inspirer de ce que vous faites?   - Non, parce que le propre de l’Éducation nationale est de se servir de la culture comme d’un marqueur. C’est pourquoi les gens aiment si peu la peinture, la musique, la littérature, parce qu’on les ennuie avec ça, parce qu’on les fatigue, parce que Baudelaire, ça sert à passer le bac et pas à prendre le plaisir de la lecture du poème. L’Éducation nationale produit des diplômés qui eux-mêmes vont prendre leur place dans la société pour faire de telle sorte qu’il y ait des puissants et des misérables. 


-3-
Sur Le magnétisme des solstices, le cinquième volume du Journal hédoniste de Michel Onfray et sur son sujet «préféré» : dieu. 
 
  • (01:20)   L’islam est aujourd’hui dominant et prédominant dans notre civilisation, on tourne autour du pot, on n’en parle pas réellement. Il y a d’un côté des gens qui nous disent que l’islam est une religion de paix, de tolérance et d’amour, c’est pas vrai. De l’autre côté des gens considèrent que l’islam c’est immanquablement le terrorisme, c’est pas vrai non plus. En revanche, c’est une religion qu’il faut déconstruire.
  • (01:45) La religion catholique est majoritaire dans les têtes et dans les corps. Ce n’est pas parce que les églises sont vides que les têtes sont vides aussi de christianisme. Aujourd’hui, les gens ne vont plus à l’église, mangent du boudin le Vendredi Saint et ne savent pas distinguer l’Ascension de l’Assomption, c’est vrai, le christianisme est en déshérence même chez les chrétiens. Il n’empêche que dans les tribunaux, les hôpitaux, les écoles, le schéma chrétien fonctionne encore, il a été imposé par plus de deux mille ans de christianisme.
  • Par exemple, dans les hôpitaux, le christianisme produit les effets en matière de la bioéthique. Pourquoi on laisse mourir des gens avec des chimiothérapies terribles et on massacre les corps? Simplement parce que vous avez le comité éthique qui est en train de nous expliquer qu’on ne peut pas jouer sur les thérapies géniques, simplement parce que le gène est confisqué par le religieux. On ne va pas travailler sur des embryons, parce qu’on dit que ce sont des personnes potentielles, que ce sont les personnes réelles… Tout ce qui est aujourd’hui génie génétique est interdit en France. On ne travaille pas sur ces sujets-là parce qu’on a deux mille ans de christianisme derrière tout ça. Mon problème ce n’est pas les églises pleines ou vides, c’est une épistémè judéo-chrétienne, une vision des choses chrétienne qui fait encore la loi.
  • Aimez-vous les uns les autres? L’inquisition, les croisades, les Conquistadors, les guerres de religion…. « Aimez-vous les uns les autres » c’était pratiqué indépendamment du christianisme, et peut-être même la solidarité de gauche et la fraternité sociale ont fait plus en matière de l’amour du prochain que les religions. Les religions vous disent : aimez-vous les uns les autres, et on vous brandit une cimeterre aujourd’hui ou un couteau dans le temps ou le bûcher sous le nez, en vous disant : si vous ne nous aimez pas, ça va mal se passer. Aimez-vous les uns les autres, mais vous vous prendrez quand même un coup de fouet au passage.
  • (03:10)   Vous êtes en mesure de nous dire qu’il y a un dieu ou rien? Vous n’avez aucun doute?  - Je trouve toujours très étonnant qu’on me demande à moi de faire la preuve de l’inexistence de dieu, alors que c’est à ceux qui disent que dieu existe d’en faire la preuve. Autrement, je vous dis, je suis venu ce matin en train, il y avait une licorne juste à côté de moi, faites-moi la preuve qu’il n’y avait pas de licorne dans un train à mes côtés. Je suis athée. Permettez-moi de ne pas croire à ces fariboles. Je ne crois pas en dieu, maintenant, que des gens y croient, je sais très bien, il y a des gens qui croient en soucoupes volantes, à la réincarnation, les gens qui pensent que les tables tournent… C’est de la pensée magique, de la fiction, ce sont des histoires pour les enfants, c’est la même chose que le Père Noël.

 

 

10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 16:48

 

 

« Syrie : tuer ou laisser mourir »

C’était le thème de l’émission hebdomadaire de Manuela Salvi, "Haute définition", diffusée sur RTS le 8 septembre 2013. Michel Onfray s’y prononce contre l’intervention militaire en Syrie.

 

 

syrie poudrière

    Pour télécharger l’émission - cliquez sur l’image ci-dessus


On intervient ici et pas ailleurs. Et qu’est-ce que c’est cet interventionnisme? Pourquoi il serait légitime d’aller bombarder la Libye ou l’Afghanistan mais pas le Pakistan?

 

La Syrie. Qui massacre qui dans cette aventure? Assad massacre sa population, mais en même temps les prétendus rebelles massacrent aussi la population. Moi, je n’ai pas envie de choisir entre un dictateur en place et des dictateurs à venir. L’alternative c’est pas la guerre ou rien, mais la diplomatie, l’intelligence, la négociation plutôt que les bombardements. 

 

Une guerre qui permet de se libérer d’un envahisseur me paraît légitime. L’idée qu’on irait débarrasser d’un envahisseur quelqu’un qui ne nous demanderait rien du tout simplement parce qu’il serait à la tête d’un pays qui aurait un sous-sol extrêmement intéressant pour la production économique d’un pays - on peut comprendre effectivement que ce qui justifie aujourd’hui les guerres c’est l’économie.

Dans le cas de la Syrie ça supposerait de se dire : que veut l’Occident pour lui-même et pour sa place dans le monde? C’est une question qu’il faudrait se poser et il serait bon qu’on puisse la résoudre.

C’est fort sympathique de dire sur le principe des droits de l’homme : on fait tomber un dictateur et de facto la démocratie surgit. Je ne souscris pas à cette idée que je trouve un petit peu courte.

Parfois, entre deux maux, il faut choisir le moindre. Prenez le cas de Saddam Hussein dont on nous a dit qu’il était la réincarnation de Hitler sur terre. On a pendu Saddam Hussein et aujourd’hui on a ce qu’on a en Irak. Pensez-vous qu’à l’époque de Saddam Hussein il y avait autant de morts qu’il y en a aujourd’hui sous un régime sans Saddam Hussein?

 

Je ne vois pas pourquoi les armes chimiques ce serait pire qu’une balle dans la tête. Abattre quelqu’un, quels que soient les moyens, c’est indéfendable, je ne fais pas de hiérarchie dans l’horreur.

 

Une guerre de libération qui permet à chacun d’être chez soi me parait juste. Les guerres impérialistes et néocolonialistes d’aujourd’hui, je ne les défends pas. Il ne s’agit pas de restaurer ou d’instaurer un ordre du monde démocratique mais de perpétuer un ordre économique qui suppose que vous ayez des pays qui pillent les richesses d’autres pays et qui justifient les interventions militaires avec des explications humanistes, humanitaires, droits de l’homme, droits d’ingérence - toutes ces choses qui ne marchent jamais quand il s’agit d’autres pays. Pourquoi on n’intervient pas pour libérer le Tibet occupé par la Chine?

 

Qu’est-ce que c’est ce concept de punition? La faute ce sont les armes chimiques? Avant vous pouviez faire ce que vous vouliez, mais les armes chimiques c’est indéfendable? Mais c’est indéfendable depuis le début! Quand Poutine ou la Corée du Nord massacre sa population, ça ne gêne personne. Ce ne sont pas des arguments, si c’étaient des arguments, ça fonctionnerait partout sur la planète, or ça fonctionne sur ces endroits-là très précisément. La question du déshonneur est dans le fait qu’on soit un chef d’état et qu’on n’ait pas de ligne claire dans sa diplomatie. Le déshonneur est qu’on a des comiques au pouvoir qui n’ont pas de politique diplomatique et qui bricolent dans l’incurable. On aurait aujourd’hui une bonne diplomatie européenne et de bonnes relations avec la Russie, on aurait des moyens de peser sur Assad.

Je trouve ridicule que dans des situations de crise on soit toujours dans des logiques de mon sous-marin, mes avions, ma bombe atomique. C’est dispendieux d’avoir tout ce matériel inutilisable, parce que la pensée de la guerre n’ayant pas lieu, on est resté sur des logiques de guerre froide, on pense toujours que s’il y a un ennemi aujourd’hui, il faut l’identifier à quelqu’un, comme on avait jadis l’épouvantail de l’Union Soviétique. Mais il est ou l’épouvantail aujourd’hui? L’Iran va nous attaquer? Ça n’a pas de sens.

 

La guerre est pensée par les philosophes. Si vous prenez l’histoire de la philosophie de Platon jusqu’à l’abbé de Saint-Pierre, Kant et son projet de paix perpétuelle ou Hobbes, tous les philosophes à moment donné pensaient la question de la guerre. La guerre est une chose trop importante pour la laisser aux militaires seulement. Et un philosophe me paraît nettement plus intéressant quand il fait ce genre de réflexions plutôt que quand il se demande quel est le statut de Platon quand Heidegger le commente et que Lacan le cite.

 

On ne protège jamais des civils en les bombardant. Je ne vois pas comment on peut défendre cette idée qu’en Libye on aurait protégé les civils?! Tout ce bombardement de la Libye a épargné le dictateur qu’il a fallu finir au couteau dans un pick-up pendant qu’on a fait combien de milliers de victimes innocentes sous prétexte de préserver les Libyens?

 

Il y aurait des combats qui mériteraient d’être menés les armes à la main, tous les combats contre des individus qui considéreraient que les valeurs de la République ne sont pas bonnes et que la liberté, égalité, fraternité, la solidarité, le féminisme, la laïcité sont des valeurs d’un Occident décadent et qu’il vaut mieux installer très exactement l’inverse de toutes ces choses-là.

 

La vie est un long combat qui se termine toujours par la défaite de celui qui l’aura mené.

 

      __________________________________


 

 

 

22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 09:57

 

A la suite de la conférence donnée par Michel Onfray sur Camus lors des Vendanges littéraires à Rivesaltes, Nicolas Caudeville a réalisé un compte-rendu de cette intervention ainsi qu'une interview que nous vous proposons de découvrir.  

 

 


N. C : Michel Onfray, vous êtes comme le saumon, vous revenez pondre vos oeufs, vu apparemment le nombre de gens venus vous soutenir. [...] Vous revenez donc pour un livre sur Camus libertaire, auteur que nous avons tous lu à l'école, enfin pour ceux qui y ont été, après les autres on y peut rien (sic), auteur dont on avait une image troublée par la vision sartrienne. Est-ce que Camus est encore utile dans la pensée actuelle ou c'est juste pour mémoire ?
M.O : Déjà pour mémoire, ce serait très bien. Je pense que dans des configurations comme les nôtres, les élections présidentielles, la société du spectacle, le retour d'un communisme qu'on croyait disparu, il faut dire que Camus est utile.

N. C. : Votre livre peut-il être à l'usage des politiques ?
M. O. : J'ai lu l'autre jour huit pages de Mélenchon dans Libération où on disait qu'il était plutôt sartrien et où il répondait qu'il était plutôt camusien. Je pense que c'est très exactement l'inverse, il fait l'éloge de Castro, de Chavez, de Robespierre et de Saint Just. Je pense que les politiques ne peuvent rien tirer de Camus si ce n'est la couverture à eux et en faire un mauvais usage. [...] Mon livre est un bréviaire pour les citoyens.

N. C. : N'êtes-vous pas un redresseur de dérive sémantique ?
M. O. : J'essaie, oui, effectivement de casser les légendes.

N. C. : Concernant la télé, n'êtes-vous pas tombé dans le même piège que B-H L ? (Réf à Derrida et Debord/aliénation de la télévision)
M. O. : Je ne connais de philosophes qui râlent contre la télévision que ceux qui n'y sont pas invités. Je trouve très bien que les philosophes se trouvent à la télévision. Le problème n'est pas d'y être mais ce qui y est dit. C'est ridicule cette époque des années soixante où d'abord la télévision existait à peine et où on pouvait se permettre de dire qu'on était contre. On a changé d'époque.

N. C. : Quelque chose qui ne vous a pas échappé, on est en période présidentielle. Vous avez beaucoup parlé de l'école. Il y a un parallèle entre Camus et vous, je suppose, sur l'instituteur, la République. Ne serait-il pas tant d'en parler plutôt que de parler de la viande halal ?
M. O : Tous les sujets sont possibles y compris la vainde halal. Mais je pense qu'on a affaire à des charlots. On aura un libéral de toute façon, que ce soit Sarkozy, François Hollande, question de style, on aura toujours des gens qui nous vanteront les mérites du marché, de l'Europe, de l'Euro. J'irai voter deux fois blanc. La règle du jeu me convient mais je n'ai pas trouvé des gens qui me conviennent. Je n'ai pas envie de voter soit pour des libéraux soit pour des anti-libéraux qui sont fascinés par le vieux modèle bolchévique qui a fait son temps.

N. C. : Les universités populaires, au-delà du vote duquel on est très peu satisfait parce comme disait Coluche, le vote si ça servait à quelque chose on l'aurait interdit, la meilleure manière d'être citoyen n'est-ce pas de faire ces universités et beaucoup de vulgarisation ?
M. O. : Je crois qu'on fait de la politique en dehors des élections, qu'on fait de la politique autrement qu'en mettant son bulletin de vote, faire des universités populaires c'est faire de la politique. Cela me paraît nettement plus intéressant de développer cette façon concrète de faire de la politique que de déléguer ce pouvoir à quelqu'un.
                                                                                                            Constance

Profil

  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

La publicité, peut-on y échapper ?

 

Je lave mon cerveau avec la pub  

 pub-2

La pub nous a été imposée par OverBlog. Pour désactiver les messages publicitaires ici et partout sur le Net, installez gratuitement en un seul clic Adblock Plus.


Recherche

Archives

Nos vidéos