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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 01:00

 

 

L'article enflammé et engagé de Michel Onfray - Le catéchisme postmoderne - sur le site Le Monde.fr  (paru dans l'édition du 09.01.11)

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  • Le libéralisme - un horizon vraiment indépassable ?
  • L'Europe - une chance pour les peuples ?
  • Internet - un lieu de liberté libertaire et de savoir ?
  • L'islam - une religion peace and love ?
  • Le terrorisme international - dans des villages reculés d'Afghanistan ?
  • Jean-Luc Mélenchon - populiste et démagogue qui risque de faire perdre la gauche libérale dans les prochaines élections présidentielles ?
  • Il reste que Marine Le Pen pour parler du peuple sans mépris ?


journal-le-monde-rose petite

 

"L'oubli du peuple est la première cause de la colère du peuple. Sachant cela, la colère s'évite - si l'on veut. Sinon..."

 

 


 

"Notre civilisation politiquement correcte diffuse, par le biais des médias légitimes financés par le marché, une pensée unique contre laquelle un intellectuel digne de ce nom ne saurait aller. Voici quelques-uns de ces lieux communs du catéchisme de notre époque : le libéralisme constitue un horizon indépassable en dehors duquel il ne saurait y avoir que gauche irresponsable, stalinisme, communisme, marxisme-léninisme, néobolchevisme et autres billevesées d'irresponsables ignorant la science économique, religion des temps sans religion ; l'Europe est une chance pour les nations et les peuples, une garantie contre les guerres, les dévaluations, les krachs boursiers, le chômage de masse ; Internet est un lieu de liberté libertaire, un espace de circulation élargie de la vérité qui échappe au marché ; l'islam est une religion de paix, de tolérance et d'amour et quiconque, livre en main, pointe dans le Coran pléthore de sourates antisémites, homophobes, misogynes, phallocrates, bellicistes, intolérantes, célébrant la torture ou la peine de mort, passe pour un dangereux islamophobe compagnon de route du Front national ; le terrorisme international provient des villages les plus reculés d'Afghanistan où il faut faire régner la terreur militaire occidentale, mais sûrement pas du Pakistan, qui a l'arme nucléaire, ni des monarchies du Golfe, qui possèdent le pétrole...

Et puis cette idée largement répandue que quiconque parle de démocratie réelle ou revendique le souci du peuple est un démagogue ou un populiste ! Il faut bien que ces élites aient peur et de la démocratie authentique et du peuple véritable pour réagir de façon pavlovienne avec pareille insulte...

La machinerie gaullienne a bipolarisé la vie politique. Elle ne laisse de chance, pour gouverner la nation, qu'à deux formations libérales : une droite et une gauche, que, souvent, le style et le ton séparent plus que les idées et le fond. Dès lors, quiconque doute du bien-fondé de ce système devient un homme à abattre.

Ainsi, cette antienne en passe de devenir vérité de science politique qu'en 2002 un certain Jean-Pierre Chevènement aurait fait perdre Lionel Jospin dont on s'évertue à oublier qu'il avait pourtant clamé haut et fort que son programme n'était pas de gauche. Il est tellement plus facile de massacrer le bouc émissaire que d'analyser les raisons d'un échec pour prendre sa part de responsabilité.

Les mêmes belles âmes recommencent : Jean-Luc Mélenchon prendrait le risque de faire perdre la gauche ! La gauche libérale, autrement dit la gauche de droite, la gauche dite de gouvernement, ne perd pas une occasion de se placer au centre, mais elle voudrait en même temps conserver le bénéfice et les suffrages de son aile gauche... Plutôt que de savoir qu'on ne peut avoir le beurre centriste et l'argent du beurre de gauche, la Rue de Solférino stigmatise ceux qui revendiquent clairement une gauche digne de ce nom.

Pour éviter le débat sur la nature des gauches, une fois les arguments remisés, on insulte : populiste celui qui s'installe sur d'authentiques positions de gauche et réaliste celui qui nous vend une soupe libérale servie dans un bol vendu par le PS ! A la queue leu leu, les billettistes, les éditorialistes, les journalistes, les intellectuels qui disposent de leur rond de serviette dans les officines médiatiques libérales activent la machine à gifles : démagogue par-ci, populiste par-là...

Pourtant, il suffit de se souvenir des discours tenus par leurs soins depuis des années : quid de la panacée libérale ? L'euro devait apporter le paradis sur terre, l'amour entre les hommes, du travail à gogo, la fraternité entre les peuples, le cosmopolitisme dans les chaumières, la fin du racisme... Nous en sommes loin : chômage, misère en quantité, pauvreté, paupérisation galopante, pays en faillite, foyers en détresse, prolétarisation des peuples, pleins pouvoirs à une mafia richissime et un carcan bureaucratique européen serré au plus près de la nuque citoyenne...

Quid d'Internet, qui devait nous apporter la Bibliothèque nationale gratuitement dans nos campagnes reculées (ah ! ce bon Jacques Attali...), faciliter la vie de l'intelligence en mettant le savoir digne de ce nom à disposition de tout le monde ? Tout passe par le Net et quiconque ne dispose pas d'un ordinateur est un citoyen de seconde zone. Les traces laissées par l'usage de nos ordinateurs servent aux marchands, aux publicitaires, aux polices diverses et multiples. Ne parlons pas de la possibilité pour chacun de dire tout et n'importe quoi, de montrer son indigence sans vergogne pour en informer la planète en temps réel.

Quid de la liberté qui devait régner à Bagdad, dont l'Occident jurait qu'il deviendrait le phare de la démocratie dans cette région ? Ou de l'Afghanistan ? Des villages détruits, des femmes et des enfants massacrés par les armées d'occupation, dont la France, sous prétexte d'empêcher des attentats dans le reste du monde.

Quid du peuple dont plus personne ne parle sans une moue de dégoût, sauf Marine Le Pen, qui pourrait bien en retirer des bénéfices. On ne peut longtemps l'humilier en le négligeant au profit de l'oligarchie qui professe ce catéchisme politiquement correct, sans générer une colère qui, un jour, emporte tout sur son passage. Les élections présidentielles sont, malheureusement, des occasions de régler des comptes - qu'on le veuille ou non, c'est ainsi. L'oubli du peuple est la première cause de la colère du peuple. Sachant cela, la colère s'évite - si l'on veut. Sinon..."

Michel Onfray     

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Les réactions

Riposte laïque - l'article de Christine Tasin - Comment Michel Onfray peut-il soutenir Mélenchon, le laïque préféré des musulmans ? (10.01.11)

Riposte laïque - l'article de Brenn Cesar - Réflexions sur l'article de Chrisine Tasin évoquant Onfray et Mélenchon (17.01.11)

      Ewa  

27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 18:00

 

   Cette semaine, c'est dans Grazia (26.11.2010) que Michel Onfray s'immisce. Pour la première fois de ma vie, j'investis dans un magazine "People". Mais avant de pouvoir arriver jusqu'à lui, voilà par où l'on doit passer. 

     parker longoria

 

   Où j'apprends que le mariage est le contraire de la vie, la vraie.

Eva Longoria, adieu Tony, bonjour la Vie ! 

     

  Audrey Pulvar

 

   Où j'apprends qu'Audrey Pulvar se voit privée d'émission télévisée car son compagnon, Arnaud Montebourg, est candidat, non pas à la présidentielle, mais aux primaires du PS.  

   Audrey Pulvar a soutenu la journée de la jupe, rappelons que 400 femmes par an meurent en France sous les coups de leur "compagnon" et que la lutte contre les violences faites aux femmes est déclarée grande cause nationale 2010 (cherchez l'erreur).

         vladimir-poutine-cherche-nom-pour-son-chiot

 

 

 

  

Où j'apprends que Vladimir Poutine a un nouveau chien. Oui, mesdames, messieurs, vous pouvez même contribuer à la recherche d'un prénom pour ce magnifique chiot sur la page d'accueil du site officiel de Vladimir Poutine. La modernité, ya pas à dire... 

  

     

    Enfin, j'arrive à la page qui m'intéresse, à savoir La psy, c'est pas HAS BEEN ? Michel Onfray y raconte comment dans l'Hexagone, au nom de la littérature, on peut vraiment faire passer n'importe quelle sottise pour vérité profonde, comment la mort de Dieu et de Marx a offert un boulevard au lacanisme, comment on peut réaliser un usage thérapeutique de la philosophie et enfin comment l'eau bénite de Lourdes peut vous sauver tout autant qu'une psychanalyse.

 

michel onfray-noir-buste

      

"L'éthologue nous apprend que l'apprentissage compte plus en matière affective pour construire un lien et structurer une psyché, qu'un prétendu inconscient psychique phylogénétique." Michel Onfray, Apostille au crépuscule

constance 

23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 20:00

 

photo onfray 1 Le prix du Renaudot Essais 2010 a été attribué à "L'affaire de l'esclave Furcy" de Mohammed Aïssaoui. Il a été choisi au premier tour par sept voix contre une voix à "Pourquoi lire?" de Charles Dantzig et une voix au "Crépuscule d'une idole : l'affabulation freudienne" de Michel Onfray. 

A cette occasion, on constate avec satisfaction qu'il n'y a pas que Michel Onfray pour démonter le divan. On vous recommande l'article dans Libération sur le psychanalyste iconoclaste François Roustang qui ironise sur "les sectes protectrices à l'intérieur desquelles s'abritent la plupart des analystes, rendus ainsi incapables d'entendre les questions qui viennent frapper à leur porte, ni de se remettre en cause."

 

Derrida_Jacques.jpg

Dans "Nouvel Observateur" (n° 2400, 4-10.11.2010) a parut un article de Michel Onfray "Pitié pour Derrida" C'est ici  Onfray avoue sa perplexité devant une biographie dont l'auteur, Benoît Peeters, revendique une "lecture flottante" de l'oeuvre du philosophe français le plus étudié à travers le monde; une biographie qui, selon Onfray, ressemble plus à une commande, à la volonté "d'écrire une bio mais sans savoir de qui." Il avance le nom de Salomon Malka comme biographe de choix pour cette première de Derrida. Cet article a suscité de nombreuses réactions d'internautes, dans Médiapart notamment, qui reprochent à Michel Onfray de critiquer non pas la biographie "Derrida" mais  "Trois Ans avec Derrida. Les carnets d'un biographe", annexe sur le travail de biographe. 

 

epicureDans le magazine "Lire" (novembre 2010) on trouve des belles pages consacrées à Epicure et quelques notes sur les philosophes comme Nietzsche, Deleuze, Sollers  et Onfray, considérés comme les héritiers de la philosophie hédoniste grecque.


 "Le Jardin ne saurait constituer une prison ou un asile, une forteresse ou un hospice. Le philosophe ne se limite pas au cadre strict de la communauté philosophique, il l'est peut-être même plus encore et mieux en dehors, les portes du Jardin franchies."

 
Michel Onfray, Les sagesses antiques, Epicure et "le plaisir suprême".


 

"Je tiens la biographie d'un philosophe pour une clé majeure de sa philosophie - thèse aux antipodes de l'académisme qui fait du professeur le philosophe emblématique. Jadis, le structuralisme a théorisé cette haine de l'auteur pour mieux célébrer le culte de la religion textuelle dans laquelle les mots font la loi - y compris pour juger de l'action du penseur...

Jacques Derrida craignait les biographes et les biographies. Il avait bien raison. Le voilà à son tour aux mains d'un biographe, Benoît Peeters, exactement comme nous serons tous un jour à la merci d'un employé des pompes funèbres. Le biographe a tenu un journal de sa biographie, il paraît sous le titre «Trois Ans avec Derrida».

Voilà un homme connu pour une biographie d'Hergé, des collaborations dans des BD et pour être un spécialiste de Tintin - autant de titres de noblesse philosophique, bien sûr - qui cherche à écrire une bio, mais sans savoir de qui ! Il se tâte : peut-être Magritte, peut-être Jérôme Lindon, pourquoi pas «une autre personnalité»... Puis il se laisse tâter par une éditrice et accepte la commande d'un Derrida...

 Soucieux de découvrir la «méthode» de cet homme, qui a sous-titré son livre «Les Carnets d'un biographe», je sursaute lorsque je découvre qu'il revendique une «lecture flottante» de l'oeuvre de Derrida ! De la même manière que Freud conceptualisait l'«attention flottante» dans «la Technique psychanalytique» pour justifier l'endormissement du psychanalyste dans son fauteuil (aveu autobiographique fourni dans une lettre à Fliess datée du 15 mars 1898), tout en expliquant que, malgré le sommeil, les inconscients continuaient à communiquer, Benoît Peeters croit qu'il peut lire distraitement l'oeuvre complète du philosophe sans que la qualité de sa biographie s'en trouve affectée ! On saisit pourquoi l'homme n'aime pas ceux qui n'aiment pas Freud et tient en haute estime les défenseurs de la parapsychologie viennoise...

 

On comprend dès lors qu'il puisse faire du temps disponible dégagé par sa non-lecture de Derridaun grand usage de Google et d'internet pour des «vérifications incessantes» ! Ou qu'il aille de rendez-vous en rendez-vous pour rencontrer des sommités comme BHL, Julia Kristeva ou , Philippe Sollers, sinon Jean Birnbaum dont la gloire jusqu'à ce jour consiste à avoir été le dernier journaliste à avoir interrogé Jacques Derrida ! Ou bien encore Elisabeth Roudinesco, dont l'étendue du savoir le plonge dans des abîmes d'inhabituelle modestie - il écrit ainsi après une rencontre : «Je suis effrayé, assommé, par l'ampleur de mon ignorance...» Conclusion des visites faites à ces pointures : «Quelle chance j'ai d'approcher tant de gens remarquables !»

 Dans cette arrière-boutique, on passe beaucoup de temps avec la jalousie très mesquine de Peeters, qui craint d'être doublé par Salomon Malka dans son entreprise éditoriale. Tel ou tel derridien promet de ne pas confier de photos pour le cahier de son hypothétique livre à venir au pauvre Salomon Malka, qui semble plus intéressé par la pensée de Derrida que par l'obtention d'un cliché montrant le grand homme en maillot de bain sur la plage en famille - une archive probablement indispensable publiée dans le pavé biographique...

 

De même, on imagine que Salomon Malka n'a pas non plus déployé l'intense activité de Benoît Peeters pour traquer les détails de la vie amoureuse, affective, sexuelle et sentimentale de Jacques Derrida avec l'actuelle femme d'un ancien Premier ministre. Mettre sur le devant de la scène publique la vie privée d'un homme dont l'épouse n'a pas quitté ce monde en même temps que son mari aurait mérité quelques considérations déontologiques dans ce carnet de bord, au moins un paragraphe - par exemple en lieu et place des démangeaisons récurrentes à l'endroit de Salomon Malka.

Dans cet ordre d'idées, on appréciera les quelques passages consacrés à Michel Delorme, le patron fondateur des Editions Galilée (la maison d'édition du philosophe), tête de cochon fidèle, et en cela admirable, qui a refusé de collaborer de près ou de loin à cette biographie où Google semble avoir tenu plus de place, aux dires même de son auteur, que cette source véritable qui, elle, n'a livré aucun secret. Le silence de Delorme vaut comme une invitation à une «lecture patiente» de l'oeuvre de Derrida, ce qu'exige d'ailleurs la forme même de son oeuvre - aux antipodes de la «lecture flottante» qui constitue un genre d'insulte post mortem...

En antidote à cette mauvaise action intellectuelle, on pourra soit lire et méditer Derrida, par exemple «Politiques de l'amitié» ou «Du droit à la philosophie» ; soit réfléchir à ce que serait une véritable biographie philosophique à même de rendre possible une philosophie de la biographie à laquelle s'essaie pitoyablement sur cinq pages le spécialiste de Tintin. Pareil chantier exige des ouvriers d'une autre trempe."

 Michel Onfray

 Source : « Le Nouvel Observateur » du 4 novembre 2010

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Réactions

 

Les parerga de Michel Onfray, Michel Rotfus, Mediapart, le 05.11.10

 constance - marc - Ewa 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

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