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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 11:05

 

capitalisme-sponville.jpg

 

Cela serait peut-être susceptible de vous intéresser…

Un débat entre Michel Onfray et André Comte-Sponville sur les liaisons dangereuses entre le capitalisme et la morale, mené par J-L Servan-Schreiber et publié en juillet 2009 sur le site psychologies, ainsi que le 6 février 2012 sur Nicomaque, le blog d’un prof de philo. 

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Ce débat me parait être un bon point de départ pour une réflexion de fond. Il présente deux thèses opposées. Je prétends pour ma part qu'il en existe une troisième, la synthèse ! Mais commençons par la thèse et l'antithèse.

Le capitalisme a toujours été critiqué. Ça ne l’a pas empêché de survivre et de prospérer.

La première critique du capitalisme a été celle de l’Eglise au cours du XIXe siècle. C’est aussi au XIXe siècle, vers 1848, que Marx a rédigé Das Kapital, première contestation radicale du capitalisme.

Aujourd’hui, début du XXIe siècle, le fonctionnement capitaliste est critiqué à trois niveaux : par les consommateurs, c’est une critique d’ordre pratique sur la qualité des produits et les prix ; par les actionnaires, ce sont des critiques financières, plus récentes mais qui enflent désormais avec les scandales financiers à répétition ; par les altermondialistes, qui le remettent violemment en cause mais, cette fois, sans débouché idéologique construit.

Nos débatteurs répondront à la question préalable : qu’appelle-t-on capitalisme ? Y a-t-il une vraie définition ? Puis ils nous diront s’il y a une sorte de péché originel du capitalisme. Car dès que l’on aborde les références morales, la notion de péché n’est jamais loin.

 

capitalisme-Comte-Sponville.jpgAndré Comte-Sponville : Qu'est-ce que le capitalisme ? C’est un système économique caractérisé par la propriété privée des moyens de production et d’échange, par la liberté du marché et par le salariat. Dans un pays capitaliste, l’entreprise est donc au service de ceux qui la possèdent – propriété vaut usage –, c’est-à-dire des actionnaires, bien plus que des clients ou des salariés. Il m’arrive également de proposer une définition plus personnelle du capitalisme : c’est un système économique qui sert, avec de l’argent, à faire davantage d’argent. Dans un pays capitaliste, l’argent va d’abord aux plus riches et non à ceux qui en auraient le plus besoin, les plus pauvres.

On voit que le capitalisme est loin de correspondre à ce que voudrait spontanément la morale. Cela veut-il dire qu’il est immoral ? Ce n’est pas si simple. Il y a toute une série de phénomènes qui ne sont ni moraux ni immoraux. Pour ma part, j’ai été amené à distinguer, dans toute société, quatre domaines ou, comme dirait Pascal, quatre ordres différents.

D’abord, ce que j’appelle l’ordre techno-scientifique, structuré intérieurement par l’opposition du possible et de l’impossible. L’économie en fait partie. Ensuite, l’ordre juridico-politique, structuré intérieurement par l’opposition du légal et de l’illégal. Troisièmement, l’ordre de la morale, structuré intérieurement par l’opposition du devoir et de l’interdit. Enfin, l’ordre éthique : l’ordre de l’amour. Vouloir que le capitalisme soit moral, ou même qu’il le devienne, ce serait vouloir que l’ordre techno-scientifique se soumette à l’ordre de la morale, ce qui me paraît exclu par leur type respectif de structuration interne. Les sciences n’ont pas de morale, les techniques pas davantage. Je me demande par quel miracle l’économie, qui est à la fois une science et une technique, en aurait une ! Mon idée est donc que le capitalisme n’est ni moral ni immoral, parce qu’il est radicalement amoral.

Quant au "péché originel" du capitalisme, c’est sans doute son fonctionnement à l’égoïsme. Seulement, ce péché originel, d’un point de vue moral, est aussi sa principale vertu d’un point de vue économique. C’est justement parce que le capitalisme fonctionne à l’égoïsme qu’il fonctionne si bien !

 

onfray portrait flammarionMichel Onfray : Je souscris évidemment à la définition d’André sur le capitalisme. La propriété privée des moyens de production, c’est effectivement ce qui définit le capitalisme.

Mais quid, à ce moment-là, d’un boulanger, par exemple, qui possède sa petite boulangerie ? Est-ce un capitaliste ? On s’aperçoit que cette définition, marxienne plutôt que marxiste, est vraisemblablement dépassée parce que le capitalisme s’est modifié. Donc, première chose, il faut repenser le capitalisme aujourd’hui. Deuxième chose : je pense qu’il faudrait aussi distinguer capitalisme et libéralisme. Le libéralisme, c’est la possibilité pour le capitalisme de faire ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut, sans éthique, sans morale, sans contre-pouvoir. Et nous sommes dans une période libérale…

Le libéralisme permet au capitalisme de faire de l’argent avec de l’argent, donc de générer la paupérisation actuelle : la condition de l’enrichissement du riche est clairement l’appauvrissement du pauvre, pas seulement sur le terrain national mais sur le terrain planétaire. Quant au péché originel, s’il existe, c’est vraisemblablement la toute-puissance que donne l’argent.

On le constate tous les jours : il existe des justices, des médecines, des santés, des cultures, des urbanismes, des façons de vivre qui sont totalement déterminées par les quantités d’argent mises en jeu par les protagonistes. Le péché originel consiste en cette évidence que posséder l’argent, c’est posséder le monde. Posséder beaucoup d’argent, c’est posséder beaucoup du monde.

 

Jean-Louis Servan-Schreiber : André Comte-Sponville dit à un moment dans son livre que le critère de la valeur morale, c’est le désintéressement. Dans ce cas, le capitalisme serait automatiquement condamnable puisqu’il ne peut pas fonctionner dans le désintéressement. Donc, si le péché originel c’est l’argent, peut-on fonctionner sans argent ?

 

André Comte-Sponville : Chercher son intérêt, ce n’est pas une vertu morale, mais ce n’est pas immoral pour autant ! Que le capitalisme fonctionne à l’intérêt, cela suffit à prouver qu’il n’est pas moral, mais cela ne prouve pas qu’il soit immoral. Le péché originel du capitalisme, qu’on l’appelle l’égoïsme ou l’argent, c’est d’abord le péché originel de l’humanité. Les êtres humains n’ont pas attendu le capitalisme pour être égoïstes et cupides.

Quant à ce que disait Michel sur le libéralisme qui laisserait faire au capitalisme tout ce qu’il veut, je ne suis pas d’accord : le capitalisme, dès le départ, est soumis à la loi. C’est la différence entre une économie capitaliste et une économie mafieuse. Le capitalisme fonctionne avec un droit de propriété, un droit du commerce, etc. Or le droit n’est pas soumis au marché (il n’est pas à vendre) ; c’est le marché qui est soumis au droit.

Autre point de désaccord, je ne crois pas que « faire de l’argent avec de l’argent » revienne à fabriquer de la paupérisation. Dans notre société, depuis deux cents ans, le capitalisme fait de l’argent avec de l’argent. Et pourtant le niveau de vie moyen d’un Rmiste aujourd’hui aurait fait rêver n’importe quel pauvre du xixe siècle. C’est le paradoxe du capitalisme : l’argent va à l’argent, et pourtant ce système injuste et amoral s’est avéré historiquement plus profitable, y compris pour les plus pauvres, que tous les autres systèmes !

Le capitalisme n’est pas moral, la morale n’est pas rentable. C’est pour ça qu’on a besoin des deux. Et, entre les deux, nous avons besoin et du droit et de la politique, c’est-à-dire d’agir ensemble pour apporter au marché, de l’extérieur, un certain nombre de limites et de régulations.

 

Michel Onfray : La morale vient d’ailleurs que du capitalisme ; en l’occurrence, elle peut venir de l’Etat. Je disais tout à l’heure que le capitalisme était à repenser en fonction de ses nouvelles conditions d’existence, il me semble que l’Etat est à repenser également aujourd’hui. Il est l’instance et la puissance qui peut rendre possible la force des faibles.

On peut trouver que le capitalisme donne beaucoup d’argent aux Rmistes, que nos pauvres sont beaucoup plus riches qu’au début du siècle dernier, mais ça ne me semble pas suffire pour considérer que la pauvreté est défendable ou acceptable ! Je pense effectivement que le gâteau n’est pas susceptible d’être partagé à l’infini. Et que, quand certains disposent des grosses parts, d’autres sont obligés de se contenter des petites.

La création de richesses ici suppose de la pauvreté ailleurs. Or le capitalisme voudrait pouvoir fabriquer des déchets sociaux pour le bon fonctionnement de sa machine immorale et laisser la gestion des déchets sociaux à l’Etat ! Le profit pour lui, les dépenses pour les instances publiques…

 

André Comte-Sponville : La morale ne vient pas du marché, on est d’accord. Mais je ne dirais pas non plus qu’elle vient de l’Etat. L’Etat n’est pas là pour dire le bien et le mal. Il est là pour dire le légal et l’illégal. L’Etat a d’abord une fonction juridique. La morale est à la charge de l’individu. Au fond, l’objet essentiel de mon livre, c’est de renvoyer la responsabilité morale aux individus. D’où vient la morale ? Du passé de la société, comme disait Freud, qui l’appelle le Surmoi. Elle vient de la culture, de la civilisation. Et il est clair que la richesse n’a jamais suffi à faire une civilisation. C’est pourquoi l’économie, même efficace, ne suffit pas !

 

Jean-Louis Servan-Schreiber : A propos de l’amoralisme, j’ai une question simple. André Comte-Sponville dit : « Le capitalisme n’est pas immoral, il est amoral. » Michel Onfray dit : « Le capitalisme est immoral. » Ma question, c’est : est-ce qu’être amoral n’est pas immoral ?

 

André Comte-Sponville : Etre amoral, c’est immoral pour un individu. Mais le capitalisme, ce n’est pas un individu, c’est un système. C’est donc à nous d’être moraux : ne comptons pas sur le capitalisme pour l’être à notre place !

 

Jean-Louis Servan-Schreiber : Je voudrais vous poser une dernière question, sur la mode de l’entreprise citoyenne qui vend et vante tel ou tel produit fabriqué selon des normes éthiques. Dans votre livre, André Comte-Sponville, vous dites que comme cette démarche est « conforme à l’intérêt de l’entreprise, elle n’a pas de vertu morale particulière ». N’empêche que ce que l’on vend, c’est de la vertu morale. Alors faut-il pour autant le critiquer ?

 

André Comte-Sponville : L’individu ou le consommateur que je suis ne peut que se féliciter de cette tendance. Mais l’intellectuel que je suis aussi n’en attend pas grand-chose : je ne compte pas sur cette mode pour changer l’essence du capitalisme ! Cela dit, si l’on arrive à faire en sorte qu’une entreprise ait intérêt à avoir un comportement économique qui corresponde un peu plus à nos valeurs morales, on ne va pas s’en plaindre !

 

Michel Onfray : C’est en effet une ruse de la raison, mais elle est intéressante. On ne peut pas ne pas être consommateur. On est obligé de consommer. Donc, à l’évidence, quand on a le choix, mieux vaut choisir de le faire de manière éthique. Qui pourrait penser l’inverse ? Et quand on a à choisir entre deux produits ou trois, on doit pouvoir, si l’on est informé, en choisir un qui produira des effets éthiques. Seul, un produit n’induit pas de conséquence mesurable, sinon sur l’image de soi du consommateur ; associé, en groupe, collectivement, l’effet peut se révéler redoutable et dévastateur…

Le principe du boycott en a fait la démonstration. Ça me semble très intéressant de pouvoir savoir que tel produit a été fabriqué avec le minimum d’exploitation ou au contraire avec une exploitation maximale des employés, des femmes et des enfants. Je pense que ça peut être une occasion, non pas pour des entreprises d’être citoyennes, comme on le dit maintenant, mais pour des consommateurs d’agir en citoyens.

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Pour compléter le sujet, vous pouvez :

  • consulter l’article de Damien Theillier « Réponse à Comte-Sponville et Onfray sur le capitalisme » publié le 10.03.2012 sur le site contrepointsIl propose la "synthèse" de ce débat. "Le capitalisme est-il moral ? La thèse d’ACS est que le capitalisme est amoral. Michel Onfray soutient que le capitalisme est immoral. Je ne suis pas complètement d’accord avec André Comte-Sponville et un peu d’accord avec Michel Onfray. Selon moi, le capitalisme peut être dit 1° amoral, 2° moral et 3° immoral, sous trois rapports différents bien entendu."
  • visionner la conférence d’ACS sur le management, sur le blog de Frédéric pas faux

Ewa  

20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 12:45

 

 

Ouest-FranceDeux interviews à découvrir ce 20.02.2012 sur le site du journal Ouest france.

La première, centrée sur L'ordre Libertaire, est consacrée à Albert Camus, la seconde, beaucoup plus intimiste, aborde les livres en préparation dont le Cosmos.

Les propos sont recueillis par François Boscher.


F. B. : Qu'est-ce qui vous a amené à écrire sur Camus ?

M. O. : J'entendais souvent des commentaires dépréciant Camus, notamment à propos de la guerre d'Algérie, disant qu'il défendait les petits Blancs, le colonialisme. On a écrit beaucoup de choses injustes sur lui, notamment en le lisant avec des lunettes sartriennes. Paradoxalement, il n'y avait rien sur Camus et la politique.

F. B. : 2012, c'est aussi le 50anniversaire du traité d'Évian

M. O. : Camus a toujours voulu la paix et refusé la guerre. Il a fait un appel à la trêve, est intervenu de façon discrète pour sauver 150 personnes du FLN, (indépendantistes algériens, NDLR) à une époque où on leur tranchait la tête et où le ministre de la Justice s'appelait Mitterrand. Et Camus n'a jamais mis ça en avant...

F. B. : Pourquoi ce cahier avec des photos très dures de la guerre d'Algérie ?

M. O. : Pour montrer la réalité. Là où Sartre n'était jamais dans la réalité mais juste dans l'idée, Camus dit qu'il faut décrire les choses. La guerre c'est aussi des enfants égorgés, des femmes violées. Camus demande si c'est ça que nous voulons ! La plupart du temps, les philosophes sont soucieux des idées, mais se fichent des effets dans la réalité. Pour Camus, c'est l'inverse.

F. B. : Camus écrivain ou philosophe, éternel débat

M. O. : À la lueur de la définition sartrienne qui voudrait que la philo soit difficile à appréhender, voire rebutante, il n'est pas philosophe. Mais l'oeuvre de Camus est pourtant une proposition lisible de la vision du monde : en ce sens c'est un philosophe, à mon avis l'un des plus grands.

F. B. : On vous sent proche de Camus. Au point d'être converti au football ?

M. O. : Ça non ! Quand on me demande ce qui me différencie de lui, je trouve que le football en fait partie (rire).

F. B. : Les points communs semblent nombreux entre Camus et Onfray

M. O. : Avoir un père ouvrier agricole et une mère femme de ménage, dans les deux cas, ça ne s'invente pas... Il y a aussi la préférence de la province à Paris, l'Algérie pour Camus, la Normandie pour moi. Le fait de n'être ni agrégé ni normalien, de ne pas être formaté par une institution. Il y a aussi cet aspect libertaire, de gauche viscérale et radicale mais ni communiste ni marxiste. J'ai toujours été mal à l'aise avec la frange la plus intolérante de la gauche la plus anti-libérale. Même aujourd'hui, avec Mélenchon qui dit des choses insupportables quand il justifie Cuba, ou le Tibet occupé par les Chinois.

F. B. : Camus au Panthéon, une fausse bonne idée ?

M. O. : Malheureusement, ça sentait la récupération. Tout le monde a le droit d'aimer Camus, y compris Sarkozy, mais l'aimer c'est aussi le pratiquer : cela implique le souci de la justice, des humbles, de la vérité... Ceci dit, Hollande n'est pas plus légitime que Sarkozy pour récupérer Camus comme il l'a fait lors du discours du Bourget ! Mais comme Camus est l'un des écrivains préférés des Français...

F. B. : Votre livre est une invitation à découvrir ou relire Camus. Que conseillez-vous ?

M. O. : Tout le monde peut accéder au Premier homme, roman inachevé qu'il écrivait avant sa mort. Des pages extraordinaires, à pleurer. On peut ajouter Noces à Tipasa et ses chroniques Actuelles.

F. B. : Comment la famille de Camus a-t-elle réagi à ce livre ?

M. O. : Très bien. Sa fille Catherine viendra à Argentan lors de la journée Camus prévue à l'Université populaire du goût, le 14 mai.

                                           

 

Trois questions à... Michel Onfray 

F. B. : Livres, conférences, cours de l'université populaire : vous restez toujours autant prolixe...

M. O. : Il y a effectivement plusieurs ouvrages bien avancés voire achevés : un livre d'entretiens sur la musique avec Jean-Yves Clément, mais aussi le 5e tome du Journal hédoniste, le 8e volume de la contre-histoire de la philosophie. Ainsi qu'un court texte contre Sade, La passion de la méchanceté. Je suis sidéré qu'on puisse porter aux nues ce type qui fait l'éloge de la monstruosité, du viol, de la brutalité sexuelle !

F. B. : Vous préparez également un livre plus intime

M. O. : Un projet qui pourrait même effacer la totalité de mes livres précédents, issu de méditations et de réflexions, de mon deuil après la mort de mon père voici deux ans. Je ne suis pas chrétien ni même croyant, je n'ai pas le sens de la transcendance... mais en même temps ça a changé des choses. Ce livre, qui s'appellera vraisemblablement Cosmos, sera une invitation à aller au-delà des livres, disant qu'il est peut-être temps de lire le ciel, les plantes, la nature, le monde. Si on n'a pas compris qu'on n'est rien dans le cosmos, si on continue à croire qu'on est tout, très égo-centrés... on ne saura pas très bien vivre, ni bien mourir. Mon père l'avait compris, c'est une leçon qu'il m'a transmise par l'exemple. Sa sérénité, sa droiture, toutes choses qui me font dire que c'est pas mal une vie comme ça... Certains passages auront trait à la mort, comment la préparer - je pense à moi pour le coup - car, certes il y a une cinquantaine de livres...

F. B. : ... mais aussi 53 ans. Vous atteignez une certaine forme de sagesse ?

M. O. : En quelque sorte. Il y a les livres, mais si au-delà d'un certain âge on n'a rien appris de la vie, c'est qu'on a tout loupé. Ce livre, je le nourris tous les jours... Je prends mon temps, même si je sais que mon temps est compté.


cosmos1 

Cliquez sur la photo pour accéder au film Du Big Bang au Vivant

                                                                                                           Constance

9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 12:14

 

Que pense-t-il Michel Onfray de son enveloppe corporelle ?

C’est une question posée par Le Nouvel Observateur (le 09 février 2012) à l’occasion de la parution du « Journal d’un corps » de Daniel Pennac. 

Le philosophe répond : « Il faut déconstruire le corps chrétien » 

 

onfray squelette

     Sipa/Sipa/Photomontage


Plus de cinquante livres après mon premier titre paru, je constate que tous répondent à une seule et même question: que peut le corps ? Question spinoziste, on le sait, dont Deleuze fit savoir un jour que nous n'y avions pas encore répondu. Et pour cause : seuls quelques-uns l'ont vraiment posée, combien dès lors pourraient y avoir répondu ? Ce souci procède des matérialistes de l'Antiquité (dont Spinoza écrivit dans une lettre à Hugo Boxel qu'il les préférait à Platon et Aristote) et du lignage antiplatonicien qui, jusqu'à Nietzsche, fait du corps « la grande raison » à laquelle obéit « la petite raison », autrement dite la raison raisonnable et raisonnante.

 

J'ai donc apporté ma pierre à l'édifice en abordant la question du corps qui mange (trois livres de gastrosophie et une université populaire du goût), du corps qui regarde (une dizaine de livres sur des artistes), du corps qui philosophe (dix années d'université populaire, sept livres parus pour analyser l'articulation de la biographie et de la pensée), du corps sexué et sexuel (deux livres), de l'élargissement du corps postchrétien de la bioéthique (un livre), du corps dépaysé qui voyage (quatre livres).

 

Reste que ce qui pense le corps qui pense, c'est encore et toujours un corps dont il faut faire l'exégèse. Une psychanalyse non freudienne, qu'on pourrait dire concrète avec Georges Politzer, permet d'ouvrir un peu le mystère. Mais mille ans d'empire chrétien sur le monde des idées (et des corps...) a fait du corps la plus refoulée des instances. D'où l'intérêt d'une déconstruction du corps chrétien...


Michel Onfray

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Marc      

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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