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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 08:04

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »


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22) « QUI EST ALIENE ET QUAND ? » - 26.08.2014



  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
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SYNOPSIS  

 

1./ LES EVENEMENTS VIENNENT A NOUS

Guenther-Anders-mit-Hund-in-Kaliforniena) La télé et la radio fournissent les individus en informations   • Comme en eau ou en gaz.

b) Le produit n’est pas artistique ou ludique   • Mais des évènements réels : « du moins ceux qui ont été sélectionnés, chimiquement purifiés et préparés pour nous être présentés comme une « réalité », ou tout simplement pour remplacer la réalité elle-même » (129).

c) Ce qui est dehors arrive dedans   • L’extérieur du monde pénètre les familles.

d) Le réel extérieur :   • Trop complexe pour le saisir dans sa totalité, dans sa diversité, dans sa complexité   • On ne le comprend que saisi dans le prisme médiatique.   • Ce faux réel éclipse le vrai réel   • « Les évènements viennent à nous, nous n’allons pas à eux » (129).   • Sport, messe, explosions atomiques…

e) Que se passe-t-il quand nous n’allons plus au monde ?   • Nous ne sommes plus au monde   • Nous le consommons comme un produit   • Quand il vient à nous comme image,   • Il est présent et absent,   • Donc fantomatique.   • Quand nous allumons le poste : « Nous détenons une puissance divine » (131).   • Quand le monde s’adresse à nous   • Nous ne pouvons nous adresser à lui.   • Nous sommes condamnés au silence   • Et à la servitude.   • Nous sommes transformés en espions et en voyeurs.   • Une fois retransmis   • L’évènement devient une marchandise mobile omniprésente.   • Sa duplication en autant de postes en fait un produit de série.   • Devenu reproduction, image   • L’événement abolit la différence   • Entre être et paraître, réalité et image   • L’événement est modifié   • Contraint à correspondre à ce que la reproduction exige de lui   • Quand nous ne consommons plus que des reproductions   • Le monde est aboli.   • On perd le monde, et les émissions font alors de l’homme un « idéaliste » (131).

 

2./ QUI EST ALIENE ?

a) Le monde nous est donné sous forme d’images   • Plus besoin d’en faire l’expérience concrète

Guenther-Anders-Tokyo-Airport 1958b) La vitesse contribue aussi à l’effacement du monde   • Automobile et avion ?   • Fin des pauses, du temps ralenti, des observations   • Des méditations, des rencontres.

c) Le but du voyage n’est pas l’usage du monde   • L’expérimentation concrète de la vérité   • Mais la satisfaction de l’appétit de l’homo viator   • De bouger et d’être présent partout.

d) Sur l’aliénation :   • Marx l’associe au travail, à la marchandise, à la liberté, à la propriété   • Sens révolutionnaire   • L’avant-garde artistique lui fait perdre son contenu subversif   • Après la sociologie allemande des années 20   • Le surréalisme désubstantialise   • Banalisation du mot, banalisation de la chose   • Le mot devient un cliché   • Impossible à utiliser, plus de sens   • L’aliénation peut donc fonctionner à plein   • Impossible de l’analyser, donc de lutter contre elle.

e) Avec la télé, la radio, les medias de masse,   • le monde nous est présenté comme familiarisé   • Pas familier, mais familiarisé :  - Présenté de façon méprisante   • Pour obtenir du consommateur ce qu’on attend de lui.

f) Ainsi : on connaît mieux les stars que ses voisins   • On est familier avec elles   • On connaît leurs corps   • Leurs vies privées, leurs histoires, leurs aventures, leurs maris, leurs femmes   • On passe du temps avec des fictions, des images, des fantômes.

g) En regardant la télé   • Chacun croit que celui qui parle lui parle   • Cette familiarisation invite au tutoiement   • Avec la speakerine, le président de la République  « Ainsi nous sommes systématiquement transformés en copains du globe terrestre et de l’univers, mais en copains seulement : car il ne peut évidemment être question d’une authentique fraternité, d’un panthéisme, d’un amour du lointain ou même d’une « empathie » que ressentiraient nos contemporains si conditionnés » (140).

h) Le passé devient notre copain   • Anders a lu dans un ouvrage universitaire américain   • Que Socrate était « un sacré type » (141).   • Une façon de nous dire que « si le hasard ne l’avait pas fait naître en des temps reculés, (Socrate) ne serait finalement pas très différent de nous, ne dirait rien de plus que nous et ne serait donc pas une autorité pour nous » (id).   • Socrate ne serait donc pas aussi grand qu’on le dit   • Il nous ressemblerait sur plus d’un point.

i) La passion de l’égalité s’appuie sur la Déclaration des Droits de l’Homme   • Ecrêtage du génie au nom de la démocratie   • Effacement de Socrate comme génie, négation comme philosophe   • Tutoiement possible !   • Semblable à soi, il n’a plus rien à nous dire qui soit édifiant   • Il a perdu son pouvoir subversif.

j) La télévision arase les différences   • Elle produit une uniformisation égalitariste   • Jamais obtenue par un régime totalitaire  « Le passé considéré sous le seul angle de la possibilité d’y trouver des copains est aboli en tant qu’histoire » (142).

k) Anders diagnostique une « démocratisation de l’univers » (142).   • Elle se définit ainsi :  1) Egalité des informations qui arrivent au téléspectateur  2) Tout a le droit à se faire entendre/voir dans le désordre  3) Toute préférence est un odieux privilège  4) La familiarisation est un processus de neutralisation :  - On rend simple, abordable, semblable à soi  - Donc on égalise, plus rien n’a d’importance.

l) Il y a aliénation :   1) Quand on passe sa vie en compagnie de ces fictions intimes   2) Le matin, au réveil, on allume la radio pour solliciter « les copains portatifs » (148).  - Qui nous suivent toute la journée  - Sous forme de publicités, de fantômes dans les journaux, les médias   3) En présence d’une personne qui écoute une radio portative dans un compartiment  - Etonnée de la présence réelle   • Peut-on parler d’aliénation s’il n’y a ni Moi ni Je ?   • Et s’il n’y avait même plus rien à aliéner ?


3./ LE MODE FANTOMATIQUE D’APPARITION

a) La véritable présence suppose la réciprocité   • La retransmission suppose « une ambiguïté ontologique » (153) de ce qui est transmis :  - Présence et absence, réel et apparence, là et pas là  - Ni présent ni absent le réel devient un fantôme  - Le fantôme d’un véritable match de foot…

b) Depuis toujours l’image suppose un décalage temporel   • Le producteur travaille d’après modèle, il effectue une copie   • Avec la télé : l’image est synchrone avec le réel, elle est simultanée

c) Consommer ces images du monde ne rend pas présent au monde   • Mais nous en abstrait   • Les gens qui regardent la télévision sont « coupés de toute relation et rendus incapables de fixer leur attention : ils sont devenus de purs compagnons de l’instant » (157).   • Tout se passe dans l’ici et le maintenant.   • Plus ni passé ni avenir, juste un point de présence dans le moment.

d) La peur du néant fait consommer des images de façon boulimique   • Chaque organe est occupé lors de la consommation de ces fantômes :  - Manger en regardant la télé  - Prendre son petit déjeuner en écoutant la radio  - Lire un magazine en mâchouillant du chewing-gum  - Bronzer en lisant  - Accumuler les activités

e) Ne pas consommer :   • Entrer dans un temps de détresse   • Conjurer paix, liberté, solitude, calme, recueillement, méditation   • Pour consommer frénétiquement objets, choses, images, nourritures, vêtements, magazines   • « L’individu a été transformé en un « dividu », il est désormais une pluralité de fonctions. La destruction de l’homme ne peut manifestement pas aller plus loin. L’homme ne peut manifestement pas devenir plus inhumain » (164).

f) Les fantômes sont devenus nos modèles   • Grands-mères tricotant devant leur télé   • Plus souvent en compagnie des héros de télé que de leur famille

g) Certaines femmes se comportent comme leurs modèles cinématographiques   • Deviennent des reproductions de reproduction pour rivaliser avec des fantômes   • le monde des fantômes entre en collision avec le réel   • Et les fantômes gagnent…


4./ LA TRANSFORMATION DU MONDE EN BIBELOT

a) La production veut que le spectateur ne distingue plus l’être et l’apparence   • Il faut familiariser le réel   • Le transformer en quelque chose de futile, d’anodin   • Le macrocosme se fait passer pour un microcosme   • Nos yeux fonctionnent comme des jumelles inversées   • La télé occulte la véritable dimension du monde

b) Les courses automobiles retransmises :   • Semblent des courses de modèles réduits   • Accident mortel ?  - Pas plus grave qu’une collision entre deux jouets   • La miniaturisation empêche de tirer les conclusions qui s’imposent

c) Idem avec la bombe atomique   • L’image falsifie l’ampleur de l’événement   • Elle nous trompe   • On croit vrai le faux ; on croit faux le vrai.


5./ QUAND Y A-T-IL « NOUVELLE » ?

a) Quand, sur simple perception,   • On fournit au téléspectateur un renseignement sur ce qui est absent

b) La nouvelle présentifie une information   • Qui vient jusqu’à la personne qui la consomme

c) Elle donne une partie de ce qui est absent   • Cette partie dissimule le tout   • Ce qui est montré cache ce qu’il y a à dissimuler

d) La nouvelle prive le téléspectateur de liberté   • Car elle inflige une vision fragmentée d’une partie de la réalité   • Son fantôme

e) La télévision et la radio abolissent « la différence entre vivre un événement et en être informé, entre l’immédiateté et la médiation » (183).

f) Jadis, les objets étaient transportables   • Pas les faits   • La maison est transportable  - Mais pas l’incendie de la maison  - En revanche, cet événement devient transportable comme nouvelle  - Il se déplace comme information – il se téléporte.   • Radio et télé transforment les objets en faits

g) Ces faits sont des fantômes qui sont des marchandises   • Le produit manufacturé prive de la vérité des faits au profit de la fiction   • Toute marchandise est un jugement   • La nouvelle : « C’est un préjugé apparaissant sous forme d’image qui, comme tout préjugé, dissimule son caractère de jugement mais – puisqu’il reste secrètement un jugement - épargne au consommateur l’effort d’avoir à juger par lui-même » (187).   • La nouvelle est un produit   • Une marchandise configurée pour produire un effet   • Le destinataire de la nouvelle est un client qui consomme

h) La nouvelle est un produit manufacturé   • A partir d’une totalité dont on prélève un fragment pour le présenter comme le tout   • Elle est un jugement imposé par le producteur de l’émission qui impose sa vision du monde   • Avec du son et des images qui font prendre ses fantômes pour la réalité

i) Or il prive le téléspectateur de sa liberté de jugement en lui infligeant ses fantômes

j) L’aliénation se trouve dans cette transformation du réel en fantômes   • Et la présentation de ces fantômes en seule et unique réalité.


6./ DIRIGER AVEC DES STEREOTYPES

a) Emissions et agencements d’émissions   • Le monde construit par la télé produit des stimuli pour obtenir des réponses   • Produire un homme nouveau nourri de fantômes  « La tâche de ceux qui nous livrent l’image du monde consiste ainsi à confectionner à notre intention un Tout mensonger à partir de multiples vérités partielles » (188).

b) Exemple du national-socialisme :   • A produit une image fausse du monde en la présentant comme vraie : avec le stéréotype   • Dans une revue nazie : Juif présenté comme enjuivant   • Entretenir la propagande par du faux présenté comme du vrai   • « ‘Que ma représentation soit votre monde’ dit la volonté qui produit les matrices. Ainsi parlait Hitler » (195).   • Les millions de morts de la Shoah ont donc été perpétrés « en se fondant sur des images » (190)…

c) Le stéréotype vise à obtenir des comportements   • Conditionnement télévisuel et auditif   • Moins on sent le conditionnement, plus il est efficace   • Il faut faire désirer le consentement   • Il faut conditionner les désirs   • Il faut standardiser les besoins  « Apprends à avoir besoin de ce qui t’es offert. Car les offres de la marchandise sont les commandements d’aujourd’hui » (197), voilà le mot d’ordre de notre époque.

d) Quiconque refuse le conditionnement passe pour non chrétien   • Sous prétexte de manquer d’humilité et de manifester de l’orgueil   • Ou bien pour un non-démocrate,   • Sinon pour un malade social.

e) On ne peut plus se passer de ce que l’on a   • le manque est vécu comme une faim, une souffrance   • L’accoutumance est le mode du besoin :   - Prenant l’exemple du Coca-Cola, Günther Anders écrit : « La demande est donc le produit de l’offre, et le besoin le produit du produit » (202).

f) Nous sommes dans un monde de marchandises   • Et nous ne sommes plus que des marchandises parmi d’autres marchandises.   • On ne peut plus se passer de marchandises :  - Qui pourrait vivre sans électricité ? Sans voiture ?  - Ce serait proprement un suicide social.


7./ PHENOMENOLOGIE DE LA PHOTOGRAPHIE

a) Le réel n’est plus la matrice   • Mais les produits obtenus par elle

b) Plus les produits sont nombreux   • Plus ils paraissent réels

c) En vertu du principe que « Ce qui n’a lieu qu’une fois n’est pas » (204),   • Ce qui est, c’est ce qui est démultiplié,   • Proposé en quantité, transformé en marchandises pléthoriques.   • « Le réel devient le reflet de son image » (205).

d) Le réel = ce qui est produit en série   • La singularité n’existe pas   • Seules existent les multiplicités   • La vérité, c’est la série

Guenther-Anders-Auf-dem-Weg-nach-Hiroshima-1958-e) Les touristes devant un monument :   • Les dupliquer, en faire des fantômes pour mieux en jouir  « Ce qu’ils voient, ils ne le voient que pour le photographier, et ce qu’ils photographient, ils ne le photographient que pour l’avoir » (207).

f) Appuyer sur l’obturateur :   • Recouvrer une sérénité perdue devant l’objet unique qui angoisse

g) Rentrés chez eux, les touristes possèdent en effigie ce qu’ils ont photographié   • Ils transforment l’unicité en objet de série  « Les copies constituent pour eux la réalité » (207).

h) « Ce qui compte pour eux n’est pas d’y être mais d’y être allé » (208) .   • Ce qui a été constitue une possession certaine   • Devant une image, le passé devient réel   • Au contraire du présent qui fuit et ne peut devenir une marchandise   • Une fois fixé, ce qui fut est véritablement

i) Si on proposait un voyage avec interdiction de photographier   • Certains refuseraient   • Que faire, sinon, de son présent ?   • Que faire du monument dont la fonction est d’être photographié ?   • Seuls la photo ou le film donnent une consistance   • A ce qui peut être transformé en marchandise

j) La photo agit sur la mémoire   • Elle substitue le fantôme à la mémoire vive   • L’image au souvenir véritable   • On fait moins confiance à ce qu’on pourrait se remémorer   • Qu’à ce que la photo nous montre

k) Sur le principe du musée   • Ce que nous sommes se réduit   • Aux images de ce que nous avons été

l) Ce qui est compte pour rien   • Ce qui a été photographié compte pour tout.


8./ LA DIALECTIQUE DES MATRICES

a) Les matrices conditionnent les évènements   • En les rendant possibles comme reproductions

b) Le réel ainsi produit conditionne les consommateurs   • Le réel c’est ce qui est reproductible, donc reproduit   • Ce réel produit des hommes nouveaux   • Dialectique des matrices qui produisent des matrices   • Dans lesquelles les individus ne sont plus rien

c) Cette logique induit cinq conséquences :   1) « Le monde « va parfaitement » à l’homme et l’homme va parfaitement au monde » (223). - Cette coïncidence assimilable à celle du vêtement prêt à porter rend presque impossible la résistance.   2) « Le monde a disparu en tant que monde » (224).   • Le monde appartient désormais aux objets comestibles, faits pour être ingérés, digérés, détruits, remplacés.   • La fonction du monde c’est de disparaître en tant que monde.   3) « Notre monde actuel est « post idéologique » » (224).   • Plus besoin, après coup, de justifier par de l’idéologie le monde nouveau   • Car « Mentir devient superflu quand le mensonge est devenu vrai » (225).   4) « Ceux qui sont conditionnés ont été préparés à l’être » (226).   • La matrice produit des matrices qui produisent des matrices   • Les fantômes produisent des fantômes qui produisent des fantômes.   • L’individu est le produit mécanique de ces matrices et de ces fantômes.   5) « L’existence, dans le monde du pays de cocagne post-idéologique, n’est absolument pas libre » (226).   • Pays de Cocagne = rêve matérialiste d’un âge d’or devenu consommable   • Les fantômes arrivent en quantité et s’imposent.


9./ TRAVAIL SANS FRUIT, FRUITS SANS TRAVAIL

a) Au XIX° :   • Les travailleurs sont privés du fruit de leur travail :  - Planter ses légumes, les soigner, les récolter, les préparer, les manger

b) Au XX° :   • Le travailleur est dépossédé du travail :  - Les légumes arrivent dans une boîte

c) A propos de celui qui travaille :   • « Sa vie - notre vie à tous - est doublement aliénée : elle n’est pas seulement faite de travail sans fruit mais aussi de fruits obtenus sans travail » (229).

d) Dès lors, les hommes recherchent le travail,   • L’effort qu’on ne leur demande plus   • Ils croient manifester une résistance

e) Alors qu’ils pourraient acheter simplement   • Ils veulent construire de leurs mains

f) Les transports sont faciles   • Ils se créent des challenges pour marcher, courir

g) On peut acheter des vêtements   • Certains les tissent

h) Le week-end permet une débauche en la matière :   • Allumer un feu dans la campagne avec un barbecue au gaz,   • Cuire lui-même sur le grill des saucisses convoyées dans une glacière,   • Monter la toile de tente à la façon d’un conquérant de terres inconnues,   • Monter comme un puzzle les pièces de sa table de camping   • Poser sur le produit monté la radio qui l’assure de disposer de ses fantômes à satiété.   • Sujets tragi-comiques, « désir puéril des adultes » (213), farce contemporaine…

i) Cette résistance n’en est pas une :   • Elle a déjà été préemptée par l’industrie qui fait d’énormes bénéfices

j) Délire de l’expression de soi créative :   • Conjurer l’ennui dans un monde plein de fantômes   • Artistes, créateurs, peintres, potiers, écrivains …   • Activités sensées montrer la liaison entre travail et fruits.   • « Cette tragi-comédie (…) n’est qu’une simple régression de l’homme obsolète, équipé de tout le luxe marchand des temps modernes, vers une étape obsolète de la production et de l’existence – une régression qui ne peut par définition jamais atteindre son but, puisque son esprit et son style s’y opposent absolument » (233).   • Même quand on croit résister, on collabore…


anders -obsolesescence de l'homme

BIBLIOGRAPHIE :

• George Grosz, Günther Anders, Allia

• Günther Anders, La haine à l’état d’antiquité, Rivages

• Günther Anders, Agir pour repousser la fin du monde, Kimé

• Christophe David et Karin Parienti-Maire (dir.), Günther Anders : Agir pour repousser la fin du monde, Revue Tumultes, no 28-29, octobre 2007

• Günther Anders, De la désuétude de l'homme, Editions du Jasmin

 


24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 23:25

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

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21) « UNE PHILOSOPHIE DU MOUSTIQUE » - 25.08.2014



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SYNOPSIS  

 

 guntheranders1

 

1./ CONTRE L’ONTOLOGIE D’HEIDEGGER

a) Formé à la phénoménologie allemande   • Connaît les tics   • Sait le rapport au réel médiatisé par le concept qui éloigne du monde.   • Commentaire de commentaire   • Contre la philosophie universitaire.

anders-sur_la_pseudo_concretude.jpgb) Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger   • Dans Philosophy and phenomenology research, mars 1948   • Critique l’ontologie de Heidegger   • Mais pas son engagement politique.

c) Le Dasein :   • Situé hors la nature   • Hors un au-delà surnaturel   • Cet acosmisme permet un engagement nazi.

d) Le concret de Heidegger est un pseudo-concret   • Heidegger instaure la primauté de l’Etre sur l’étant – sur les étants.

e) Dans cette ontologie l’homme disparaît :   • Comme sujet de l’histoire   • Comme humain   • Comme individu concret   • N’est plus qu’un dasein dont l’activité consiste à être-pour-la-mort.

f) Ceci génère non pas l’oubli de l’Etre   • Mais l’oubli de l’histoire.   • L’oubli de la liberté politique,   • La négation de l’Autre.

g) Tout ceci contribue à préparer un terrain   • Qui n’est pas incompatible avec le nazisme.

h) Heidegger ne philosophe pas à partir de problèmes académiques et universitaires   • Il part des « terreurs philosophiques les plus élémentaires » (21).   • Passe à côté du concret.   • Ce qui prépare la catastrophe éthique, morale, spirituelle, métaphysique, ontologique.


2./ UN STYLE A PART

a) Günther Anders revendique une position à part dans la philosophie   • Pas dans les institutions,   • Pas dans les bibliothèques ou les amphithéâtres.   • Veut pouvoir faire « une philosophie du moustique » (27).   • Une philosophie de tout ce qu’il y a de plus concret.

anders-obsolescence de l'hommeb) L’obsolescence de l’homme :  Analyse :   • Le rôle néfaste de la télévision et de la radio. • Construisent un faux monde qui devient plus vrai que le vrai.   • Le rôle des images dans la formation de l’homme aliéné : « l’iconomanie » (17).   • L’importance du cinéma dans la fabrication de ce même monde   • La construction des stars   • Le maquillage comme désir de devenir une chose    • Le système pervers des objets   • La négation de la mort dans les funérariums   • Le jazz comme musique de l’abrutissement   • Le symptôme de la disparition du visage   • La menace de la bombe atomique   • La destruction du monde et de la nature par la technique   • L’importance des machines   • Et autres sujets délaissés par les philosophes institutionnels.

c) N’écrit pas des essais littéraires ou des analyses philosophiques universitaires.   • Mais un genre nouveau : « Quelque chose comme un hybride de métaphysique et de journalisme : une façon de philosopher qui prend pour objet la situation actuelle, c’est-à-dire des fragments caractéristiques de notre monde actuel » (22).

d) Penser le réel, le concret véritable.

e) Il faut donc un style nouveau :   • Juxtaposer passages factuels et analyses théoriques,  • Considérations anecdotiques et analyses philosophiques pointues,   • Des exemples empruntés à la vie triviale.

f) Met en scène un contradicteur puriste (heideggérien…) qui lui dirait :   • On ne peut philosopher sur les problèmes d’actualité   • On ne peut philosopher que sur l’ontologique et non sur l’ontique   • On ne peut partir du journal pour penser   • On ne peut partir du factuel anecdotique pour parvenir au philosophique – digression   • On ne peut accéder au général quand on part du particulier   • On ne saurait partir de l’empirique – ainsi la télévision.

g) Ce contradicteur n’est pas seul :   • Car « d’autres ont formulé la même mise en garde pendant deux mille cinq cents ans. Car en quoi a consisté la passion de la philosophie, celle qui a animé les philosophes les plus divers, si ce n’est à choisir de se détourner avec grandiloquence du contingent, du « mundus sensibilis », pour se tourner vers l’« essentiel », le « mundus intelligibilis » ? » (25).   • C’est la signature de la philosophie occidentale.

h) Or la philosophie n’est pas mysticisme, idéalisme,   • Contemplation fixe des principes   • Mais saisie de quelque chose de concret, de réel, de véritable, d’immanent.

i) Le philosophe n’est pas un être à part   • Il vit comme « l’honnête voisin de ses voisins de palier » (26)   • Vivant dans une multiplicité de singularités.

j) Les objets de prédilection du philosophe ?   • Le spécifique, le singulier, l’occasionnel, le contingent, l’empirique   • « Pourquoi avons-nous, par exemple, le droit, dans le cadre de l’anthropologie philosophique officiellement admise, de philosopher sur l’homme (qui n’est finalement lui aussi qu’une espèce empirique), alors que, si nous écrivions une « philosophie du moustique » ou une « philosophie de l’enfant », nous serions immédiatement soupçonnés de manquer de sérieux ? A cela il n’y a pas de réponse philosophique » (28).

k) Les philosophes institutionnels se réclament de la tradition pour empêcher ce genre de pensée.   • Ne se remettent jamais en cause   • Or la vocation de la philosophie, c’est de remettre en cause les idées reçues.

l) « Plus ils sont sûrs d’eux sous ce rapport, plus on a raison de se méfier d’eux en tant que philosophes » (28).   • Nomme les philosophes qui ont fait reculer les lignes   • Et que les philosophes officiels ont méprisés ou négligés :  - Kierkegaard, Nietzsche, Feuerbach, Darwin, Marx, Freud.   • Autant de philosophes qui ne se sont pas dits philosophes   • Insoucieux des interdits, des tabous, des limites institutionnelles quand ils ont écrit.

m) « Le lecteur comprendra qu’un amoureux de la vérité, qui prend modèle sur ces grands esprits exempts de préjugés, marche alors droit vers le singulier, laissant en suspens la question de savoir si, et jusqu’à quel point, ce qu’il fait là peut encore s’appeler philosophie » (28).   • Peu importe que la corporation adoube   • L’important est de faire avancer la pensée.

n) Quand Günther Anders pense la télévision   • Ne pense pas pour les professionnels de la philosophie   • Mais pour ceux qui regardent la télévision   • Afin qu’ils comprennent la toxicité du média   • Et vivent conscients de ce danger.


3./ UNE METHODE

• Revendique une méthode à part : l’exagération   • A laquelle (presque 25 ans avant Jonas) il donne « un sens heuristique » (29).   • Les phénomènes restent imperceptibles   • Tant qu’on ne les a pas grossis pour mieux les observer.   • Soit on exagère et l’on peut connaître   • Soit on n’exagère pas et l’on ne connaît pas.


4./ « LA HONTE PROMETHEENNE »

a) Il y a « honte prométhéenne » quand les hommes « constatent l’humiliante qualité des choses qu’il a lui-même fabriquées » (37).

b) L’artisan pouvait aimer son travail - qui l’avait conduit du morceau de bois au sabot.   • L’ouvrier ne le peut car il n’agit que sur un moment de la production   • Talent, savoir-faire, compétence, investissement comptent pour rien.

c) L’ouvrier a honte de ce qu’il fait   • Et honte d’avoir honte.

d) Pour dissimuler cette double honte   • Affecte l’impudence ou l’indifférence   • Il cherche à se tromper lui-même.

e) Tout autour de lui a été produit, fabriqué, artificialisé   • L’homme a honte de ne pas être lui aussi produit, fabriqué, etc   • Il veut alors passer dans le camp des instruments   • La honte de sa honte lui fait désirer d’être un objet   • Il travaille activement à sa réification – « auto-réification » (46).

f) Exemple du maquillage :   • Effacement de la nature au profit de l’artifice   • La femme ressemble à une chose   • Les ongles ne sont plus nus mais peints   • Transformés en instruments que les mains manipuleraient   • La finition froide du vernis : reniement du passé des ongles   • Idem avec cheveux, jambes, visage, corps tout entier   • Tout doit être travaillé pour ne pas apparaître nu   • Ce qui générerait la honte   • « Ce traitement du corps cherche à lui donner la beauté des choses fabriquées » (47).

g) A l’aide de « l’ingénierie humaine » (54) l’homme veut en finir avec son corps borné.   • Et le transformer en machine, sa divinité.

h) Pousse son corps aux points limites, de rupture   • Veut l’hybride et l’artificiel   • Se soumet à une série incroyable d’expériences pour reculer ses limites   • Recycle la haine puritaine des corps   • Se transforme en chose, en objet, en gadget   • Se soumet à l’accélération, à la dépressurisation, au froid, à la force centrifuge   • Si techniquement nous en sommes capables, alors il faut le faire !

i) Ces expériences sont des rites initiatiques   • Entrée dans la communauté des adultes   • Nous apprenons ce que nous devenons : - Un humain qui veut se réaliser dans le dépassement de l’humain.

j) L’idéal ?   • Le robot des dessins animés qui avance de manière saccadée, mécanique.   • L’homme se transforme en résidu, en gadget.   • Il renonce à être la mesure.   • Il abandonne sa liberté.


5./ LA REPRODUCTIBILITE

a) L’homme se veut post-humain, objet parmi les objets   • L’homme se sait borné et périssable   • Il se veut illimité et infini

b) La production d’objets infinis à partir d’une matrice sert de modèle à son désir faustien

c) Nous vivons dans une époque platonicienne :   • Les objets reproductibles participent d’une idée   • La matrice une permet de dupliquer des copies à l’infini

d) Chaque produit singulier a une durée de vie limitée   • Mais en tant qu’objet de série, il est immortel.   • Face à l’immortalité des objets produits en série   • L’homme mortel qui a honte de l’être   • Veut cette immortalité par la duplication.   • La honte inflige une fois de plus l’homme :   • Quand il comprend que « le platonisme industriel » (70) concerne les objets, pas lui.


6./ LE RECOURS A « L’ICONOMANIE »

a) « L’iconomanie » (75) :   • Prolifération invraisemblable et inédite d’images    • Ces images permettent à l’homme de se fabriquer des pièces de rechange   • Qui règlent son caractère périssable.

b) La photo de soi-même :   • Elle permet d’accéder à la reproduction de soi au même titre que les objets.

c) Limité et mortel dans sa vie singulière   • Illimité et immortel tant que les photographies le dupliquent.

d) Les stars :   • Photographiquement dupliquées à l’infini   • Deviennent des modèles pour un grand nombre   • Elles semblent disposer d’autant de vies que de reproductions photographiques   • Ces modèles entrent « dans la sphère des produits de série que nous reconnaissons comme ontologiquement supérieurs. C’est parce qu’ils réalisent triomphalement notre rêve d’être pareils aux choses, c’est parce qu’ils sont des parvenus qui ont réussi à s’intégrer au monde des produits, que nous en faisons des divinités » (76).

e) Comme le vernis à ongles,   • La star est un produit de masse diffusé selon les mêmes logiques   • Grâce à la publicité, la star est une marchandise comme la marchandise est une star   • Stars et marchandises se survivent après leur disparition.


7./ LE JAZZ, MUSIQUE DE MACHINES

a) La machine nous sert de modèle :   • Nous voulons devenir des machines.

b) Le jazz : musique machinale qui entre dans notre corps   • Le jazz est « la musique sur laquelle dansent les hommes de la révolution industrielle » (103).

c) Echo lointain aux tambours de la forêt vierge, des déserts, de la musique Nègre   • Trace de vie primitive et du désir sexuel impérieux.

d) Elle est surtout musique de machines :   • Elle dit « l’obsession précise d’une presse qui découpe, impassible et méticuleuse, le glissando de l’animalité en morceaux toujours identiques » (103).   • Musiques identiques, impersonnelles, automatiques.

e) Avec le jazz, la machine liquide la sexualité   • Il puise dans les machines la violence et l’énergie dont il a besoin   • Il transforme l’énergie animale en énergie mécanique.

f) Le temps disparaît dans cette musique :   • Elle ne connait que « la fureur de la répétition » (104).   • Exactement comme les machines.

g) La syncope est son principe, sur le mode de la ritournelle   • De même : les breaks suspendent l’orgie   • Ils assomment le danseur qui semble la victime d’un accident du travail…   • La mise hors-circuit qu’obtient le break prouve qu’on est bien pièce de machine   • C’est le point d’acmé de l’union avec la machine   • Le jazz : les coups de boutoir de la machine qui pénètre inlassablement les corps   • Chaque mesure est répétition   • Réitération de cet envahissement mécanique et machinique du corps transformé en machine.

h) Danser sur cette musique c’est faire triompher la machine.   • Actualiser la réfutation de son corps   • Contribuer à sa réification.

i) Il s’agit de « la religion de l’industrie » (104) :   • Orgies dans les boîtes de Harlem   • N’ayant plus rien à voir avec le divertissement   • « Ce sont des danses sacrificielles extatiques ou, pour mieux dire, des danses sacrificielles extatiques dédiées au Bal de la machine » (104).   • Les hommes sortent d’eux-mêmes pour s’unir au dieu des machines   • « C’est le culte industriel de Dionysos » (104).

j) Pendant ces danses, les humains perdent leur visage   • Preuve qu’ils sont devenus des machines   • Plus d’expressivité   • Tête baissée   • Visages dissimulés   • Visages impassibles, inexpressifs, glacés   • Visage devenu « un résidu, une pièce obsolète » (106).   • On le porte parce qu’on a pu le laisser au vestiaire   • Un genre de nouvelle honte surgit : la honte d’avoir un visage.   • « La honte d’être condamné à toujours porter ce stigmate d’individualité comme un legs oublié » (106).

k) Convient qu’il exagère peut-être…   • Mais il maintient que le visage s’efface sur la piste de danse   • Idem dans l’art contemporain : disparition du visage   • Fin du visage et avènement des machines coïncident.

l) Revient au jazz   • S’étonne qu’on puisse la prendre pour une musique sérieuse   • Trop peu sérieuse pour être exécutée dans une salle de concert   • La musique classique épargne le centre de l’auditeur,   • Pas le jazz qui modifie en profondeur l’éthos de façon durable et toxique  « Rien n’est plus sérieux, rien n’est plus lourd de conséquence, plus dangereux, plus destructeur que l’effet produit par cette musique qu’on se plaît à dire légère » (107).    • Le jazz impose à l’auditeur sa transformation en machine  « L’identité avec la machine est obtenue par la violence d’un rituel extatique » (108).   • Quand il danse l’homme dit qu’il ne veut pas mourir et devient une machine.


8./ LE MONDE COMME FANTOME

a) Chapitre : Le monde comme fantôme et comme matrice. Considérations philosophiques sur la radio et la télévision

b) Contre ceux qui lui reprocheraient de généraliser   • Et qui diraient que seul l’usage de la télévision pose problème   • Pas la télévision elle-même

c) Les hommes n’ont pas le choix de disposer librement de la technique   • C’est elle qui dispose d’eux

d) La télévision nous propose des images d’un réel   • Que nous ne vivons pas directement   • Nous y participons par l’image   • Qui entre chez nous, dans l’intimité de notre domicile   • Nous la consommons comme un produit   • Nous consommons collectivement des marchandises stéréotypées   • Produites en masse pour les foyers.

e) La télévision n’est pas un moyen au service d’une fin   • Mais un instrument particulier   • Qui nous détermine à être et à penser, puis agir d’une manière particulière

f) Günther Anders propose cette analyse à ceux qui se sont déjà demandé après avoir regardé une émission : « Qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-on en train de me faire ? » (119).

g) Jadis, au cinéma, les gens se déplaçaient pour consommer une marchandise   • Perpétuation du théâtre

h) Désormais plus besoin d’aller à la marchandise   • Elle vient vers nous   • Dans nos foyers   • Et pour des millions de gens   • On consomme des produits de masse en famille, ou seul.

i) Naissance de « l’ermite de masse »   • Un spécimen dupliqué en très grande quantité  « Ils sont assis à des millions d’exemplaires séparés mais pourtant identiques, enfermés dans leurs cages tels des ermites, non pas pour fuir le monde, mais plutôt pour ne jamais, jamais manquer la moindre bribe du monde en effigie » (121).

j) Les téléspectateurs ont payé leur récepteur   • Victimes consentantes de leur endoctrinement   • L’homme se transforme en homme des masses   • Consommant les loisirs de masse qu’on lui propose  « Il paie pour se vendre. Sa propre servitude, celle-là même qu’il contribue à produire, il doit l’acquérir en l’achetant puisqu’elle est, elle aussi, devenue une marchandise » (122).

k) Le consommateur devient un collaborateur de la production

l) Plus besoin d’endoctriner les masses comme Hitler   • La liberté de la personne et les droits de l’individu semblent conservés   • Alors que l’individu est totalement soumis, aliéné   • Par un processus de conditionnement auquel il donne son aval   • La tyrannie arrive au domicile   • Et les gens lui ouvrent la porte   • Et l’accueillent avec plaisir   • Servitude volontaire.


9./ UN INSTRUMENT DE DESTRUCTION MASSIVE

a) Télévision et radio nient la vie familiale   • La famille est transformée en public miniature   • Elle est niée sous prétexte d’être reconstituée autour du poste   • Fin des conversations intimes et privées :  - Sur la vie quotidienne, le travail, l’école, les voisins, l’école des enfants, les camarades, les projets de loisirs, de vacances,  - La transmission des valeurs  - Celle des mémoires familiales   • La vie extérieure s’impose dans la maison

b) Abrutissement silencieux de chacun devant l’écran   • Sidération du regard dans le vide à l’écoute de la radio.

c) La famille devient fantomatique   • Pendant que la fiction de l’extérieur prend toute la place   • Et devient la réalité elle-même   • Le foyer contient le monde extérieur  « La télévision a liquidé le peu de vie communautaire et d’atmosphère familiale qui subsistait dans les pays les plus standardisés » (124).

d) Dès que la télévision entre dans le foyer   • Les fantômes triomphent de la réalité

e) La table fut jadis le centre symbolique et concret de la vie de famille   • Elle laisse place à la télévision   • Qui remplace la table comme point de convergence de la famille   • Ce meuble assure d’un point de fuite commun de la famille   • La télévision aspire les personnes dans un monde irréel, fantastique, fantomatique   • Présenté comme réel et concret.

f) La table concentrait regards, conversations, gestes, paroles, mouvements, conversations   • Elle agissait de manière centrifuge   • Les gens étaient assis autour d’elle   • Les uns en face des autres.

g) La télévision : chaises placées face à elles   • Elle interdit la parole et sa libre circulation   • Le côte-à-côte laisse place à la juxtaposition   • La télévision détruit la communauté   • En supprimant la parole entre les membres d’une même famille   • La télévision détruit la possibilité du langage   • Elle atteint notre capacité à l’expression.


10./ UNE VOIX QUI S’IMPOSE

a) Dans la relation avec la radio   • C’est la tierce personne qui importe   • Voix sans visage qui prescrit aux auditeurs « ce qu’ils doivent ressentir et comment ils doivent le ressentir, ce qu’ils doivent faire et comment ils doivent le faire pour se conformer à l’ordre du jour… et de la nuit » (126).   • Celui qui écoute s’occupe de celui qui s’occupe de lui.

b) Même quand les humains se parlent en écoutant la radio   • La voix continue à parler même dans le vide   • Elle donne l’impression qu’elle survivra à tout, même à la mort.

c) La parole cesse d’être ce qui se prononce pour devenir ce qui s’écoute   • Elle devient ce qui se reçoit passivement   • Et non ce qui s’émet activement.

d) Au sens étymologique :   • L’auditeur est un enfant : celui qui ne parle pas.

e) Advient alors une civilisation qui se construit sur la privation du Logos   • Conséquences terribles : « Elle produira un type d’homme qui, parce qu’il ne parle plus lui-même, n’a plus rien à dire ; un type d’homme qui, parce qu’il se contente d’écouter, n’est qu’un serf » (128).

f) La langue devient plus faible, plus pauvre, moins précise, plus grossière   • Son appauvrissement croit   • De même que le téléphone a tué la correspondance privé   • La parole en flux radiodiffusé ou télévisé détruit la capacité à la conversation   • A un usage précis, clair, logique, rigoureux de la langue   • Quand on découvre des correspondances du XIX° siècle   • Elles nous semblent « des chefs d’oeuvre d’attention et de justesse » (128) même si elles émanent de personnes de culture moyenne.

g) La subtilité de l’expression disparaissant   • C’est la subtilité de l’homme qui disparaît   • Sa vie devient plus grossière, plus pauvre, moins subtile.   • Car l’homme produit moins le langage qu’il n’en est un produit.

h) « L’homme est articulé comme lui-même il articule, et se désarticule quand il cesse d’articuler » (128).


BIBLIOGRAPHIE :

• Günther Anders, L'obsolescence de l'homme, Tome 1 & tome 2, Fario

• Günther Anders, Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger, Sens & Tonka

• Philippe Arjakovsky, François Fédier, Hadrien France-Lanord, Dictionnaire Martin Heidegger, Cerf

 


21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 23:03

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

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20/ LES QUESTIONS ET LES REPONSES DES AUDITEURS  4/4 - 22.08.2014

 

 

 

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS  !
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Réactions
  • « Onfray se fait des copains sur France Culture ! » par Alberto, Agora Vox, 22.08.2014

"M.O., répondait donc aux questions des auditeurs et la première arrivait sous la forme d'un missile furtif : « pour vous avoir entendu peut-on en conclure que nous ne sommes ni en démocratie, ni en dictature, mais en « démocrature », …

C'est à partir de cette question que M.O. C'est lancé dans une critique, d'autant plus acide que fondée, du régime sous lequel nous sommes soumis depuis une quarantaine d'années ! 

Tout le monde reçu sa part et ressorti chaudement vêtu pour les temps froids à venir : les présidents et ex-présidents de la République, les politiciens, sénateurs et députés, les journalistes qui tordent l'info, les président de chaînes radio-TV, mais aussi nous, le peuple, le populo-électeur qui se laisse annihiler sans réaction par ce parfum anesthésiant de pseudo démocratie que nous diffusent des médias aux ordres d'une pensée unique établie pour le plus grand profit des grands rapaces. 

Ce thème de la Politique menée à l'encontre des désirs du Peuple maintes fois repris ici par des rédacteurs d'AgoraVox ainsi que dans nombre de commentaires ne les surprendra sans doute pas, mais pourra les conforter d'entendre la voix forte de Michel Onfray, après d'autres comme celle d'Etienne Chouart, par exemple, plaider pour la rédaction d'une nouvelle constitution et l'établissement d'une VIème République.

Noter au passage l'erreur qu'aurait comise le général De Gaulle qui aurait mieux fait d'instituer une constitution de forme « racinienne » prenant en compte la réalité les hommes tels qu'ils sont, plutôt que celle qu'il institua de forme « cornélienne » espérant servir des hommes tels q'ils devraient être."

 

  •  « Michel Onfray; l’homme providencel » par Laurent - minded.fr - 23.08.2014

"Et si il vous arrive par hasard de tomber sur cet article, j’ai une question pour vous. 

Vous n’êtes pas la seule personne de bon sens (j’en ai découvert ici et là sur les ondes radiophoniques) mais je ne doute pas que vous saurez y répondre.

Pour quelle raison lorsque l’on sait ce qu’il faut faire pour améliorer la condition humaine, on ne peut pas la mettre en oeuvre ?

Comment se fédérer par le bas, renverser la démocratie et construire un autre modèle plus juste. Comment faire cela, concrètement?

Pourquoi ne prendriez-vous pas, le destin de la France ?"

 

 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

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