Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 23:49

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

__________________

 

19) « GÜNTHER ANDERS, « SEMEUR DE PANIQUE » » - 21.08.2014

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

 

SYNOPSIS    

1./ UN SEMEUR DE PANIQUE

a) Günther Anders (1902-1992)

b) Arendt = totalitarisme, banalité du mal   • D’où : lutte antitotalitaire

c) Jonas = Principe responsabilité, heuristique de la peur   • D’où : principe de précaution.

d) Anders :  L’obsolescence de l’homme    • Volume 1 : Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle (1956)    • Volume 2 : Sur la destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle (1980)   • Ecrit entre 1955 et 1979.   • Volume 3 : prévu, mais interrompu par la mort.

 

2./ UN PHILOSOPHE PILLE

a) Guy Debord

b) Sartre :   • Avoue au Tribunal Russell sur le Viêt-Nam (1967) que son premier texte l’a influencé.

c) Gorz a été influencé par Pathologie de la liberté (1946)

d) Deleuze le cite dans Logique du sens   • Publie en 1990 un article marqué par la pensée de Günther Anders sur les sociétés de contrôle

e) Levinas : traduit son premier texte pour une revue française

f) Günther Anders récuse le terme de philosophe   • Se veut « semeur de panique » (92).   • Le dit dans Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ?    • Diogène de l’ère post-nucléaire   • Critique : technologie, médias, cinéma, mode, stars, publicité, loisirs, sport, culture de masse, images, société de consommation, radio, télévision    • Et toutes formes de l’aliénation.

 

3./ ENFANCE ET JEUNESSE

a) Günther Siegmund Stern, vrai nom de Günther Anders.   • Famille juive allemande   • Naissance le 12 juillet 1902 à Breslau, aujourd’hui Wrocław en Pologne   • Grand-père juif intégré : publie de gros livres sur l’histoire de l’Allemagne

Guenther-Anders-rauchendb) Parents :   • Clara et Wilhelm Stern, psychologues de l’enfance   • Père : prof d’université   • Auteur de nombreux livres   • Pose les bases de ce qui deviendra le QI   • Psychologie de la petite enfance (1914)   • Co-fondateur de l’université de Hambourg   • Dirige l’institut de psychologie en 1915.   • Parents pas freudiens   • Avec ses deux frères, Günther Anders est un objet d’étude pour ses parents   • La mère tient un journal   • Projet expérimental et non métapsychologique.

c) Pendant la 1ère guerre mondiale (15 ans) :   • Enrôlé de force dans une association paramilitaire scolaire   • Rimogne dans les Ardennes, près de Charleville.   • Sous prétexte de récolter les cultures, les détruisent.   • Voit des soldats blessés, mutilés, handicapés.   • Les soldats allemands humilient la population française.   • A la gare : file d’attente de soldats culs de jatte : « Quand on voit un tel spectacle alors qu’on sort d’une famille paisible, il est tout simplement impossible de ne pas devenir un moraliste » (28).

d) Ses compagnons de chambrée découvrent qu’il est juif.   • Mauvais traitements   • Günther Anders parle de « tortures » : « On m’a fait à l’époque beaucoup des choses qu’on a faites à des centaines de milliers de gens, seize ans plus tard. J’ai été un ‘avant-gardiste de la souffrance’. Pas étonnant que je sois tombé malade et que j’aie atterri à l’hôpital militaire » - Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ? (27).

e) A l’hôpital : sympathise avec un garçon français   • Orphelin, fils d’un père franc-tireur abattu par les allemands   • Se parlent en latin   • Scellent un pacte d’amitié dans le sang   • Fondent « Europeam Unitam » (28)   • Peignent une carte de l’Europe en blanc sans frontières   • Vont faire soigner leurs mains entaillées   • Informée du projet, l’infirmière y souscrit.   • « C’est cette expérience qui a fait de moi un moraliste » (29).

f) Années 20 : séminaire d’étude sur Mein Kampf   • Dans sa chambre à Berlin – avec Arendt.

 

4./ FORMATION PHILOSOPHIQUE

a) Entre 19 ans (1921) et 24 ans (1926) suit les cours de Husserl.   • Qui devient son directeur de thèse.   • Sujet : Le rôle de la catégorie de situation dans les énoncés logiques.

b) Longues promenades chaque semaine   • « Pour être franc, c’était le philosophe le moins cultivé en histoire de la philosophie que j’aie jamais rencontré » (Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ?, 21).

c) Conviennent que Günther Anders ne sera pas interrogé sur l’histoire de la philosophie   • Soutenance en 1924 (22 ans)   • Dans son appartement Edmond Husserl l’interroge sur l’histoire de la philosophie  - De Cuse, Fichte   • La femme de Edmond Husserl avait obtenu ceci   • Car la femme de Edmond Husserl convenait qu’il était « un virtuose en analyse phénoménologique » (25).

d) Edmond Husserl demande à Günther Anders qu’il devienne son secrétaire – il refuse

e) 1925 : séminaire de Heidegger (Marbourg) avec Jonas et Arendt   • Sur La Logique de Hegel et la Critique de la raison pure de Kant : « Je me suis trouvé pendant trois, quatre ans, sous l’emprise de son charme démoniaque » (Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ?, 14).

f) 1926 : assistant de Max Scheler.

g) 1927 : premier livre : Sur l’Avoir. Sept chapitres sur l’ontologie de la connaissance,   • Un recueil d’essais phénoménologiques.

 

5./ ANDERS/ARENDT

a) Janvier 1927 : bal costumé à Berlin au Musée d’ethnologie   • Groupe marxiste qui lève des fonds pour coupleharendtandersune revue   • Rencontre Anders / Arendt (en favorite du harem…)   • La bataille des cerises (1975) : « J’ai conquis Hannah Arendt au bal, avec la remarque faite en dansant que l’amour est un acte par lequel on transforme quelque chose d’a posteriori, l’autre rencontré par hasard, en un a priori de sa propre vie – belle formule qui, certes, ne s’est pas confirmée »

b) Le mois suivant, s’installent ensemble   • Elle travaille sur le romantisme allemand   • Il l’aide à effacer l’heideggerianisme dans son style   • Vient dans un studio qu’ils libèrent le jour pour des cours de danse   • Ecrivent des articles en commun   • Cosignent un texte sur Rilke   • Elle dit de lui qu’il est doux et gentil   • 9 mois de concubinage   • Mariage civil.

c) Arendt à Heidegger :   • « Ne m’oublie pas, et n’oublie pas non plus combien je sais en profondeur que notre amour est devenu la bénédiction de ma vie. Ce savoir est inébranlable, aujourd’hui encore où j’ai trouvé une terre natale et une appartenance, loin de mon agitation perpétuelle, auprès d’un homme, dont tu le comprendras peut-être le moins qu’il soit ».   • Un an après le mariage :  - Elle entretient Heidegger de la « continuité de notre – laisse-moi dire je t’en prie  - amour ». - Dans une autre lettre, au même, elle dit ceci :  - « J’étais fermement résolue, en partant de Marbourg, à ne plus jamais aimer un homme, et pourtant je me suis encore mariée ensuite, peu importait avec qui en quelque sorte, sans aimer ».

 

6./ CARRIERE

a) Günther Anders essaie d’obtenir son habilitation avec un travail effectué avec Paul Tillich   • Recherches philosophiques sur les situations musicales.

b) Günther Anders joue du piano et du violon   • De gauche, mais critique du marxisme   • Les philosophes de l’Ecole de Francfort sont marxistes   • Adorno refuse l’habilitation   • Horkheimer souhaitait qu’Adorno n’ait pas de concurrent en esthétique musicale.

c) 1929 : L’étrangeté de l’homme au monde   • Conférence à la Société Kant de Francfort.   • Paraît dans Recherches philosophiques   • Avec pour titre : Pathologie de la liberté.

d) 30 ans plus tard, Sartre que « le texte n’a pas été tout à fait étranger à l’élaboration de son existentialisme » (Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ?, 51).   • Sartre refuse la publication en deux parties dans Les temps modernes de L’obsolescence de l’homme en novembre 1954.

e) Philosophe, poète, romancier, essayiste, musicien, peintre.

 

7./ UNE PHILOSOPHE NOMME « AUTREMENT »

a) Günther Anders cherche du travail   • Brecht lui trouve une place dans un journal de Berlin.

b) Ecrit trop d’articles :   • « Aussi bien les viols d’enfants qu’un colloque sur Hegel ou une nouvelle policière » (36).

c) Le rédacteur en chef le lui reproche   • Reproche aussi le nom juif   • A quoi il répond :   • « Eh bien ! Vous n’avez qu’à m’appeler aussi autrement » - autrement, Anders en allemand,

d) Commence un grand roman antifasciste :   • Les Catacombes de Molussie sous-titré Pédagogie du mensonge.

 

8./ NAZISME ET VIE PARISIENNE

Guenther-Anders-im-Exila) Mars 33, après l’incendie du Reichstag, quitte l’Allemagne pour la France   • La Gestapo avait confisqué le carnet d’adresses de Brecht   • Craignait une descente dans les milieux de la gauche berlinoise

b) Confie la manuscrit de son roman à des amis berlinois   • Dans la cheminée à côté des jambons   • Quand Hannah Arendt lui rapporte son manuscrit à Paris, il dit : « Je me servais du manuscrit comme d’une sauce aromatique, en quelque sorte : je le humais en mangeant ma baguette ».

c) A Paris il habite 3 ans au 65 rue des Saint-Pères   • Il y retrouve son cousin Benjamin   • Côtoie Zweig, Döblin dans les cafés du VI° arrondissement   • Donne une conférence sur Kafka à l’Institut Germanique Rue Racine   • Matière première de Kafka pour et contre   • Exposé sur la peinture des fous en plusieurs séances   • Entre le 11 et le 30 janvier 1934 à la Librairie-galerie de la Pléiade.   • Guide au Musée du Louvre en même temps.

d) Arendt le rejoint à Paris à l’automne   • Assistent au cours de Kojève à l’EPHE (Ecole Pratique des Hautes Etudes)   • Côtoient Koyré,   • Et Wahl qui s’occupe de Recherches Philosophiques   • Dans laquelle Günther Anders publie des recensions   • Levinas y traduit son Une interprétation de l’a posteriori   • Ne côtoie pas Sartre qui fonctionne en meute   • 1936 : Prix de la Nouvelle de l’Emigration pour La marche des affamés   • Gide et Thomas Mann font partie du jury.

e) Juin 1936 quitte Paris pour les Etats-Unis   • Relation dégradées avec Arendt   • Elle défend le sionisme, lui, le marxisme   • Rapports intimes terminés depuis 1933   • Divorce en 1937   • Restent amis   • Même si Arendt s’avère sévère sur Günther Anders dans sa correspondance :  - Égotiste, mégalomane, obsédé par le succès, en dehors de la réalité, aigri…

 

9./ EXIL AMERICAIN

a) New-York   • Puis Los Angeles (Californie) où son père a une chaire de professeur   • Devient répétiteur pour la fille d’un compositeur à succès de Brooklyn   • Ouvrier d’usine   • Plongeur   • Homme de ménage   • Cireur de bottes SS dans un magasin d’accessoires au cinéma à l’Hollywood Custom Palace.   • Ecrit un scénario pour Chaplin – qui ne répond pas

Guenther-Anders-NewYork-1945b) Commence un journal   • Paraîtra sous le titre Journaux de l’exil et du retour   • Dans un chapitre intitulé Préparateurs des cadavres de l’histoire :  - Pense le décor, l’artifice, le faux, le vrai, le faux vrai, le vrai faux, la réalité, la fiction

c) Vit un temps dans la maison de Marcuse à San Diego   • Nombre de thèses de Günther Anders dans L’homme unidimensionnel   • Qui devient un succès planétaire   • Günther Anders en prend ombrage

d) Rencontre Charlotte Zelka, jeune pianiste prodige de 10 ans (28 ans)   • Il l’épouse en 1957,   • Elle le quitte en 1972, rentre aux USA, meurt d’un cancer du poumon en 2001.

e) Séminaire sur le besoin à l’Institut de la Recherche Sociale   • Avec Marcuse, Adorno, Horkheimer, Brecht, Eisler   • Ces philosophes professionnels institutionnels le méprisent   • Il refuse la philosophie institutionnelle, verbeuse, ésotérique, inutilement conceptuelle   • Dans Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ? : « Il me semblait qu’écrire des textes sur la philosophie morale que seuls pourraient lire et comprendre des collègues universitaires était dénué de sens, grotesque, voire immoral. Aussi dénué de sens que si un boulanger ne faisait ses petits pains que pour d’autres boulangers » (33).

f) 1942, il travaille à l’Office for War Information   • Quitte très vite : « J’ai rarement provoqué une surprise aussi grande que lorsque j’ai expliqué à mon boss que je n’étais pas venu en Amérique, après avoir fui le fascisme, pour y fabriquer maintenant des brochures américaines fascistes destinées à l’Allemagne » (55).

g) Questionnaire politique fouillé des autorités américaines   • Entre à la New School for Social Research comme simple lecteur    • Cours d’esthétique :  - Sur les lieder de Schubert avec phono dans la salle  - Sur la peinture de Rembrandt   • Certains élèves n’aiment pas ses cours car « ils potassaient le sexe, je veux dire qu’ils s’étaient inscrits en psychanalyse, le vocabulaire freudien leur était familier avant même qu’ils aient murmuré un seul mot d’amour. La première étudiante qui prit la parole après mon interprétation de Rembrandt - elle dut à cet effet retirer son chewing-gum de la bouche et le coller sous son pupitre - me demanda d’un ton plein de reproches pourquoi je n’avais pas parlé du complexe d’OEdipe de Rembrandt. Et lorsque j’abordai Schubert, la même question revint » (Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ?, 58).   • Si toutes les questions n’avaient qu’une seule réponse aussi simpliste   • Pas besoin de poursuivre le cours…

 

10./ RELATION A HEIDEGGER

a) Au départ, la relation à Heidegger n’est pas hostile   • Printemps 1925   • Pendaison de crémaillère à la hutte dans les bois à 25 kms de Fribourg   • Maison offerte par sa femme à Todtnauberg   • Joute au poirier…   • Anders tient 5 minutes   • Heidegger s’énerve qu’un élève juif, des villes, brun batte ses congénères aryens, blonds, des campagnes   • Le lendemain, tout le monde descend vers Fribourg en courant   • Günther Anders tient la main de madame Heidegger   • Elle lui propose alors d’adhérer au Parti Nazi   • « Regardez-moi donc ! Et vous verrez que je suis de ceux que vous voulez exclure » (Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ? 20).   • Anders voit dans cette anecdote « la preuve de l’incroyable manque d’instinct des nationaux-socialistes » (19)…

b) Discussion en 1926 ou 1927   • Echange violent sur l’enracinement, le voyage, le sédentaire, le nomade   • Günther Anders lui reproche d’avoir traité des rapports entre être et temps  - Et non entre être et espace   • Heidegger un exemple de cet enracinement  - N’aimait ni les villes ni les voyages  - N’a jamais quitté sa région natale   • Günther Anders met en avant ses expériences de voyageur : « J’avais la bougeotte à l’époque, je souffrais de n’être toujours qu’ici et pas là-bas. J’ai d’ailleurs pas mal roulé ma bosse à ce moment-là, je me suis embarqué pour l’Angleterre en me faisant passer pour le médecin de bord, j’ai traversé le Sud de la France à pied – bref : je lui faisais le reproche d’avoir laissé de côté chez l’homme sa dimension de nomade, de voyageur, de cosmopolite, de n’avoir en fait représenté l’existence humaine que comme végétale, comme l’existence d’un être qui serait enraciné à un endroit et ne le quitterait pas » (18).

c) 1948 : fait paraître dans une revue universitaire américaine :   • Sur la pseudo concrétude de la philosophie de Heidegger   • Déconstruit la proposition ontologique :  - Heidegger se dit concret, oppose l’Etre aux étants   • Ne pense que le premier, pas les seconds   • L’ontologie congédie l’histoire  - Anders congédie l’ontologie pour réhabiliter l’histoire.

 

11./ APRES-GUERRE

a) Rentre en Europe en 1950   • Non pas l’Allemagne, refuse d’y mettre les pieds   • Mais l’Autriche   • S’installe à Vienne

Guenther-Anders2b) Bloch lui a réservé une chaire de philosophie   • Refuse au prétexte qu’habitué à penser et à philosopher librement, il « était allergique aux expressions stéréotypées de la philosophie scolaire » (61).   • Décline un poste de Professeur à l’Université Libre de Berlin en 1958.

c) Remarié à la viennoise Elisabeth Freundlich,   • Devient publiciste free-lance.   • Travaille pour la radio.   • Avec son épouse, traduisent des pièces de théâtre.

d) Homme libre, il a contre lui :   • Les antisémites parce qu’il est juif,   • Les universitaires parce qu’il n’est pas de leur sérail,   • La droite parce qu’il est de gauche   • La gauche parce qu’il n’est pas marxiste.

e) Dans Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j’y fasse ?  Anders distingue quatre moments dans son existence :   • La guerre 14-18   • L’arrivée de Hitler au pouvoir   • Les camps de concentration   • Hiroshima.

f) Hiroshima radicalise sa pensée   • Mars 1987 dans Une contestation non-violente est-elle suffisante ?   • Publié dans un magazine autrichien Forum   • Répond à un journaliste sur les moyens d’empêcher la disparition de l’humanité : « Si nous voulons assurer la survie de notre génération et celle des générations futures (…), il n’y a pas d’alternative ; il n’y a pas d’autre moyen que d’informer clairement ceux qui persistent à mettre en danger la vie sur terre par leur utilisation de l’atome - peu importe qu’elle soit « guerrière » ou « pacifique » - et continuent à refuser systématiquement tout pourparlers en vue d’y mettre un terme, qu’ils vont désormais tous autant qu’ils sont devoir se considérer comme notre cible. C’est pourquoi je déclare avec douleur mais détermination que nous n’hésiterons pas à tuer les hommes qui, par manque d’imagination ou de coeur, n’hésitent pas à mettre l’humanité en danger et à se rendre ainsi coupables de crimes contre elle » (Günther Anders, Agir pour repousser la fin du monde, 221).

g) Devant la menace :   • Arendt alertait, inquiétait, avertissait, prévenait   • Jonas menaçait, effrayait, angoissait, terrifiait   • Anders invite à tuer…

h) Comment en est-on arrivé là ?

 

12./ UN VOYAGE A AUSCHWITZ

a) D’abord l’expérience de Charleville :   1. Saccage des récoltes françaises   2. Sévices de ses « camarades » parce qu’il est juif   3. Spectacle des culs-de-jatte dans la gare et des mutilations

b) Ensuite l’arrivée d’Hitler au pouvoir   1. Nocivité de Mein Kampf   2. Incendie du Reichstag   3. Persécutions, rafles, pleins pouvoirs à la Gestapo   4. Exil européen puis américain.

c) Enfin : camps de concentration   • Été 66, visite Auschwitz et Wroclaw / Breslau avec son épouse Charlotte Zelka   • « Je viens d’un lieu où en vérité j’étais destiné à mourir, à être tué et transformé en déchet »

d) Médite sur le cas d’Edith Stein   • Jeune juive allemande brillante   • Elève de Husserl et Scheler et du père d’Anders   • Première femme à obtenir une thèse de philosophie en Allemagne :  - Sur le problème de l’empathie, sous la direction de Husserl.   • Ecrit nombre de livres de théologie et de philosophie   • Partie de l’athéisme se convertit au catholicisme en 1921   • Entre au carmel et devient Sœur Thérèse Bénédicte de la Croix   • Se fait gazer à Auschwitz en 1942   • Jean-Paul II la canonise en octobre 1998.   • Edith Stein avait dit qu’elle mourrait « pour son peuple »   • Elle avait écrit une lettre à Pie XI pour condamner l’idéologie raciale du national-socialisme   • Pie XII qui le remplacera sera très conciliant avec le nazisme – cf. Index.   • Günther Anders conclut que l’assimilationnisme n’était pas la solution.

 

13./ HIROSHIMA

a) Dernier séisme après : 14-18, Hitler, Auschwitz

b) Hiroshima : 6 août 1945   • Nagasaki : 9 août 1945.

Anders-hiroshimac) Dans les années 50, Günther Anders devient membre fondateur du Bureau Antinucléaire International   • 1956 : notoriété avec L’obsolescence de l’homme (54 ans)   • 1957 : dans une revue : Le commandements de l’ère atomique.   • 1958 : refuse encore un poste à l’Université Libre de Berlin-Ouest.   • Août 1958 : représente l’Allemagne au congrès de Tokyo contre l’armement  nucléaire   • Visite Hiroshima et Nagasaki   • 1959 : parution de son Journal de voyage : L’homme sur le pont

d) 1959 : début de sa correspondance avec Claude Eartherly (1918-1978)   • Claude Eartherly vit dans un hôpital psychiatrique   • Pilote de l’avion météo du largage sur Hiroshima  - Représentant de commerce, braqueur, escroc  - Plusieurs fois interné,  - Condamné à plusieurs reprises  - Deux tentatives de suicide  - Meurt en 1978 d’un cancer de la thyroïde…

e) Correspondance entre 1959 et 1961 (71 lettres)   • Titre : « Hors limite » pour la conscience   • Préfacé par Bertrand Russell

f) 1964 : Lettre ouverte au fils d’Eichmann

g) Combat l’oppression au Tiers-Monde   • 1967 : Russell, nonagénaire, fatigué, logicien, pacifiste, libertaire   • Le sollicite pour le Tribunal Russel   • Qui statue sur la responsabilité des Etats-Unis dans la déclaration de guerre au Viêt-Nam   • Et les crimes de guerre

h) 2 mai 1967 : Sartre préside la session à Stockholm   • De Gaulle ayant refusé que ce soit à Paris   • Sartre déclare le gouvernement américain « coupable d’avoir préféré, de préférer encore une politique d’agression et de guerre, visant au génocide total, à une politique de paix ».

i) Günther Anders publie le journal de cette expérience : L’inscription sur le mur.

 

CONCLUSION : LE DERNIER ANDERS

a) Publie beaucoup dans ses dernières années :   1. Des fables, La vue depuis la tour (1968)   2. Une réflexion sur les vols spatiaux dédiée à Ernst Bloch, La Vue depuis la lune (1970) .   3. Un recueil faisant suite à son voyage en Israël : Temps de la fin et fin des temps. Pensées sur la situation atomique (1972)   4. Un récit des années 1933 à 1978 qui remporte le prix de Littérature de l’Académie bavaroise des Beaux-Arts, Humoresques cosmologiques   5. Une défense de la série télévisée Holocauste : Visite dans l’Hadès (1979)   6. Le tome deux de L’obsolescence de l’homme (1980) qui obtient le Prix de la Ville de Vienne.   7. Homme sans monde (1984), (une expression heideggerienne), sur l’art et la littérature   8. Journaux et poésie (1985)   9. Aimer hier, sous-titré Notes pour une histoire du sentiment New-York (1947- 1949)   10. Mariette. Une histoire avant de s’endormir (1987)…

 

Guenther-Ander-mit-Manfred-Bissinger

 

b) Diogène des temps modernes   • Refuse deux fois d’intégrer l’université

c) Accepte des prix littéraires :   • Prix de la Littérature de Résistance de la ville de Omegna en Italie (1962)   • Prix de Littérature de l’Académie bavaroise des Beaux-Arts (1978)   • Prix de l’Etat autrichien pour publications culturelles (1979)   • Prix de la Ville de Vienne (1980)   • Prix Adorno de la ville de Francfort (1983).

d) En refuse d’autres :   • Le Prix Andreas-Gryphius qui rend hommage à un Silésien ayant « mérité du patrimoine culturel est-allemand ».   • Refuse le Doctorat Honoris Causa de l’université de Vienne en 1992.

e) Quitte la communauté Juive de Vienne en 1982   • Quand elle soutient l’entrée de Tsahal au sud Liban.

f) Quitte l’Académie de Berlin qui refuse une lecture des Versets Sataniques de Rushdie

g) Arendt meurt le 4 décembre 1975   • N’était plus son épouse depuis 38 années   • L’avait été 8 années entre 1929 et 1937.   • Avait épousé Blücher (1899-1970) en secondes noces   • Blücher laisse veuve Arendt 5 années.

h) Günther Anders a été marié trois fois   • La dernière avec une jeune femme de 18 ans sa cadette.

i) A l’annonce de la mort d’Arendt   • Prend le deuil comme s’il était resté son mari   • Jonas souligne le fait dans ses Souvenirs.   • Günther Anders survit 17 ans à Arendt

j) Meurt à Vienne le 17 décembre 1992 (90 ans)   • Des suites d’un cancer.

 

BIBLIOGRAPHIE :

• Günther Anders, Journaux de l'exil et du retour, Fage

• Günther Anders, Aimer hier, Fage

• Günther Anders, Et si je suis désespéré, que voulez vous que j'y fasse ? Allia

• Günther Anders, La bataille des cerises, dialogues avec Hannah Arendt, Rivages

• Daglind Sonolet, Günther Anders : phénoménologue de la technique, Presses

universitaires de Bordeaux.

 

 

 

19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 23:40

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

__________________

 

18) « UNE BIOETHIQUE CREATIONNISTE » - 20.08.2014

 

 

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !


SYNOPSIS 

 

1./ PENSER A CONTRE-COURANT

head-jonas-dessina) Jonas n’aime pas son époque :   • Trop faustienne, aventureuse, révolutionnaire, libertaire   • N’aime pas les grèves, la permissivité, la société des loisirs, la fin de l’autorité   • La revendication des droits contre le respect des lois.

b) Critique la fin du travail   • Et l’avènement du Violon d’Ingres pour chacun   • Le travail donne un sens à la vie   • Le loisir générera l’oisiveté   • Qui générera drogue, alcool, jeu, « frivolité sexuelle » (275)   • Excentricité, libertinage, excès   • Voire « éventuellement de la démence collective ».

c) Place l’intérêt général avant l’intérêt particulier.

d) Rétif aux potentialités bioéthiques   • Contre l’usage privé de la contraception, de la stérilisation, de l’avortement   • Contre les PMA en dehors du cadre familialiste, juridique, médical   • Contre toute expérimentation sur du vivant   • Contre les OGM   • Contre le clonage   • Contre les thérapies géniques   • Contre les greffes animales   • Contre l’acharnement thérapeutique   • Contre l’euthanasie   • Sur les positions d’un catholique conservateur.


2./ UNE ETHIQUE UTILITARISTE

a) L’art médical et la responsabilité humaine (1985).   • La technique est un pouvoir qui peut être mal utilisé :  - D’où la nécessité d’une éthique.

jonas - l'art médical...b) La technique n’est pas condamnée en tant que telle   • Mais relativement à ses usages.

c) Bons et mauvais usages de la contraception ou de l’avortement

d) Non à ce qui met en péril l’être et la durée de ce qui est   • Viser la vie et la survie de la planète

e) La technique :   • Dangereuse par ses succès, pas par ses échecs   • Grisé par ce qu’on obtient et qui réussit   • On en veut toujours plus   • Elle repousse les limites sur un terrain inconnu   • La technique veut le bien   • Mais à la longue échéance elle peut faire le mal   • Notre génération ne se soucie pas des générations futures   • Or elle influence l’être, le devenir, l’avenir de milliards de personnes dans les siècles à venir.


3./ ROMPRE AVEC L’ANTHROPOCENTRISME

a) L’homme n’est plus le centre ontologique et métaphysique du monde   • N’est pas la fin de toute chose à soi seul.

b) Jadis l’éthique concernait l’individu sans la biosphère   • Aujourd’hui : la biosphère avec l’homme   • Ce que peut l’homme contre l’homme atteint des sommets inédits   • Or pouvoir n’est pas devoir   • Nous ne devons que ce qui respecte l’être de la biosphère   • Utilitariste conséquentialiste.

c) Les engrais : bons ou mauvais ?   • Bons disait-on jadis :  - Augmentent les rendements de la production agricole  - Sur une planète surpeuplée  - La nature peut donc nourrir tout le monde   • Mauvais :  - Destruction des sous-sols  - Pollution des nappes phréatiques  - Ravage de la faune, de la flore  - Dévastation de l’équilibre écologique  - Ce qui visait un bien ponctuel et immédiat  - S’avère un mal considérable et durable.


4./ RUSE DE LA RAISON TECHNOLOGIQUE

a) La technique a permis :   • Recul de la mort   • maladies moins vite mortelles   • Augmentation de la durée de vie.

b) Conséquences :   • Augmentation de la population planétaire   • D’où exploitation de la planète    « Il est impensable, au plan éthique, que la technique biomédicale renonce à réduire la mortalité infantile dans les pays « sous-développés », qui ont des taux de natalité élevés, même si la misère due à la surpopulation pouvait être encore plus effrayante » (30).

c) Il faut soumettre la technique à un contrôle extra-technologique   • Ce qui est techniquement faisable est-il moralement possible ?   • Le philosophe doit contrôler.


5./ NAITRE OU NE PAS NAITRE ?

a) Le médecin doit considérer :   • La santé de son patient :  - Prévention, soin, guérison   • L’intérêt général et bien public :  - Communauté et collectivité

b) Avortement, stérilisation, contraception :   • Non pas restaurer une santé perdue  « La fécondité, la grossesse, la reproduction ne sont vraiment pas des maladies ; pourtant ils peuvent devenir des malheurs aussi bien privés que publics » (51).

c) Penser ces possibilités en regard de la collectivité.


A/. LA STERILISATION CHIRURGICALE

• Contredit le serment d’Hippocrate :   • Devoir de ne pas nuire   • Défendable « dans le cas limite d’une population en état d’extrême détresse et en aucun cas pour satisfaire une demande privée » (53).   • Non à la ligature des trompes et à la vasectomie   • Sauf dans des pays pauvres.


B/. L’AVORTEMENT

a) Parle de « foeticide »   • S’inscrit dans la perspective homicide, infanticide    « Caedere » = Crime   • Renvoie à « la responsabilité (qui) existe déjà pour la vie en germe » (54)

b) Avortement légitime :   • En cas d’enfant lourdement handicapé   • La mère ne décide pas   • Mais les médecins qui prennent en compte l’intérêt du foetus.


C/. LA CONTRACEPTION

a) « Même contre la « pilule » dont on peut dire que le médecin n’a qu’à veiller à son innocuité médicale, son utilisation étant pour le reste une affaire privée, même contre elle la responsabilité humaine peut objecter que son administration indifférenciée favorise le libertinage sexuel dans une société de toute façon hédoniste, et détache la sexualité de la reproduction et de l’amour » (54).   • Pas de contraception en cas de sexualité libre hors mariage, sentiment, famille et procréation

b) Refuser la contraception dans les pays riches   • L’imposer dans les pays pauvres.


D/. PMA, FECONDATION IN VITRO, TRANSFERT D’EMBRYON, TRI FOETAL, CLONAGE, THERAPIE GENIQUE

a) Aborde chacun de ces problèmes dans :    Biotechnologie. Une vision anticipatrice.

b) Exercices concrets d’heuristique de la peur.


E/. EUGENISME

a) L’eugénisme négatif, préventif :   • Eviter une maladie – diabète, hémophilie, épilepsie, schizophrénie   • Un « eugénisme préventif de la pitié » (199)

b) Le diabétique doit déjà sa vie à la technologie de l’insuline   • Doit déjà sa vie à la société   • Ne devrait-il pas renoncer de lui-même à procréer ?   • Dans l’intérêt de l’espèce    « Ceci est éthiquement correct au niveau individuel » (198).

c) L’épilepsie :   • Se priver de Dostoïevski ?    « Dans le fond, on ne devrait révéler le résultat du diagnostic prénatal en passant outre la force négative que dans le cas les plus extrêmes et les mieux compris seulement » (203).   • Les médecins taisent ce qui est bénin et disent ce que peuvent entendre les parents.

d) « L’eugénisme positif ou mélioriste » (203)   • Parle d’animaux dans les haras, de sélection des races   • Des humains : banque de sperme, d’ovules, insémination artificielle    « Que le diabète, l’épilepsie, la schizophrénie, l’hémophilie soient indésirables, pour ceux qui sont touchés comme pour leurs proches, ce n’est pas sujet à controverse. Mais ce qui est « mieux » - une tête froide ou un coeur chaleureux, une grande sensibilité ou une grande robustesse, un tempérament placide ou rebelle, et dans quelle proportion plutôt qu’une autre : qui doit déterminer cela, et en fonction de quelle connaissance ? La seule prétention à un tel savoir devrait être une raison suffisante pour disqualifier celui qui y prétend » (204).

e) Les gênes du coeur chaleureux ?

f) Récuse cet eugénisme :   • Appauvrit le stock génétique   • Met en péril la diversité prolixe de la nature.


F/. LE CLONAGE

a) Il pallie « la loterie de la reproduction bisexuelle avec ses risques imprévisibles de croisement entre séquences homologues et de recombinaison – ce qui garantit qu’il n’y ait pas deux individus semblables » (206).

b) Clonage duplication du Même ?

c) La personne clonée devrait « revivre une existence préalablement remplie » (212).   • Un individu cloné souffrirait « de l’antériorité d’un aîné qui a pourtant déjà démontré les potentialités de son être (tout au moins certaines d’entre elles) et a, de ce fait, anticipé leur authenticité pour lui » (213).    « C’est l’archétype du donneur connu qui lui dictera ses espérances, ses prédictions, ses espoirs et ses peurs, ses projets, ses comparaisons, ses critères de succès et d’échec, d’épanouissement de soi et de déception, pour tous ceux qui sont « au courant » - à la fois le clone et les témoins » (215).

d) Dans Puissance ou impuissance de la subjectivité (1981) :   • Jonas affirmait que nous sommes libres et responsables   • L’individu cloné ne le serait plus ?   • Il ne se déterminerait :  - Non pas dans la différenciation existentielle  - Mais dans la duplication existentielle ?   • Nous serions moins le produit de la liberté   • Que celui de nos gênes ?

e) « Peu importe (sic) que la réplication du génotype entraîne réellement (sic) la répétition du déroulement d’une vie : ce qui compte, c’est que le donneur a été choisi avec une telle idée, et que cette idée est tyrannique quant à ses effets » (215).   • Peu importe le réel   • Jonas postule que le clonage est mauvais   • Car « spolier délibérément un être humain en devenir de cette liberté est un crime inexpiable qui ne doit pas une seule fois être commis » (216).


G/. LE « CLONAGE THERAPEUTIQUE » ET « LA THERAPIE GENIQUE »

a) Une machine à fabriquer des monstres   • A produire des chimères qui supprimeront la nature humaine

b) Dans L’art médical et la responsabilité humaine   • Jonas oppose « la sagesse de la nature » (69) à « l’arrogance créatrice » (75).   • Sagesse de la nature ?  - Maladie, souffrance, douleur, cancer, mort d’enfant, épidémie, pandémie   • Arrogance créatrice ?  - Hygiène, asepsie, antisepsie, aspirine, pénicilline, transplantations, chirurgie ?

c) Jonas veut « dresser de nouveaux tabous » (76)   • Il souhaite « la crainte du sacré » (76).


H/. LE VIEILLISSEMENT

a) Faut-il travailler à « étendre la vie en général au-delà de la mesure naturelle » ? (59).   • Non   • Ni accélérer ce que veut la nature quand elle a décidé de la mort d’un être   • Ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie   • Deux modalités de « l’arrogance créatrice » (75).

b) La médecine peut :   • Remplacer des organes usés   • Greffer des tissus congelés pour remplacer les parties affectées par l’âge   • Ralentir le processus biologique de vieillissement.

c) le doit-elle ?   • Non   • On vieillirait la population   • On empêcherait le surgissement de la jeunesse   • On amoindrirait la vitalité de l’espèce   • On causerait des dommages irréparables à l’humanité.

d) La mort est un processus naturel pour que la vie fasse oeuvre de régénération.


I/. MOURIR

jonas-le-droit-de-mourrir.gifa) Aborde la question de l’euthanasie dans :    Le droit de mourir (1978)   • Dans La compassion à elle seule ne fonde aucune éthique. Euthanasie et éthique (1989).

b) Difficulté à penser cette question en Allemagne   • Place la question de l’euthanasie en relation avec Mengele dans les camps…

c) Nouveauté du droit à mourir :   • Jadis on mourait plus tôt    « Il constitue éventuellement, dans des cas extrêmes, une forme d’intervention justifiée, mais que je déconseillerais de façon pressante » (Une éthique pour la nature, 99).

d) Dans des cas irréversibles « laisser mourir » (101)   • Eviter l’acharnement thérapeutique   • Débrancher des machines lourdes.

e) Dans d’autres cas, non    « La décision de mort ne doit pas échoir au médecin, en tout cas on ne doit jamais lui en reconnaître le droit car cela mettrait en danger le rôle du médecin dans la société, et risquerait peut-être de l’anéantir (…). Un patient ne doit jamais devoir soupçonner que son médecin risque de devenir son bourreau » (101).   • Qui le pourrait, alors ?     « L’époux ou l’épouse aimante qui connaît les souffrances de son conjoint peut éventuellement abréger ses souffrances au risque d’une peine d’emprisonnement. Mais on ne peut mettre en place aucune norme à ce sujet. Je dis simplement qu’il s’agit là d’une possibilité offerte à l’amour et à la capacité de décision ainsi qu’à la bonne volonté de ces personnes. Mais c’est impossible à codifier » (101).   • Autrement dit : pas de loi sur l’euthanasie.   • Renvoyer « aux décisions solitaires de l’amour » (117).


CONCLUSION

UNE PENSEE JUIVE POST-NAZIE

a) Six mois avant Mai 68 : s’affirme créationniste    Dieu a créé le monde   • La science a détruit cette idée et laissé l’homme sans repères.

b) Le judaïsme peut nous sauver :   • « Le judaïsme doit assurément prendre position ici et ce faisant, il ne doit pas être effrayé de contester quelques unes des chères croyances de la modernité. Je vais donc me risquer à faire quelques commentaires juifs sur la situation de l’éthique contemporaine » (233).   • « Porter attention à notre tradition est une prescription juive nous orientant pas uniquement vers la sagesse humaine que nous pouvons y recueillir mais aussi vers la voix de la révélation que nous pouvons entendre à travers elle. Au moins, la modestie d’une telle écoute – une modestie largement justifiée par notre impuissance face aux fruits et aux usages de nos pouvoirs acquis - peut nous prémunir d’écarter imprudemment les opinions bibliques apparemment (sic) archaïques comme étant de la simple mythologie qui relève de l’enfance de l’homme et a été abandonnée lors de notre accession à la maturité » (236).

c) Hans Jonas invite à écouter « la voix de la révélation » (236).   •  L’Histoire n’a pas confirmé cette voie.


BIBLIOGRAPHIE :

• Hans Jonas,  - Le droit de mourir, Rivages poche  - Evolution et liberté, Rivages  - L'art médical et la responsabilité humaine, Cerf  - Entre le néant et l'éternité, Belin  - Puissance ou impuissance de la subjectivité ? Cerf  - Le phénomène de la vie, De Boeck  - Essais philosophiques. Du credo ancien à l'homme technologique, Vrin

• Michel Onfray, Féeries anatomiques, Grasset


18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 23:40

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »


__________________

 

 

17) « UNE TYRANNIE BIENVEILLANTE » - 19.08.2014

 

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

 

 

SYNOPSIS 

1./ LA PEUR ET LE CONSERVATEUR

hans jonasa) Avenir de l’homme et de la planète compromis.

b) Heuristique de la peur :   • Contre l’euthanasie :  - Prétention de la société à libérer un individu de sa souffrance = Société qui se libère et se soulage contre la personne malade.   • Les drogues utilisées pour contrôler les comportements ?  - Celui des écoliers dispensés ainsi de motivation individuelle.   • Domination psychique  - Par interventions sur les cerveaux avec électrodes ou chimie.   • Pacification des êtres  - Avec les mêmes méthodes.   • Production artificielle du bonheur ou du plaisir   • Optimisation des performances individuelles  - Intérêt des patrons pour rentabiliser le travail des ouvriers.

c) D’où « la suprême obligation de la conservation » (58).


2./ LA RESPONSABILITE CONTRE L’ESPERANCE

a) S’affirme « post-marxiste » (176).  Son rapport au marxisme :   • Critique :  - L’eschatologie  - La religion du progrès  - Le positivisme  - Le messianisme.   • Positif :  - Vertus de la dictature  - Seule capable de faire passer les mesures nécessaires.  - Frugalité et austérité.

b) Aristotélicien ou kantien sur le terrain éthique   • Machiavélien sur le terrain politique   • Assume la référence au Prince.


3./ CRITIQUE DU MARXISME

a) Le principe responsabilité (1979)   • Une réponse au Principe espérance (de 1954 à 1959) d’Ernst Bloch.

jonas-le_principe_responsabilite_.jpgb) Bloch : marxiste hétérodoxe   • Critique certaines thèses du bolchevisme   • Mais à partir de Hegel et de Marx.

c) L’esprit de l’utopie écrit entre 1915 et 1917.   • Remanié profondément en 1923.   • Critique l’existentialisme, le nihilisme, le rationalisme capitaliste   • Au nom d’un socialisme de type messianique.

d) Le principe espérance :   • Un genre d’encyclopédie philosophique baroque   • Volontairement décousue   • Dionysiaque   • Réactive l’utopie non comme impossibilité idéale définitive   • Mais comme le « non encore advenu » architectonique   • Principe actif et non théorétique   • Fournit un modèle à l’action   • L’espérance rend possible un monde meilleur.

e) Examine les utopies :   • Médicales, architecturales, sociales, techniques, géographiques, la peinture, l’opéra, la littérature, la philosophie, la musique, les religions.   • Marx : « la substance de l’espérance ».

f) Jonas est sévère avec Bloch :   • Son adversaire privilégié, sinon son ennemi intime.   • L’utopie : le risque majeur   • Bloch : « l’utopiste par excellence » (238).

g) S’emporte contre Bloch qui méprise le réformisme   • Et continue à laisser les gens mourir de faim   • Alors que la révolution permettrait l’abondance pour tous.

h) Fustige sa défense de l’engrais   • Pour solliciter la nature   • Et produire massivement   • Afin d’abolir la faim sur la planète.

i) Critique la fin de la séparation travail intellectuel / travail manuel.

j) Jonas ne cite pratiquement pas Bloch   • Mais le critique partout   • Notes en bas de page  « Ainsi vaut loi jusqu’à aujourd’hui que le marxisme, progressiste dès l’origine, né sous le signe du principe espérance et non sous celui du principe crainte est en fait non moins inféodé à l’idéal baconien que son antagonisme capitaliste, dont il est ici le concurrent : le rattraper et pour finir le dépasser dans ses fruits, récoltés grâce à la technique, était partout la loi qui commandait la volonté de sa réalisation. Bref, le marxisme est, d’après son origine, l’héritier de la révolution baconienne et il se comprend lui-même comme son exécuteur testamentaire prédestiné, meilleur (c’est-à- dire plus efficace) que ne le fut le capitalisme » (197).   • Bacon, Marx, Bloch, mêmes combats…


4./ CONTRE « L’UTOPISME »

a) Danger de l’utopie marxiste   • La technique ne peut réaliser le bonheur des hommes sur terre   • Avec une société d’abondance.

b) Utopisme : religion de l’espérance qui fait fi des hommes et de la nature.   • L’URSS ne croit pas au marxisme ontologiquement rousseauiste   • Changer la société ne change pas l’homme   • La preuve la fin du capitalisme en URSS n’a pas aboli les vices    « L’Etat socialiste lui-même n’y croit pas non plus, comme le montre la solidité de son système policier et de son système d’indicateurs » (216).   • Les vices ne sont pas des produits de la culture mais de la nature   • L’homme nouveau n’a pas eu lieu – un demi-siècle plus tard.

c) Le coût de l’utopie ?   • Les camps de rééducation   • Le Goulag   • Les famines organisées   • Les exécutions sommaires   • Les déportations   • La militarisation de la société   • La destruction de la vie privée   • La généralisation du totalitarisme   • La politique de la terreur   • Le contrôle policier étendu à tous les secteurs de la vie   • La pénurie alimentaire   • La destruction de la nature.

d) Les lois de l’histoire présentées par Marx sont fausses   • L’utopie tue les hommes et la planète.


5./ MARXISTE POUR LA FORME

a) Jonas n’est pas marxiste quand il considère les fins :   • Eschatologie,   • Messianisme,   • Société sans classe,   • Homme nouveau,   • Fin de l’exploitation,   • Réalisation du communisme.

b) Il l’est sur les moyens :   • Gouvernement fort   • Autorité   • Discipline   • Ordre   • Frugalité.

c) N’est pas contre le marxisme   • S’il s’affranchit de l’utopisme   • Il veut bien du marxisme, « à condition de réinterpréter son rôle, de celui qui apporte le salut en celui qui empêche le malheur, donc en renonçant à son souffle vital, l’utopie. Ce serait-là un « marxisme » très différent, devenu presque méconnaissable, jusque dans le principe de son organisation externe. L’idéal qui l’animait serait perdu (nous ne savons pas si la douleur de la perte serait salutaire ou non). La société sans classes n’occuperait plus alors la place de l’accomplissement d’un rêve de l’humanité, mais très prosaïquement celle d’une condition de conservation de l’humanité dans une époque de crise imminente » (197).

d) Est-ce encore le marxisme ?   • Jonas parle d’un « marxisme méconnaissable »

e) Est-ce le « post-marxisme » ?    « Peut-être un terme qui paraît encore audacieux et que beaucoup n’aiment certainement pas entendre » (176).   • Remplace la croyance dommageable à l’utopisme marxiste   • Par une foi dans le caractère martial efficace de la doctrine.


6./ ELOGE DE L’URSS

a) La fin écologiste justifie les moyens qui contreviennent aux droits de l’homme

b) Critique les gouvernements représentatifs   • Met en cause des principes et ses procédures ordinaires face au salut de la planète   • Les acteurs de cette démocratie sont dans l’ici et maintenant   • Ne se soucient que de leurs électeurs et de leurs réélections   • Impossibilité de faire primer l’intérêt général des générations futures  « L’avenir n’est représenté par aucun groupement, il n’est pas une force qu’on puisse jeter dans la balance. Ce qui n’existe pas n’a pas de lobby et ceux qui ne sont pas encore nés sont sans pouvoir : c’est pourquoi les comptes qu’on leur doit ne sont pas encore adossés à une réalité politique dans le processus actuel de décision et quand ils peuvent les réclamer nous, les responsables, nous ne sommes plus là » (44).   • Une éthique est nécessaire pour le futur   • Jonas écrit en 1979 (L’archipel du goulag est paru) :    « Puisque la tyrannie communiste existe déjà et qu’elle fournit pour ainsi dire une première, et pour l’heure une unique proposition, nous pouvons dire que du point de vue de la technique du pouvoir elle paraît être mieux capable de réaliser nos buts inconfortables que les possibilités qu’offre le complexe capitaliste-démocratique- libéral » (200).   • Mieux vaut Brejnev qu’Helmut Schmidt…


7./ DISCIPLINE, ASCESE, RENONCEMENT

a) Eloge de l’URSS qui peut prendre de bonnes décisions impopulaires   • Quoi qu’en pensent les citoyens

b) Contre l’électoralisme   • Et les débats qui n’en finissent pas dans des synthèses improbables .

c) Avantage du marxisme :   • Il a déjà formaté les masses à l’ascèse nécessaire   • Endurer les peines au présent au nom d’un avenir   • Nécessité de sacrifier la génération présente pour le bonheur de la génération à venir.

d) L’URSS promeut l’esprit de sacrifice   • Vante les mérites de la frugalité   • De la restriction.

e) le capitalisme vante les mérites de la jouissance immédiate   • De l’égoïsme immoral   • De la dépense sans conscience   • De la vie dans l’abondance    « Des traits ascétiques sont domiciliés dans la discipline socialiste per se : cela pourrait devenir de la plus haute utilité dans l’époque d’exigences et de renoncements âpres qui nous attend » (201).

f) Jonas invite à un programme drastique :   • Baisser son niveau de vie,   • Consommer moins,   • Répartir autrement les richesses de la planète,   • Réduire son confort,   • Travailler à la promotion de l’agrément des peuples les plus défavorisés   • Produire moins   • Imposer l’ascèse   • Renoncer à la prospérité   • Faire une croix sur l’abondance comme finalité   • Abolir l’hédonisme consumériste   • En finir avec l’égoïsme des sociétés industrialisées   • Sauver la planète qui ne pourra tenir longtemps si son exploitation continue ainsi.

g) Il s’agit d’obtenir « l’automodération de l’humanité » (202).  « Dans le cas du communisme un complot au sommet en vue du bien, une fois qu’il s’y serait établi, aurait pour lui toute la puissance de l’absolutisme et en plus celle, psychologique, de l’idéal prétexté » (203).

h) Utiliser une dictature pour lui faire réaliser le bien   • C’est croire qu’on peut réaliser un bon idéal avec des moyens mauvais   • Danger d’avoir le mauvais moyen et de ne pas réaliser les bonnes fins.


8./ L’IMPERATIF ECOLOGIQUE

a) Kantien dans le fond, machiavélien sur la forme

b) Les impératifs catégoriques de Jonas :   1. « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre ».   2. « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie ».   3. « Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie de l’humanité sur terre ».   4. « Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir » (30).

c) Se démarque de l’impératif catégorique kantien   • Qui n’interdisait pas qu’on veuille sa propre destruction :  - Rien, chez Kant, n’empêche qu’un homme qui préférerait « un bref feu d’artifice d’extrême accomplissement de soi-même à l’ennui d’une continuation indéfinie dans la médiocrité » (31) puisse vouloir la négativité.

d) Avec Jonas on peut risquer sa vie, mais pas celle de la planète   • Obligation à l’endroit de ce qui n’existe pas encore   • Cette éthique s’adresse moins à l’individu privé   • Qu’aux politiques publiques


9./ ETRE MORAL AVEC MACHIAVEL

a) Comment obtenir le consensus avec des gens à qui on propose le sacrifice ?   • Mettre au voix un programme d’ascèse et de frugalité ?

b) Jonas propose « une tyrannie bienveillante » (200).   • Insoucieuse des catégories droite / gauche   • L’idéologie ne doit plus faire la loi   • Que faire pour sauver la planète ?

c) « Là, un nouveau Machiavel pourrait devenir nécessaire, mais qui devrait exposer sa doctrine de manière rigoureusement ésotérique » (203).   • L’idéal ?   • Une conscience qui assumerait le fardeau de l’impératif écologique

d) « La République de Platon est déjà un bon antidote contre les naïvetés libérales en matière de véracité publique » (203).   • Platon :  - Mépris de la démocratie  - Eloge de l’aristocratie  - Justice = inégalité  - Eloge du mensonge  - Philosophe-roi.

e) Jonas critique les grèves : prise d’otage

f) « Si, comme nous le pensons, seule une élite peut éthiquement et intellectuellement assumer la responsabilité pour l’avenir que nous avons indiqué, comment une telle élite est-elle produite et comment est-elle dotée du pouvoir de l’exercer ? » (200).   • Pas de réponse.


10./ LE DERNIER JONAS

jonas-ethique-pour-la-nature.jpga) Revient sur ces questions dans des entretiens :    Une éthique pour la nature   • Constate que la situation a empiré   • La conscientisation a progressé.

b) Mais l’état de la planète est déplorable   • Capitalisme et marxisme co-responsables   • Rien n’a été fait pour enrayer l’issue fatale.

c) Planète surpeuplée   • Espèces condamnées à mort   • Beaucoup ont été détruites.

d) Le capitalisme et le marxisme ne s’amenderont pas   • L’action individuelle ne suffit pas   • Une élite éclairée ne parviendra jamais au pouvoir   • L’électoralisme triomphe.

e) Au Spiegel, mai 1992 :    « J’ai le sentiment que la démocratie, telle qu’elle fonctionne actuellement – et orientée comme elle l’est à court terme -, n’est effectivement pas la forme de gouvernement qui convient à long terme » (29).   • Il croit désormais à un « socialisme désenchanté » (133)   • Et au pouvoir des conventions internationales.

f) Estime qu’il y a beaucoup de professeurs de philosophie   • Mais peu de philosophes   • Souhaite qu’on consulte les philosophes en matière de politique.


CONCLUSION

a) En 1980, le chancelier Helmut Schmidt dit qu’il lira Le Principe responsabilité en vacances   • Les socio-démocrates s’emparent de ce livre   • Au Parlement, enjeu de débats :  - Exégèse du texte dans l’enceinte parlementaire  - Interprétations contradictoires.

b) Evolution vers le principe de précaution   • Il apparaît au sommet de Rio en 1992   • Puis la même année dans le Traité de Maastricht   • Puis dans des textes juridiques internationaux.

c) Les vielles démocraties y souscrivent   • Les pays insoucieux des droits de l’homme s’en moquent   • Juridiction que veulent imposer d’anciens pays riches repus   • A des pays de nouveaux riches qui veulent consommer

d) L’heuristique de la peur n’était pas la bonne solution…


BIBLIOGRAPHIE :

• Hans Jonas, Une éthique pour la nature, Desclée de Brouwer

• Ernst Bloch, Le principe espérance, tomes I, II & III, Gallimard

• Ernst Bloch, L’esprit de l’utopie, Gallimard

• Arno Münster, L’utopie concrète d’Ernst Bloch, Kimé

 

 


 

Profil

  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

La publicité, peut-on y échapper ?

 

Je lave mon cerveau avec la pub  

 pub-2

La pub nous a été imposée par OverBlog. Pour désactiver les messages publicitaires ici et partout sur le Net, installez gratuitement en un seul clic Adblock Plus.


Recherche

Archives

Nos vidéos