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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 23:54

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

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16) « UNE PENSEE CONSERVATRICE » - 18.08.2014

 

 

 

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SYNOPSIS

AVT Hans-Jonas 57031./ UNE PENSEE SOUS LE SIGNE DE DIEU

a) Lignage des Prophètes, du gnosticisme, du Judaïsme   • Dit dans Le principe responsabilité que Dieu a créé le monde

b) Dans Souvenirs :   1. Dit avoir perdu la foi en un Dieu personnel  • Créateur du ciel et de la terre  • Qui ouvre la mer en deux  • Tonne sur le Sinaï   2. Mais a foi dans la Bible  • Et croit en Dieu.   3. Sioniste :  • Il croit en « l’Alliance entre Dieu et Israël » (258).

c) Conversation avec Hannah Arendt :   • Et une catholique venue de Rome qui lui demande :  « Croyez vous en Dieu ? ».   • Jonas : « On ne m’avait jamais posé la question de manière aussi directe – et cela venant d’une presque étrangère ! Je la considérai d’abord perplexe, je réfléchis puis dis – à ma propre surprise : « Oui ! » Hannah sursauta – je me souviens encore de son regard presque épouvanté sur moi. « Vraiment ? » Et je répliquais : « Oui. Finalement oui. Quel qu’en soit le sens, la réponse « oui » se rapproche plus de la vérité que le « non » ». Peu de temps après, je me trouvais seul avec Hannah. La conversation revint sur dieu et elle déclara : « Je n’ai jamais douté d’un dieu personnel ». Sur quoi je répondis : « Mais, Hannah, je ne le savais pas du tout ! Et je ne comprends pas pourquoi, l’autre soir, tu as eu l’air tellement stupéfaite ». Elle répondit : « J’étais très ébranlée d’entendre tout cela de ta bouche, car je ne l’aurais jamais pensé ». Ainsi nous nous étions surpris l’un l’autre par cet aveu » (259).

h.jonas-Concept-de-Dieu-après-Auschwitzd) Réception du Prix Leopold Ducas, 1984 : Conférence intitulée Le Concept de Dieu après Auschwitz :   • Face au silence de Dieu devant la souffrance de son peuple,   • Jonas demande : « Quel Dieu a pu laisser faire ça ? » (13).   • Propose une nouvelle définition de Dieu.

e) Sa mère morte à Auschwitz :   • Veut répondre au cri lancé vers Dieu des victimes de la Shoah   • Et resté sans réponse   • Propose « un morceau de théologie vraiment spéculative » (8).   • Si aucune preuve de l’existence de Dieu n’a jamais convaincu personne   • On peut proposer une réflexion sur le concept de Dieu.   • Pas besoin qu’il soit, ou qu’on y croie, pour le penser.   • Le chrétien dispose d’une réponse à la question du mal   • Péché originel, diable, etc   • Mais pour un Juif ?   • L’ici-bas immanent est le lieu de la création, de la justice, de la rédemption   • Dieu est le Seigneur de l’histoire ici et maintenant   • Pourquoi a-t-il laissé faire ?


2./ QUI EST DIEU ?

a) Répond à cette question par un mythe de son invention.   • Même s’il inscrit sa thèse dans « l’idée du Tsimtsoum, ce concept cosmogonique central de la cabale lurianique » (37)   • Une tradition du XVI° issue de la pensée du rabbin cabaliste Isaac Luria.

b) Jonas :   • Dieu pratique un retrait afin de rendre possible l’être des hommes   • … qui, en retour, rend possible l’être de Dieu.   • Dieu se retire   • Il laisse toute la place aux hommes   • Afin qu’ils préparent son avènement.    « Dès lors, Dieu n’est pour rien dans Auschwitz »   • Les hommes y sont pour tout   • … et retardent l’avènement de Dieu.

c) Dieu des philosophes / Dieu d’Abraham 

 • Dieu singulier de Jonas   • Opposé au Dieu du judaïsme institutionnel…   • Son dieu est souffrant   • Contre le Dieu impassible en majesté divine   • Dès la Création des hommes   • Il est affecté par ce qu’ils font   • Il devient ce que les hommes le font être   • Dieu n’a pas créé les hommes   • Mais les hommes créent Dieu dans le temps   • En le rappelant de son retrait   • Pour qu’il advienne et soit

• Son Dieu est en devenir :   a. Il ne crée pas le monde,  - Ni le temps à partir de l’éternité dans laquelle il serait  - Mais il surgit dans le temps  - Et se constitue avec lui.   b. Dieu n’est pas semblable à lui-même de toute éternité  - Avec lui, l’éternel se temporalise  - Dieu reçoit du monde l’expérience qui le constitue  - Dieu a moins créé le monde que le monde ne le crée sans cesse : « Son être (…) est influencé par ce qui s’y déroule » (24).  - Dieu devient ; son être est devenir.  - Il n’est pas celui qui est ; mais celui qui devient.  - Devenir est son être.

• Son Dieu est soucieux :  - Ne se soucie pas de ses créatures sur le mode de la Providence  - Il ne veut pas pour elles : o Dieu est voulu par ses créatures o Et modifié par leur devenir.  - Il ne peut vouloir Auschwitz  - Mais Auschwitz le veut d’une certaine manière.

• Son Dieu n’est pas tout puissant :  - Si Dieu existe en même temps que le mal  - Il faut bien qu’il ne soit pas tout puissant   - Sinon, il aurait voulu Auschwitz  - On n’aurait pu l’empêcher  - Dieu est énigmatique, insondable  - Mais pas complètement caché  - Car les Prophètes nous ont beaucoup dit de lui.  a. Le silence de Dieu *Et son abstention pour ne pas empêcher la Shoah *se comprennent une fois cette nouvelle définition donnée  b. Son retrait est la condition de sa présence *Son être s’identifie à son devenir *Son non être-là positif prouve son être-là ontologique *Son « auto dépouillement divin » (37) prouve son incarnation métaphysique.  c. Dieu se donne totalement dans le devenir *Il n’a rien d’autre à offrir *Dès lors, « c’est maintenant à l’homme de lui donner » (38)   d. Les hommes doivent agir *Pour que Dieu n’ait pas à regretter de l’avoir laissé venir au monde.   e. Il a renoncé à la puissance *Pour que nous puissions être  f. Le principe responsabilité renvoie à cette théologie : *Dieu en retrait pour assurer son avènement par les hommes.  g. Avec Auschwitz les hommes ont travaillé contre Dieu *En détruisant la nature, ils continuent à oeuvrer contre lui.

 

 

3./ LA RAISON CONTRE LA RAISON

a) Fonde son éthique sur une théologie   • Examine les limites de la raison et de son pouvoir   • En post-kantien souvent kantien, effectue une critique de la raison pure   • Prend acte des pouvoirs limités de la raison.

b) Donne raison à ce qui n’est pas raison, voire à ce qui est déraisonnable :   • La métaphysique, la peur, le sacré.   • Ou à « l’heuristique de la peur » (45, 50, 300).   • Critique la raison des Lumières pour restaurer le sacré

c) Ecrit contre le positivisme analytique de la philosophie contemporaine   • Et pour la métaphysique   • Invite à aller voir du côté de l’ontologie   • L’associe à la foi qui donne plus vite et mieux des réponses aux questions philosophiques   • Mais… il faut avoir la foi !

d) La raison comme liaison entre foi, religion, métaphysique, ontologie  « C’est la question de savoir si sans le rétablissement de la catégorie du sacré qui a été détruite de fond en comble par l’Aufklärung scientifique nous pouvons avoir une éthique capable d’entraver les pouvoirs extrêmes que nous possédons aujourd’hui et que nous sommes presque forcés d’acquérir et de mettre en oeuvre. Par rapport aux effets qui nous menacent encore immédiatement nous-mêmes et que nous subissons encore nous-mêmes, la peur, qui tant de fois est le meilleur substitut de la vertu et de la sagesse véritable, peut jouer ce rôle » (45).   • La raison renonce à la raison après avoir utilisé la raison pour légitimer ce renoncement   • Elle en appelle ensuite au sacré et à la peur pour fonder une éthique qui devient obligation

e) Faire peur : voilà le propos du philosophe…   • La raison pour légitimer une passion.


4./ LA NATURE EN PERIL

a) La technique met l’avenir de la nature et de la planète en péril   • Jonas renonce à :   • Eduquer, sensibiliser, instruire, persuader, convaincre – opérations de l’intelligence   • Au profit d’une « heuristique de la peur » « Seule la prévision de la déformation de l’homme nous fournit le concept de l’homme qui permet de nous en prémunir » (13).   • Présentifier la catastrophe à venir pour empêcher son arrivée   • Une théologie avec un Dieu absent pour être mieux présent   • Une raison utilisée contre la raison   • Un usage politique de la peur contre l’éducation :  - Jonas conservateur, sinon réactionnaire en philosophie.

b) Date de naissance de ce projet mortifère :   • Bacon et son Novum organum, Nouvel Outil (1620)   • Et non Descartes 16 ans après   • Bacon abolit le règne de la scolastique   • Fonde l’empirisme   • Invite à placer la raison au centre du dispositif philosophique   • Contre les livres anciens ou saints   • Descartes connaissait le travail de Bacon.

c) Jonas dénonce « le programme baconien, à savoir orienter le savoir vers la domination de la nature et utiliser la domination sur la nature pour l’amélioration du sort humain » (191-192).   • Projet de Descartes,   • Du capitalisme en expansion   • De son antidote, le marxisme   • Le XVII° marque le triomphe de l’homo faber sur l’homo sapiens   • Du producteur effréné sur le penseur avisé.

d) Catastrophes générées par ce projet :   • Domination absolue de la nature   • Explosion démographique qui épuise la planète   • Consommation en relation   • Demandes, besoins et production   • Succès technologiques, économiques, biologiques qui confortent cette folie prométhéenne.   • Jonas prophétise des morts en quantité, des guerres, des génocides (193).

e) L’après catastrophe échappe à la spéculation   • L’imagination peut supplanter le travail de la raison.

f) Jonas veut en finir avec le règne de la technique sans éthique   • Empêcher que l’homme travaille à sa perte en exploitant la nature jusqu’à la mort   • Elle n’est pas un réservoir sans fin   • Elle ne peut se refaire aussi vite qu’on la détruit    « La soumission de la nature destinée au bonheur humain a entraîné par la démesure de son succès, qui s’étend maintenant également à la nature de l’homme lui-même, le plus grand défi pour l’être humain que son faire ait jamais entraîné » (13).   • Rien dans le passé ne ressemble à cette démesure   • Il faut une éthique à la mesure de cette démesure   • Il faut un nouveau devoir : « La responsabilité » (14)   • Le principe responsabilité se présente comme un « tractatus technologico-ethicus » (15).    « Ce qui doit approximativement rendre justice au thème, doit ressembler à de l’acier et non à de la ouate. Dans la réflexion éthique contemporaine, il y a bien assez d’ouate dans les bonnes intentions ainsi que dans les motivations irréprochables, qui affirment qu’on prend le parti des anges et qu’on est contre le péché, qu’on est pour la prospérité et contre le déclin. Quelque chose de plus dur est nécessaire, que l’on tente ici » (15).   • Programme moral anti-hédoniste radical   • Ne recule pas devant les moyens autoritaires, dictatoriaux, tyranniques.


5./ LE PRINCIPE RESPONSABILITE

jonas-le-principe-responsabilite.pnga) Un lourd dispositif philosophique   • Rhétorique allemande   • Excès de divisions et subdivisions   • Table des matières de 9 pages   • Longues phrases précautionneuses   • Dilution des idées   • Grand nombre d’incises :  - Longues démonstrations sous forme de digression   • Considérations adventices sous forme philosophiques   • Parle dans Souvenirs de sa fâcheuse tendance à écrire dans le jargon des philosophes   • Quand il rédige sa thèse sur le gnosticisme il parle de « la tradition de la prose universitaire anglaise, dans laquelle simplicité et intelligibilité comptent bien plus qu’en Allemagne où la conscience culturelle confond souvent la profondeur avec l’affreuse complexité de l’écriture. Je me donnai donc, en rédigeant, beaucoup plus de peine pour énoncer mes idées avec clarté et acuité que dans mes écrits formulés en allemand, où j’avais pris encore la liberté de m’exprimer à peu près dans le jargon de Heidegger ou de Kant » (234).

b) Des idées sur le mode du postulat :   • La nécessité de la responsabilité est moins une affaire d’éthique qu’une affaire empirique

c) Disserte longuement sur les questions de fin et de méthode   • Sur « les fins et leur position dans l’être » en prenant l’exemple d’un marteau, d’une cour de justice, de la marche, de l’organe de digestion sur une vingtaine de pages

d) Justifie la responsabilité en renvoyant au fait de faire des enfants…


6./ LA PREUVE PAR L’ENFANT

a) « La responsabilité instituée par la nature, c’est-à-dire la responsabilité qui existe est, dans l’unique exemple allégué jusqu’ici (et qui est le seul familier), celui de la responsabilité parentale. Celle-ci ne dépend d’aucun consentement préalable, elle est irrévocable et non résiliable ; elle est globale » (135-136).

b) Postule l’existence d’un tropisme naturel qui lie parents / enfants   • Parlant de la « sollicitude parentale » : « Chacun l’a d’abord éprouvée dans sa propre chair. Dans ce paradigme de base la liaison de la responsabilité avec le vivant devient claire de la manière la plus convaincante » (140).

c) Comme s’il n’y avait jamais :   • De parents qui abandonnent leurs enfants   • De parents incestueux   • De parents qui frappent leurs enfants   • De bébés congelés   • De dénis de grossesse   • D’infanticides   • Ce dont témoignent orphelinats et tribunaux depuis des siècles   • 5 infanticides par semaine en France : 1 par jour week-end non compris…

d) Jonas part du principe que tous les parents :   • Répondent aux besoins corporels de leurs enfants   • En éducation, langage, transmission des codes et des normes sociales

e) « Le pur être comme tel et ensuite le meilleur être de ces êtres est ce que le souci parental a in toto en vue » (145).    « Nous retournons encore une fois à l’archétype intemporel de toute responsabilité, celle des parents à l’égard de l’enfant. Elle est un archétype du point de vue génétique et typologique, mais également pour ainsi dire du point de vue « épistémologique », à savoir du fait de son évidence immédiate » (179).

f) La respiration de l’enfant oblige les parents : « Le nouveau-né dont la simple respiration adresse un « on doit » irréfutable à l’entourage, à savoir : qu’on s’occupe de lui. Vois et tu sauras » (180).

g) Jonas prévoit qu’on pourrait lui opposer le réel à ses théories :   • Réfute… « Naturellement il est possible de résister à la force de ce « on doit » comme à n’importe quel autre, on peut faire la sourde oreille à son appel (bien que, du moins dans le cas de la mère, on y voie une dégénération) ou il peut être étouffé par d’autres « appels » comme par exemple l’abandon légal des enfants, le sacrifice du premier-né et des choses du même genre : il peut même être étouffé par la simple pulsion d’autoconservation – mais tout cela ne change rien (sic) au caractère irréfutable (sic) de cette injonction ni à son évidence immédiate » (180-181).   • Pur postulat que n’atteint pas la preuve de sa fausseté infligée par la réalité.

h) Jonas fait de l’enfant une obligation   • Engendrer est une obligation « à l’égard de la cause de l’humanité comme telle » (186).   • Car l’universalisation du refus d’enfant conduirait à l’extinction de l’humanité   • Ce que Jonas ne peut concevoir.


7./ LE PERE, DONC LE CHEF

A./ RESSEMBLANCE PERE/CHEF

a) Extrapole du père de famille au chef de l’Etat   • Morale familialiste et politique paternaliste

b) Le père est à la famille ce que le chef est à l’Etat :   • Un être responsable de facto, du fait de sa fonction vitale   • Un être de devoir auquel incombe l’être, le devoir être, la durée, le devenir, la permanence de ce qui lui échoit : l’enfant ou le citoyen   • Il assure pour les citoyens « un rôle dont les responsabilités ressemblent à celles d’un père » (149).

c) Si jadis le chef était un père   • Jonas convient qu’il n’en va plus de même   • Ce pendant « Le symbole conserve une certaine légitimité » (145).

d) Disposer du pouvoir, quels qu’aient étés les moyens d’y accéder, oblige à assumer la responsabilité. Cette responsabilité oblige :   • A l’éducation privée de l’enfant :  - Il doit trouver sa place dans le monde   • A l’éducation publique du citoyen :  - Qui doit trouver sa place dans la cité.   • Dans les deux cas, impossibilité de la vacance   • On ne peut laisser ni sa progéniture ni son peuple   • La responsabilité vise l’avenir   • Le statut de la planète a à voir avec l’éducation de cet enfant et de ce citoyen.

B./ DISSEMBLANCE PERE/CHEF

a) Les parents doivent conduire leurs enfants   • Au travers de périodes qui les conduisent à l’autonomie   • Ils se plient aux rythmes de la croissance organique   • L’objet de cette responsabilité : l’enfant dans sa totalité   • Le corporel vient en premier,   • Le souffle du nouveau-né, les besoins nutritionnels, la vie du jeune adulte.

b) L’homme politique n’est pas soumis aux obligations organiques   • L’histoire des sociétés, des nations, des Etats ne va pas vers quelque chose   • Le schéma de l’enfant (enfance, croissance, maturité)   • Ne fonctionne pas pour la politique   • l’enfant a une fin : son autonomie   • L’histoire n’en a pas.


BIBLIOGRAPHIE :

• Hans Jonas, Le principe responsabilité, Le Cerf.

• Hans Jonas, Dieu après Auschwitz, Rivages

• Schopenhauer, Métaphysique de l’amour, métaphysique de la mort, 10 x 18.

• Elisabeth Badinter, L’amour en plus, Flammarion

 


14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 23:28

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

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15/ LES QUESTIONS ET LES REPONSES DES AUDITEURS  3/4 - 15.08.2014


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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 23:38

 

 

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14) « LA VIE PHILOSOPHIQUE DE HANS JONAS » - 14.08.2014




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SYNOPSIS

1./ UNE FAMILLE JUIVE INTEGREE

hans Jonas-2a) Une vie philosophique   • Aux antipodes de la vie de professeur de Heidegger.

b) Né dans une famille juive le 10 mai 1903 à Münchengladbach   • Père fabricant de textile

c) 11 ans au début de la 1ère guerre   • Son « père alla aussitôt à Cologne, au Bureau Central de l’équipement de l’armée dont relevait notre région, pour faire des propositions de toiles de tentes et autres matériaux qui pourraient intéresser l’armée. Il fut vraiment l’un des premiers à se présenter et, je l’appris par la suite, il en rapporta d’énormes commandes. Les affaires marchaient donc à merveille » (15).

d) Très patriote la communauté juive s’engage massivement   • La classe ouvrière manifeste peu d’enthousiasme à défendre la patrie   • Heidegger échappe à la mobilisation pour raison de santé.

e) Des soldats logent dans la maison   • On parle un allemand châtié, cultivé, sans trace de dialecte   • Ne pas se faire remarquer comme Juif   • On ne « judaïsait pas » (21)   • « Cependant tout mariage avec un non-juif était totalement exclu » (22).

A./ LE PERE

a) Le père ne va pas à la synagogue le jour du Shabbat, il travaille   • Mais il assiste aux grandes cérémonies juives   • Rites non suivis à la maison   • Même s’il y a vaisselle pour la viande, vaisselle pour les laitages   • Pas de porc.

b) Le père n’a pas fait d’études   • Y a renoncé avant le bac pour s’occuper de la fabrique familiale   • S’interdit le mariage avant d’avoir marié ses 3 soeurs   • Et conduit ses 5 frères au bout de leurs études supérieures.   • Un 6ème garçon mort en bas âge.

c) Se marie en 1900   • 1901 : premier enfant.

B./ LA MERE

• Fille de rabbin   • Dépressive   • Effectue la charité   • Aime les beaux-arts   • grande culture   • Joue du piano :   • « Quand l’argent afflua grâce aux livraisons de guerre, la plus spectaculaire des acquisitions réalisées à ce moment-là fut un piano à queue Blüthner, en remplacement du piano qui avait servi jusqu’alors » (25).

C/. FRERE DE L’ENFANT MORT

a) Jonas : futur philosophe de la vie   • S’interrogera sur la bioéthique, l’éthique médicale, l’euthanasie.

b) Frère handicapé   • Maladie incurable – ossification progressive des articulations.

c) 1916, à 14 ans ½ l’enfant tombe et se brise la colonne vertébrale

d) Sa mère entre dans un état de prostration   • Pendant une année de vie végétative   • Hans et Léo, son autre frère, ont vécu avec cette mère-là

e) La famille avait prévu que les deux frères fêteraient leur bar-mitsva ensemble   • La fête est plusieurs fois repoussée, Ludwig étant dans les hôpitaux   • Ludwig est mort un mois avant le 13ème anniversaire de Hans.

D./ LA FORMATION

a) Dès cette époque, Hans a beaucoup lu   • Connait bien mythologie germanique, histoire ancienne, classiques.   • Veut devenir peintre, prend des leçons de peinture   • Lit beaucoup de poésie   • La philosophie supplante le tout   • A l’université : philo, histoire de l’art   • Fréquente la bohème de Mönchengladbach, ses poètes, ses peintres   • Découvre l’expressionnisme allemand.

b) Son père lui offre les études qu’il veut :   • Un savoir pur, idéal, dissocié d’implications pratiques   • Part pour 7 années d’études :  - Fribourg avec Husserl, Heidegger  - Berlin (1921/1922) : études judaïques   • Rencontre Stern, Arendt   • Strauss, Scholem, Buber, Rosenzweig.


2/. LA DECOUVERTE DU SIONISME

 • Entre la révolution de novembre 1918 et le printemps 1921 (son Bac).    • Découvre le sionisme, au grand dam de son père    • Ambiance tendue avec son père    • Le père croit que l’antisémitisme disparaitra avec l’assimilation   • Sionisme et Etat juif / assimilation dans le pays   • Parle « d’effroyables bagarres » (48)   • Sous les pleurs de sa mère    • Crée un petit groupe sioniste d’une dizaine de personnes   • Se bat physiquement contre les antisémites   • Obtient son bac    • Demande 12 arbres qu’il ira planter en Palestine    • Manifeste alors un total désintérêt pour les Palestiniens expropriés    • Prétend qu’il s’agit de sols marécageux dont personne ne veut   • Achetés à des prix supérieurs à leur valeur   • Imagine qu’Arabes et Juifs vivront en paix…


3/. LA DECOUVERTE DES PROPHETES

a) Lit les textes juifs, hindouistes, bouddhistes

b) Lit le Zarathoustra – trouve que c’est son moins bon livre…

c) Découvre la sagesse des Prophètes de la Bible qu’il place au-dessus de tout   • Avec eux, la Bible devient vivante   • Le divin s’exprime par la voix des prophètes :   • « Ils proclament, en courant les plus graves dangers, ce que personne ne veut entendre et ce qui choque tout le monde. Ils apportent quelque chose de neuf, qui est d’ordinaire dérangeant et non édifiant, pas un sermon dominical, mais quelque chose qui fait irruption dans le cours des choses de façon perturbante, pour arracher les hommes à leur endurcissement obstiné ou irréfléchi envers leurs congénères » (45).   • Autoportrait…

d) Ecrit une soixantaine de pages sur cette morale qu’il estime indépassable   • Il a 17 ans

e) Son oeuvre obéira à cette injonction prophétique   • « J’étais fier d’être issu de cette tradition prophétique » (46)

f) Découvre Kant   • Lit et comprend Les fondements de la métaphysique des moeurs   • Lit mais ne comprend pas la Critique de la raison pure

g) Donne la clé de son univers philosophique :   • Les Prophètes + Kant   • Car, « en fin de compte, la morale kantienne dérive à sa manière de l’esprit biblique, et il n’y a aucun doute que l’impératif catégorique et la Parole du Sinaï sont liés d’une façon ou d’une autre. En tout cas, je sentais là une parenté » (46).   • Judéo-christianisme vu du côté juif   • Comme Nietzsche voyait le judéo-christianisme côté chrétien.


4/. LE SIONISME CONCRET

a) Mars / octobre 1923 :   • Apprend le métier d’agriculteur avec de jeunes juifs   • Chez un horticulteur qui produit des céréales, élève du bétail   • Transforme des cochons en jambons   • Verger et potager   • Laboure avec un cheval, récolte   • Parle philosophie avec son patron   • Gagne de quoi se faire de l’argent de poche   • Nourri, logé sous les combles   • Travaille 14 heures par jour   • Epuisé.

b) Fin du séjour :   • Le paysan l’invite à continuer… dans la philosophie

c) Suit les cours de Heidegger.


5/. LE NAZISME

a) Avoue ne pas l’avoir pris au sérieux   • Croyait qu’arrivé au pouvoir, Hitler ferait preuve de son incompétence.

b) Le 1er avril 1933 :   • Date du boycott des magasins juifs,   • Des professions libérales.   • Comprend qu’il faut partir   • Emigre à Londres fin août 1933

c) Se promet de ne remettre les pieds en Allemagne que « sous l’uniforme d’une armée conquérante » (96) ;   • N’a pas lu Mein Kampf.   • « Quelqu’un se respectant intellectuellement ne pouvait s’abaisser au point de s’imposer la lecture d’une telle ordure. C’était bien sûr une erreur » (95).   • Cf. Thalès et la servante Thrace…

d) Aryanisation des biens de son père   • Son père envoie de l’argent en Palestine   • Il meurt d’un cancer en janvier 1938   • 1942 : mort de sa mère à Auschwitz

e) 1945 : l’aviation alliée bombarde l’Allemagne,   • Disparition de l’usine de son père   • Plus tard, dans l’une de ses conférences, Jonas retrouve le pilote du bombardier.


6/. « ADRESSE AUX HOMMES JUIFS »

a) Pendant la guerre :   • Rédige un appel pour mobiliser les Juifs afin qu’ils participent à la guerre :   • Notre participation à cette guerre. Adresse aux hommes juifs   • Grand texte de philosophie concrète   • Présenté dans une réunion publique à Jérusalem le 6 octobre 1939   • Distribue ce texte rédigé en allemand (et non en hébreu)   • A touché très peu de gens…

b) « C’est notre heure, c’est notre guerre » (138) ;   • Hitler a déclaré la guerre aux Juifs en 33, il faut la mener   • La Palestine juive aurait attaqué Hitler si elle avait existé   • « Non pas Juda contre le monde, mais Juda avec le monde contre l’ennemi du monde » (140)

c) Il s’agit « de la première guerre de religion de l’époque » :   • Le judéo-christianisme contre le national-socialisme qui est un paganisme

d) Défend l’idée de formations juives combattant dans les rangs alliés   • « Nous voulons une légion juive sur le front occidentale »   • Une légion pan-juive qui rassemble les juifs du monde entier   • Il en va de l’honneur juif.

e) Rencontre un commandant militaire anglais   • Jonas propose des unités juives combattant sous le drapeau juif   • Mais sous commandement britannique   • On lui rit au nez…

f) Rencontre le Consul général de France à Jérusalem   • Propose des soldats juifs sous commandement français   • Le Consul répond que les juifs peuvent s’engager dans la Légion.

g) Les amis de Jonas se réjouissent de ces fins de non recevoir…   • Estiment le projet généreux mais irréaliste   • Nous sommes en octobre 1939…

h) La défaite de la France change la donne   • On envisage de créer des unités palestiniennes de volontaires   • Jonas s’engage, il a 37 ans.   • Churchill consent au regroupement des unités juives éparses :   • Septembre 1944, naît le Jewish Brigade Group   • Avril 1945, Jonas participe à la bataille de Senio :   • Enfoncent les lignes allemandes et pénètrent à Bologne en libérateurs.

i) Pendant ce temps, il élabore sa philosophie de la vie   • Sa correspondance avec sa femme :   • Un journal de bord ontologique, métaphysique, philosophique.

 

7/. DANS L’ALLEMAGNE DETRUITE

a) Jonas entre dans l’Allemagne vaincue   • Traverse les villes en ruines   • Croise des convois de juifs libérés des camps errants sur les routes   • Renvoie à Primo Levi, Les naufragés et les rescapés   • Pour souligner que « les kapos luttaient eux-mêmes pour leur propre vie, en quelque sorte, fut-ce en sacrifiant celle des autres » (164).

b) Pense le mal de façon subtile :   • Le mal nazi fit que des juifs firent le mal   • Pas de condamnation des juifs   • Mais une preuve que le mal était du côté des nazis.

c) Jonas attendait des excuses des Allemands   • Une façon d’affirmer la responsabilité collective des Allemands   • Ne souhaite ni épuration, ni rénovation   • « Pour moi, le peuple allemand pouvait tout bonnement aller au diable. A mon avis, la culpabilité allemande était telle que la seule attitude appropriée eût été les excuses publiques et une contrition générale ; cependant je découvrais qu’à part les amis, la plupart des Allemands avec lesquels nous avions des contacts ne voulaient pas voir ce qui s’était produit, ou bien assuraient qu’ils n’y avaient pas participé eux-mêmes. Personne ne reconnaissait avoir participé aux évènements. Ce qu’on entendait dire par les Allemands était la plupart du temps d’une complaisance répugnante ; ils s’efforçaient de gagner par la flatterie ceux qui régnaient maintenant sur eux en vainqueurs et pouvaient leur accorder des faveurs, aussi affirmaient-ils sans relâche : « Il était effroyable, cet Hitler, ce bouffon, ils nous a tous plongés dans le malheur. Il ne nous restait rien d’autre à faire que de suivre le mouvement ». Je n’entendis pas un seule fois confesser un aveuglement, mais rien que protestation d’innocence et le déni de ce qui apparaissait au grand jour : « Non, ce n’est pas crédible » » (170).   • La demande de pardon ne vint jamais.   • Ni la reconnaissance qu’il y eut erreur, faute.   • Cf. Jankélévitch sur le pardon.

d) Jonas décide de ne jamais remettre les pieds en Allemagne   • Il y reviendra…


8./ AVEC ET SANS ISRAËL

a) Dans cette configuration   • Trouve normale la création de l’Etat d’Israël.   • Une terre pour les juifs traqués et persécutés   • Novembre 1945, rentre à Jérusalem, retrouve sa femme et ses amis.

b) Chargé d’enseignement à l’université   • Enseigne l’histoire de la philosophie à l’English Council of Hight Studies de Jérusalem   • Perd ce poste avec la fin du mandat britannique.

c) Création de l’Etat d’Israël en 1948   • La guerre est déclarée à Israël par l’Egypte, la Jordanie, l’Irak et le Liban.   • Ils envahissent Israël.

d) Jonas habitait un village arabe sur les collines de Judée   • Se voit inviter à quitter les lieux   • Déménage.

e) L’armée d’Israël l’incorpore pour la guerre dite d’indépendance   • Il a 49 ans   • Vie précaire, spartiate, tension avec les arabes, difficultés avec l’hébreu   • Pas envie que ses enfants n’aient à faire la guerre un jour   • Avait sollicité un poste auprès de G. Scholem à l’université de Jérusalem   • L’obtient, mais part.


9./ EN AMERIQUE

HJonasa) S’exile au Canada grâce à Léo Strauss   • Cours privés   • Très bien payés   • Auprès du fils d’un industriel juif sioniste qui blanchissait l’argent avec la bienfaisance…

b) Père de famille :   • Une fille, Ayala   • Un fils, John, qu’il fait circoncire.

c) Mai 50 : premier poste à l’université   • Enseigne l’histoire de la philosophie   • Décide de ne pas rentrer en Israël et de faire carrière aux Etats-Unis.

d) Devient professeur à New-York

e) Père pour la 3ème fois

f) Enseigne 21 ans à la New School for Social Research   • De janvier 55 à l’automne 1976, date de sa retraite.

g) Côtoie Arendt   • Stern, son ancien mari : « Homme ambitieux et vaniteux » (212)   • Heinrich Blücher, son nouveau mari :   • « Comparé à Gunther Anders, il ne semblait pas représenter le tout premier choix, mais je m’aperçus au fil des années qu’il avait beaucoup d’importance pour elle et que c’était là un réel mariage d’amour » (213).   • Blücher était libertin, Hannah Arendt n’appréciait guère.   • Elle a renoué sexuellement avec Heidegger après la guerre…   • Hannah Arendt s’opposait au féminisme    • Elle disait : « Je suis tout à fait contre. Je n’ai pas envie de perdre mes privilèges » (214).


10./ EICHMANN CASUS BELLI

a) Fâcherie Arendt / Jonas   • Jonas lui reproche d’avoir écrit que la solution finale a « été planifiée par les nazis, certes, mais non sans avoir été aussi partiellement tolérée par les juifs ou rendue possible dans une certaine mesure par leur collaboration forcée, parfois aussi, empressée » (216).

b) Jonas lui reproche le ton du livre   • Son antisionisme   • Son ignorance « vis-à-vis des choses juives » (216)   • Dit qu’elle n’a jamais lu la Bible   • Ni l’histoire des Juifs de leur origine jusqu’au XIX°   • Dit de sa connaissance du judaïsme qu’elle se révélait « fort indigente et en partie erronée » (218).

c) Arendt fut sioniste   • Quand elle comprit avec Hitler que l’assimilation avait raté   • Après guerre, elle prend ses distances avec le sionisme   • Puis elle cesse de l’être   • Désolation de Jonas et de ses amis.

d) Mais comme Jonas a quitté Israël,   • Il s’estime mal placé pour lui faire la leçon.

e) Estime que dans son livre elle est :   • Sarcastique, mal informée, approximative, fautive   • Qu’elle ignore l’origine de l’étoile jaune au Moyen-Age   • Qu’elle fait à tort du sionisme un nationalisme   • Qu’elle se trompe en faisant de l’antisémitisme éternel une invention sioniste de la fin du XIX°   • Qu’elle attribue à tort aux juifs « la coresponsabilité de la Shoah, au lieu de dépeindre la participation forcée à notre propre anéantissement comme un fait tragique, effrayant » (219)   • Qu’elle montre morgue et assurance en jugeant les Juifs des Conseils   • Et en affirmant qu’elle ne se serait pas mal comporté si elle était restée en Allemagne   • Qu’elle soutenait la thèse de la « banalité du mal » comme si Eichmann était innocent obéissant aux ordres   • Alors qu’il était un antisémite avéré et un nazi barbare dans les faits.

f) Jonas prend l’initiative de la fâcherie   • « Son livre sur Eichmann avait détruit la base sur laquelle nous pouvions humainement nous entendre, le fondement même de notre amitié » (219) écrit-il. Elle avait répondu, poursuit-il, à une lettre de Gershom Scholem « publiquement de manière méprisante » » (219).   • Elle semblait avoir perdu la raison, agressait, se comportait « comme une possédée » (220).   • « Son comportement ne méritait plus le respect » (220).   • Ne se saluent plus quand ils se croisent   • Mme Jonas les réconcilia après deux années de fâcherie.


11/. UNE ONTOLOGIE DU VIVANT

a) Etudie les sciences de la nature   • Pour pénétrer le mystère de l’Etre   • Anti-Heidegger.

b) Qu’est-ce qui distingue animal, végétal, humain ?   • Rédige un livre sur la philosophie de l’organisme   • Refus de son éditeur après 2 années de silence   • Convient :   • Que l’ouvrage était écrit dans une langue inutilement systématique et par trop philosophique.   • « Dans le jargon de Heidegger ou de Kant » (234).

c) Retravaillé, ce livre s’intitule Organisme et liberté   • Parait en anglais en 1963   • Et 10 ans plus tard en Allemagne   • Textes épars.   • « Je le considère comme mon oeuvre philosophiquement la plus importante, car les linéaments d’une nouvelle ontologie s’y trouvent développés » (238).

d) Oppose une ontologie biologique à l’ontologie de Heidegger.   • « Ma thèse : l’essence de la réalité s’exprime de la manière la plus complète dans l’existence proprement organique de l’organisme, non pas dans l’atome, ni dans la molécule, ni dans le cristal, ni non plus dans les planètes, les soleils et caetera, mais bien dans l’organisme vivant, qui sans doute est corps mais ne manque pas de receler en lui quelque chose de plus que le simple être muet de la matière. A partir de ce point, il devient possible en général de développer une théorie de l’Etre » (238).

e) « Une philosophie de l’organique conduit nécessairement (sic) à une éthique » (239).   • Développe une pensée de la biologie, de la mort, de la nature, de la technologie, de la médecine.   • Intègre un comité d’éthique.

f) Ecrit sur la théologie :   • Un Dieu qui s’efface pour mieux s’affirmer.

g) Dans ses Souvenirs :   • Jonas décrit son trajet avec une complaisance à son endroit   • Estime ses travaux majeurs   • Ses recherches nouvelles   • Ses intuitions inédites   • Ses conférences décisives…


12/. LE VIEUX SAGE

hans jonas-5a) 70 ans, écrit Le principe responsabilité   • En allemand pour aller plus vite qu’en anglais   • Hannah Arendt lui dit : « Je commence par te dire ma certitude que c’est là le livre auquel Dieu te destinait » (245)   • Un dieu auquel ils croient l’un et l’autre.

b) L’ouvrage sous-titré Essai d’une éthique pour la civilisation technologique paraît en 1979.   • Il pose la question :   • Comment vivre et que faire dans un monde où la technologie met en péril l’existence, la vie et la survie de la planète ?

c) Jonas dit qu’il propose une réflexion totalement inédite dans l’histoire des idées   • (Cf. Thoreau, John Muir, Fourier)

d) Devient une vedette en Allemagne.   • Donne une légitimité philosophique à ce qui devient le principe de précaution…

e) Lui reste 14 ans à vivre   • Publie beaucoup   • Obtient des prix et distinctions   • Nombreux entretiens télé et radio

f) Sollicité par le SPD pour son Congrès de juin 1986 :   • Intervient sur la politique juridique en matière de génie génétique   • Les députés se querellent sur la façon de l’interpréter   • Le chancelier Helmut Schmidt est un lecteur.


CONCLUSION

a) Depuis la publication du Principe, les choses ont empiré :   • Le marxisme n’a pas pris en charge la sauvegarde de la planète   • Le capitalisme non plus   • Tous deux productivistes   • Les pays de l’Est ont pollué à grande échelle   • La social-démocratie   • Engluée dans l’électoralisme   • Ne peut mener de politique à long terme

b) Jonas en appelle à « un nouvel ascétisme »   • Et à « un socialisme désenchanté »   • Qui repose sur le droit et les conventions internationales

c) Meurt le 5 février 1993 à son domicile près de New-York.   • Il avait 90 ans.


BIBLIOGRAPHIE :

• Primo Levi, Les naufragés et les rescapés, Gallimard

• Primo Levi, Si c’est un homme, Julliard

• Jankélévitch, Le pardon, Aubier

• Jankélévitch, Pardonner ?, Seuil

• Jankélévitch, L’imprescriptible, Seuil

• Marvano, La brigade juive, tome 1 Vigilante, Dargaud

• Jean Soler :  - L’invention du monothéisme, de Fallois  - La Loi de Moïse, de Fallois  - La Violence monothéiste, de Fallois  - Qui est Dieu ? de Fallois

 


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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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