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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 15:17

 

 

DSC00207.JPGDans Le Point du 05.01.2012, Franz-Olivier Giesbert décrit son voyage avec Michel Onfray, en novembre 2011, en Algérie, sur les traces de Camus.

Vous pouvez lire ce récit de « pèlerinage » en écoutant une belle chanson kabyle. 

En bas de l’article vous trouverez les trois mini reportages vidéos tournés par Le Point en Algérie.  

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Il n’y a pas à tortiller, Camus est l’affaire de sa vie : j‘ai vu Michel Onfray le teint blême; submergé par l’émotion, à Alger, au 93 de l’ancienne rue de Lyon, aujourd’hui rue Mohamed Belouizdad, là où habitait dans sa jeunesse l’auteur de « L’étranger ».

onfray fait photo DSC00238Le trouble d’Onfray, difficile de ne pas le partager : la grande meule du temps a tout broyé dans l’ex-rue de Lyon, elle n’a laissé aucune trace du séjour de Camus ici-bas. Tout a été refait. L’escalier et les murs intérieurs du petit immeuble.

Rien à voir avec le lieu de culte ou de pèlerinage que ce devrait être. Il est vrai que le propriétaire de l’appartement n’est pas souvent sollicité pour montrer la petite chambre qu’Albert Camus partageait avec sa mère et son frère. Il se prête à l’exercice en bougonnant un peu, pour le principe, parce qu’il a autre chose à faire.

Faut-il croire que l’Algérie, pas reconnaissante, aurait enseveli Camus dans la fosse commune des ultras, des colonialistes, des malfaisants et des mal-pensants? Ce serait une erreur. En sortant du 93, Onfray tombe sur des octogénaires du quartier qui le reconnaissent. Ils ne se souviennent pas d’avoir rencontré Devant le domicile d’Albert Camus    personnellement Camus, mais ils l’ont lu et en ont entendu parler comme d’une gloire de Belcourt. Un jeune sportif sans le sou, qui ne la ramenait pas. « On a su qui c’était quand il est devenu célèbre, dit l’un d’eux. Avant, on ne faisait pas attention. »

Dadi Houari, un ami algérien qui voue un culte à Camus raconte que la mère et la grand-mère du philosophe allaient au marché Belcourt après 10 heures et demie du matin, quand les commerçants commençaient à remballer, juste avant que les services municipaux aspergent au grésil les étals de sardines pour rendre impropres à la consommation des poissons qui, après avoir passé plus de deux heures au soleil, ne sentaient déjà plus la rose.

Dans sa biographie de Camus, Olivier Todd écrit que, rue de Lyon, dans les années 20 ou 30, « voix françaises, arabes, espagnoles, italiennes se mêlent » et que « ça sent la cannelle, l’anis, le safran, l’eau de Javel et le poivron caramélisés. » Les odeurs n’ont pas changé depuis, mais les gens, si. Il n’y a plus  rien de cosmopolite ici. Il ne reste que la misère et la débrouille.

Les Camus étaient pauvres. Touché à la tête par des éclats d’obus lors de la bataille de la Marne, le père d’Albert Camus fut l’un des 1357000 Français morts pour la patrie pendant la Première Guerre mondiale et sa veuve de mère faisait des ménages, notamment chez le boulanger du quartier, pour assurer la subsistance de la famille.

Camus n’a jamais oublié ses origines. Un jour, il a écrit un peu naïvement vouloir « arracher cette  famille pauvre au destin de l’Histoire, qui est de disparaître sans laisser de traces », mais, devant sa mère mutique et à moitié sourde, il a observé fièrement : « Je sens que je suis d’une race noble, celle qui n’envie rien. »


DSC00231.JPGLa misère étant, comme dit l’autre, moins pénible au soleil, Camus allait souvent à Tipasa, non loin d’Alger, s’abandonner aux joies du farniente et se baigner dans la mer « vivante et savoureuse », sous le mont Chenoua, qui ressemble à une femme enceinte allongée sur le dos. 
C’est-ce paysage qui a inspiré à Camus « Noces », l’un de ses plus beaux textes de jeunesse. Onze pages superbes qui résument une philosophie en exaltant « les dieux qui parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent… ». C’est là qu’il dit avoir exercé son « métier d’homme » en savourant, dans une ivresse              Albert Camus et l’art de jouir
sans fin, l’orgueil de vivre et de jouir que tout, sous ce ciel, conspirait à lui donner.
En avalant à grandes goulées l’haleine tiède de la mer à Tipasa, Onfray commente : « Noces » est un grand texte panthéiste au rebours de la phénoménologie, qui complique tout avec des néologismes. Il fait de la métaphysique sans en avoir l’air, avec des mots simples. » Des mots qui, partis d’ici, on fait le tour du monde.
L’ombre de Camus plane toujours sur Tipasa et ses ruines romaines, dont il était l’enfant comme il était du quartier pauvre de Belcourt. L’auteur de « Noces » y a même son monument. Une stèle qui surplombe la mer avec cette citation inscrite dessus : « Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure ».
Le nom de Camus est à demi effacé. « Les sartriens sont passés par là », plaisante Onfray. A moins que ce ne soient les islamistes…

La mystique camusienne sur fond de plotinisme, se retrouve chez Onfray, qui, contrairement à la légende, ne manifeste aucune gêne dans les églises. Je l’ai même vu très à l’aise dans la basilique d’Alger, où Camus aimait se recueillir : Notre-Dame d’Afrique qui, perchée sur sa colline, toise celle de Marseille, Notre-Dame-de-la-Garde, de l’autre côté de la Méditerranée.
DSC00223.JPGNotre-Dame d’Afrique est protégée par la police vingt-quatre heures sur vingt-quatre, afin de dissuader les islamistes qui auraient de mauvaises intentions. La basilique est tenue par une belle personne, le père Bernard, que l’on dirait sorti d’un roman de Bernanos et qui donne une messe tous les jours à 18 heures. Arabophone, il est l’incarnation vivante de la prière en grandes lettres au-dessus de l’abside de la basilique : « Notre-Dame d’Afrique, priez pour les chrétiens et pour les musulmans. »
Il a beau avoir écrit le très célèbre et très anticlérical « Traité d‘athéologie », Onfray n’en fraternise pas 
    Michel Onfray à Notre-Dame d’Afrique           moins avec les prêtres de ce genre. Il signe donc sans se faire prier, sur l’autel, le livre d’or du père Bernard avant de résumer, sur le parvis, le credo de Camus : « Un syncrétisme mystique qui n’a rien à voir avec le christianisme vaticano-européen, indexé sur la pulsion de mort, mais qui appartient à la tradition du christianisme africain et panthéiste. » 
Si l’Algérie lui doit beaucoup, Camus doit aussi beaucoup à l’Algérie. C’est sur cette terre et au milieu de son peuple qu’il a construit son antisystème : celui d’un philosophe qui ne veut parler que de ce qu’il a vécu et entend manger la pomme d’Ève jusqu’au trognon. Il n’y a pas de mal ni de honte à être heureux…
Franz-Olivier Giesbert  
 
Devant le domicile d'Albert Camus 


Albert Camus et l'art de jouir. A Tipasa


Michel Onfray à Notre-Dame d’Afrique   
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Ewa    
  
30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 00:05

 

 

Théatre du Rond-Point à Paris, EwaAvant de partir en vacances dans les contrées les plus reculées de l’Univers sans connexion Internet, j’ai fait une tentative de détournement sur le blog d’Axel Evigiran. Entre les dernières préparations avant le départ et les derniers mails, les coms par ici et par là, j’ai cru avoir trouvé la perle rare qui était prête à partager ses «expériences », bonnes ou mauvaises, à l’Up de Caen. Dans ma folie des grandeurs, j’ai pensé à un prof qui avait enseigné à l’université populaire, comme par exemple Raphaël Enthoven, et qui, pour x raisons, y a renoncé ou a été remercié. Quelle n’a pas été ma déception de trouver un récit d’une personne qui a assisté une  L'analyse socio-psychologique des "upistes"... fois, en 2008, à la conférence de Michel Onfray et qui, à partir de cette unique expérience, a fait une analyse socio-psychologique des « upistes «, et en même temps, son coming out du genre : j’ai gobé la couleuvre éthique, on m’a botté les fesses et je ne suis plus onfraysexuel. Si je l’avais su, je n’aurais pas essayé de faire un attentat pour si peu. Je serai sans scrupules et sans lois la prochaine fois partout ailleurs, le goût pour la philosophie-voyou transmis par Constance - oblige, mais concernant les choses vraiment intéressantes ou subversives qui valent la peine.

Vous pouvez lire ce texte de Pascal K. dans les commentaires en bas de l’article; j‘espère, sans trop y croire, que ça va inciter les upistes à donner leurs avis et partager leurs vécus.  Mais ceux qui veulent vraiment « se questionner », je les invite à lire « l’expérience » d’Olivier L. Brunet, (réalisateur de deux films documentaires sur L’Up de Caen et d’Argentan) qui décrit avec sensibilité son rapport compliqué et ambigu à Michel Onfray.

 

 

Théatre du Rond-Point, Paris, photo d'EwaJ’ai assisté à plusieurs conférences de Michel Onfray au Théâtre du Rond-Point à Paris : celle avec Bruno dal Bon, chef d’orchestre milanais, avec Guy Bedos et tous les professeurs de l’Up de Caen, celles sur Sade, sur l’anarchisme … J’ai pris un peu de notes, j’ai fait quelques photos dans le noir, parfois un enregistrement de mauvaise qualité, une critique dans un mail. Je n’ai pas rédigé un compte rendu ni analysé le public de l‘université populaire car ce que j’ai vu, me paraissait insuffisant, trop insignifiant. Pas assez consistantes et intéressantes - mes impressions ; pas assez sérieuses, basées sur une expérience de quelques participations à peine - mes enquêtes sur le « tissu         J’ai fait quelques photos dans le noir... 

sociologique « . J’ai peut-être eu tort d’avoir été si exigeante. Ça doit être comme lors du premier voyage à l’étranger, il faut noter les premières impressions ; après, plus on connaît le pays, plus les clichés s’effacent et ça devient compliqué à définir, limiter, décrire…

 

 

Théatre du Rond-Point à Paris, photo d'EwaEtonnamment, mes impressions ne sont pas si éloignées de celles de Pascal K., avec des petites nuances quand même. 

 Je dirais qu’à Paris il y a un peu plus de jeunes : quelques lycéens, étudiants et trentenaires, même si majoritairement, ce sont effectivement les personnes d’un certain âge.

 Le look classique, neutre et effacé domine, mais j’ai vu aussi un groupe de gothiques, un joli couple de rastas qui s’embrassait avec passion, j’ai même cru voir ma prof d’histoire de l’art à la fac, avec son look très original, plein de fantaisie et haut                                         A Paris...                     en couleurs, mais non, ce n’était pas elle…

 Paris, l’ambiance est beaucoup moins conviviale qu‘à Caen, jamais, je n’ai vu personne apporter des chocolats. Cela m’a plutôt fait penser à l’ambiance au théâtre lorsque la bonne vieille comédie de boulevard, un vaudeville de Feydeau, sont à l’affiche. Le même public, point anarchiste au premier abord, au deuxième - j’ignore. (Une précision essentielle : je connais un peu le théâtre de boulevard, entraînée par un ami qui connaît le mari d’une copine de l’ouvreuse qui lui file des invites gratuites).

A Paris, les séances de dédicaces à la fin des cours sont interminables et insupportables, Jean-Michel Ribes est obligé d’y couper court parfois.   

A Paris, peu de synopsis, peu de notes. Mais j’ai vu une femme dessiner assez habilement le portrait d’Onfray pendant le cours. J’ai assisté plusieurs fois à des échanges de livres entre les upistes. J’ai entendu quelques conseils de lectures dépassant la bibliographie proposée par Michel Onfray. Il m’est arrivé d’entendre quelques discussions et remarques pertinentes et passionnées, malheureusement très peu dans les séances questions/réponses. Cette deuxième partie des cours est à réorganiser absolument. Nous avons déjà parlé de cela sur le banquet en émettant quelques suggestions. 

Théatre du Rond-Point à Paris, photo d'EwaYorick : « Il est tout de même étonnant qu’un monsieur qui se prétend « libertaire et qui estime le rituel analytique trop rigide et distant, fasse des séances de questions-réponses aussi formatées. Toujours 3-4 questions, jamais une de plus, auxquelles il répond longuement. Des questions très sages, déférentes, obséquieuses, allant dans le sens du poil. Jamais une question qui fait mal, une protestation véhémente ou un happening. Que tout ceci sent le ronron satisfait et la philo en charentaises ! « 

Ewa : Les réponses d’Onfray sont effectivement trop longues, il fait quasiment quatre mini-cours qui        La personne qui "distribue" le micro... 

ne sont pas suivis de discussion. J’ai vu des personnes vraiment frustrées de ne pas pouvoir poser leurs questions par manque de temps (je parle du Théâtre du Rond-Point, je ne connais pas l’Up de Caen). Mais la participation des intervenants est très spontanée, on n’établie pas des listes, de l’ordre de passage…etc. La personne qui « distribue » le micro ne sait pas à qui s‘adresser, hésite et fait perdre encore pas mal de temps, ce n’est pas très bien organisé. Je ne sais pas si ce ne serait pas plus intéressant d’établir justement une liste de questions avant le cours et même les sélectionner  pour éviter les questions répétitives, trop maladroites, pas claires, pleines d’inexactitudes, et privilégier les questions de fond qui apportent un petit plus à la vision d’Onfray ou qui sont carrément en opposition avec ses thèses. Il n’en sortirait que grandi. Il excelle dans les petites batailles de ce genre, dans l’improvisation, l’argumentation implacable, l’ironie, le sens de la répartie…

Frédéric : « J’imaginais peut-être une meilleure organisation des questions/réponses de fin de séance à l’UP : les questions des internautes pourraient être sélectionnées, un peu comme dans C dans l’air. Avec un truc en plus : des « disciples » (humour) pourraient aiguiller les questions déjà posées vers les réponses déjà faites. »

Pas « d’esprit de subversion », pas de questions « à contre-courant », la « modestie intellectuelle », le manque de « désir d’une aventure textuelle »…, peut-être, je ne connais pas assez le public de l’Up pour pouvoir généraliser de cette façon.  

Je me demande d’ailleurs, si la majorité d’étudiants au lycée technique (où Onfray enseignait pendant vingt ans) ou à l’Université (où il ne voulait pas être prof) n’assistent pas aux cours plutôt pour acquérir un savoir strict minimum qui leur permettrait de passer les examens, que pour aiguiser leur esprit. 

Et quel est le pourcentage de subversifs avec un riche bagage culturel, guidés par une simple curiosité intellectuelle? Au premier cours de 2008, il y a eu au moins un.


 

Théatre du Rond-Point à Paris, photo d'Ewa« Il m’est odieux de suivre autant que de guider ». 

J’ai l’impression que l’on prononce souvent cette phrase pour conjurer le sort, pour se persuader soi-même que l’on ne subit aucune influence, on n’appartient à aucune chapelle, on ne suit personne, on « pense par soi-même « comme un grand penseur solitaire devant l’Éternel, unique en son genre. Guider…, ce n’est pas donné à tout le monde, donc le plus souvent, le problème ne se pose même pas. On dirait qu’il n’y a que Nietzsche qui peut écrire cette phrase sans être ridicule, et encore… Et l’ironie du sort, ça arrive que ceux à qui les autres rappellent cette maxime, soient justement plus critiques,                    Il attend de nous, lecteurs fidèles...     indépendants, libres, plus insolents envers toutes sortes « d’autorités », et beaucoup moins « suiveurs » de règles établies - que les donneurs de leçons…

C’est drôle, tous les gentils upistes  répètent cette phrase incessamment, et Onfray aussi… Elle sonne comme une prière… Amusée par cette pieuse rengaine, j’avais écrit il y a presque deux ans sur le blog d'Eduard :

... nom de Dieu, Michel Onfray est devenu pape pour elle.

- « Ai-je confiance en Lui? Oui. » Amen.

- « Peut-il se tromper? Oui. » Mais non! Pape est infaillible et la vérité - une. C’est bien connu.

- Il attend de nous, lecteurs fidèles, que l’on fasse usage de notre esprit critique. Alors, les fidèles cherchent docilement, avec l'obéissance exemplaire, les points de désaccord avec leur Maître pou Lui plaire. Regardez, regardez, je ne suis pas d’accord, j’ai mon libre arbitre!

Mais moi, je suis infidèle, sans Dieu ni Maître, les viscères trop pleins d’esprit critique. Rien à faire des attentes d’Onfray! Je fais ce que je veux! Et si j’ai envie d’être d’accord avec lui à 100% (c’est loin d’être le cas, mais pourquoi pas, tout est possible), ce n’est pas lui qui m’en empêchera. D’ailleurs, je vais l’accuser de plagiat - il vole certaines de mes pensées et je les retrouve après dans ses livres. Quel escroc!

Aujourd’hui, j’ajouterais encore deux, trois phrases à ce coming out.

Athée depuis ma tendre enfance dans le milieu catholique, je n’ai jamais adhéré à une croyance, y compris la supercherie freudienne ; féministe affirmée dans la société patriarcale, j’aime déplaire aux machos et aux servantes sorties des côtes de leurs maîtres ; pas mariée, et pourtant presque tout le monde autour de moi est "bagué" en signe d’appartenance et ne jure que par son petit cocon familial ; pas mère - le refus de la servitude volontaire à vie, le choix assumé, incompris et très mal considéré dans notre société ; et puis, j’ai changé le pays, milieu social, langue, métier, vie ; une fois, mon intégrité physique à failli voler en écats et j’ai cru voir la mort de très près, et je ne l‘ai pas suivie…

Alors maintenant, quand j’entends : odieux…, suivre…, guider…, dévot..., -  moi, je souris.

Sourire, c’était toujours mon fort.  :~)

 

Bonne année à tous nos visiteurs! (si seulement nos souhaits avaient le moindre pouvoir …)

Je replonge dans le monde non virtuel, mes vacances ne sont pas terminées, je n’ai fait que passer. 

Ew’a


Merci à G.D. pour  Pink Floyd ;~)
 
Ewa           
(avec l’aide précieuse de Marc)    
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 11:18

 

Le 09.12.2011 l’Agence France-Presse a diffusé  un petit reportage de deux minutes sur l’Université populaire de Caen. 

"La philo en vogue grâce à l’Université populaire de Michel Onfray" 


Cliquez sur l’image  

onfray up nov 2011
"Jean-Marie Le Pen au second tour, le philosophe Michel Onfray crée l'université populaire de Caen. L’idée: éveiller les consciences, sur le modèle de celles lancées par Georges Deherme après l'affaire Dreyfus en 1898. Un enseignement gratuit, destiné à tous sans limite d'âge ou de diplôme, et dont le succès n'a cessé de croitre depuis 10 ans."

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Parallèlement,  AFP a publié un article de Chloé Coupeau sur le site L’Express.fr , où elle donne la parole aux « Upistes » et… à Raphaël Enthoven.
"L’université populaire d’Onfray, ou le succès de la philo via le politique"


 « Caen - Boulanger, infirmier ou professeur, ils sont environ un millier à assister chaque lundi au cours de philosophie que donne Michel Onfray pour la 10e année à l’université populaire (UP) de Caen. Pour le plaisir de s’y dégourdir les neurones ou le réconfort d’y retrouver leur vision du monde.

"C'est extraordinaire. Il y a 10 ans on était dans un auditorium (200 places). Puis on est passé dans un amphi un peu plus grand et là on est au théâtre" d'Hérouville Saint-Clair, qui jouxte Caen, "avec des écrans et des chaises à l'extérieur de la salle", raconte Jean-Pierre, professeur à la retraite, auditeur fidèle de cours qui sont pour lui un "bain de jouvence et d'intelligence".

Les "Upistes" viennent de loin et tôt pour avoir une place. Sur le site internet de l'Université populaire, on trouve des propositions de covoiturages depuis Paris ou Lorient.

Lancée en 2002, cette université gratuite est la réponse de Michel Onfray à l'arrivée du Front national au second tour des présidentielles.

L'UP "part du principe que "si les gens sont racistes c'est par manque de culture", explique le philosophe en rupture avec l'enseignement habituel de sa matière, qui vit de la vente de ses livres (plusieurs dizaines), dans 25 pays.

Outre la "contre-histoire de la philosophie" de Michel Onfray, une vingtaine de professeurs bénévoles propose des conférences, de la musique ancienne aux mathématiques.

L'idée a en parallèle essaimé dans plusieurs autres villes de France, comme Lyon et Grenoble.

"Vous avez changé ma vie" "La mesure du succès est pour moi surtout dans les mails que je reçois de gens qui comme moi était sociologiquement programmés pour passer à côté de la philosophie et qui me disent vous avez changé ma vie", assure l'ancien professeur en lycée technique, "programmé pour être ouvrier à la fromagerie" de son village.

"J'ai lu un petit peu, Marc Aurèle par exemple, ça a été très dynamisant pour moi. Ca m'a fait vraiment du bien. De fil en aiguille on se prend au jeu", explique Rémi, un boulanger de 46 ans interrogé à la sortie d'un cours.

Pour Pascale, 48 ans, bac scientifique et sans emploi, "ça m'aide au quotidien à vivre ma vie. Quand tu es décalée, tu te heurtes à de l'incompréhension. Je sens très proche de lui, de son hédonisme, il met des mots là où je n'en ai pas".

"Ca nous permet de réfléchir, d'avoir un avis sur une quantité de problèmes qui se posent actuellement", estime de son côté Maurice, un cheminot à la retraite. Le cours est de fait ponctué de quelques références à l'actualité.

"Tout est fait actuellement pour dire aux gens vous n'êtes pas intelligents. Laissez faire les spécialistes. Ici on dit les spécialistes, la plupart du temps, disent n'importe quoi. Emparez-vous de ces questions et vous direz des choses nettement plus intéressantes", résume le philosophe libertaire de 52 ans qui a soutenu Arnaud Montebourg lors des primaires socialistes.

De Platon à Freud, sa vision de "ce qui est de la fumée" et "ce qui n'en ai pas" est loin de faire l'unanimité.

Pour le philosophe Raphaël Enthoven qui a enseigné deux ans à l'UP de Caen avant une brouille avec son fondateur, "Michel Onfray a des certitudes dont il accepte peu qu'on ne les partage pas".

Mais "les gens enseignent comme ils sont. A l'université populaire on apprend des choses qui permettent de penser contre ceux qui nous les apprennent et ça c'est formidable", ajoute-t-il.»

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Vous pouvez également consulter nos autres articles sur le même sujet :

Le plaisir de philosopher, JT France 2, le 20.11.11 

Les dix ans de l’Up de Caen , Côté Caen, le 29.10.11

La philo superstar, JT France 2, le 10.06.1

 Ewa   

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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