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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 09:51

 

 

Imaginons un monde où les hommes seraient violés et battus par leurs compagnes (par amour, ça va de soi !), et tous les trois jours un homme en mourrait, uniquement en France. 

Poursuivons... Le sexe de 30 mille hommes vivant en France serait mutilé - au nom de la tradition - d'une façon qui rendrait les rapports sexuels douloureux et l’érection impossible. Résultat : sexualité et plaisir volés, santé détruite.

La majorité des hommes dans le monde serait enfermée à la maison, le visage et les cheveux voilés, leur corps impur bien caché pour ne pas tenter les femmes.

Ils seraient exploités en tant que bonhommes à tout faire à la maison, prostitués, séquestrés, torturés, vendus. Les bébés mâles seraient tués parce que nés hommes en Chine ou en Inde. Ils n'iraient pas à l’école parce que nés garçons, donc à quoi bon ? Ils seraient confinés aux tâches les plus ingrates, harcelés dans la rue et au travail, insultés, payés moins que les femmes, répudiés, lapidés…

Les hommes prendraient eux-mêmes et donneraient à leurs enfants le nom de famille de leurs épouses renonçant sans rechigner à une partie de leur identité et à la transmission du nom patronymique ; ils seraient perdus et humiliés dans les unions polyandres ; les petits garçons seraient forcés de se marier avec les vieilles femmes lubriques ; c‘est le féminin qui l’emporterait sur le masculin, y compris grammaticalement…

Tout cela se passerait dans la société matriarcale tenant sa légitimité des lois de la «nature», de la «tradition» millénaire qui justifierait les pires ignominies et barbaries, et surtout de la volonté de la Déesse Unique qui a créé l’homme d’une côte de la femme, au nom de la Mère et de la Fille et de la Sainte-Esprite, Amen. Et si les femmes ont autorité sur les hommes, c'est en raison des faveurs que la Déesse accorde à celles-là sur ceux-ci. 

Alors là, dans un monde pareil, j’aurais été homministe, comme certains hommes, les vrais, sont féministes dans ce monde-ci.

Ewa          

 

Pour avoir un petit aperçu de ce monde dystopique, regardez ce court-métrage drôle, intelligent, émouvant et révoltant à la fois, Majorité opprimée, réalisé en 2010 par Eléonore Pourriat.
Je vous invite également à lire le billet de la réalisatrice concernant les réactions d'une extrême violence que son film a suscitées, et à écouter la chronique de Noémie de Lattre où elle en parle avec beaucoup d'humour et de justesse. 
 

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"Majorité opprimée", bilan d'un succès à retardement

 

 

Le succès de mon petit film Majorité opprimée réalisé en 2010, ainsi que les réactions qui l'accompagnent, prouvent que le combat pour l'égalité entre les femmes et les hommes est plus d'actualité que jamais -en tout cas plus qu'en 2010, date à laquelle il ne déchaîna pas les foules, à part à Kiev (terre des Femen) où il avait obtenu le prix du meilleur court-métrage. Or, étonnamment, durant le mois qui vient de s'écouler, le film a accumulé plus de 9 millions de vues sur Internet...

 

Au fil de ces trois dernières semaines, j'ai reçu et découvert un nombre extraordinaire de messages et de commentaires sur Youtube, Facebook, différents sites, blogs, et dans la presse. La plupart sont élogieux, et la gratitude qu'ils expriment m'émeut profondément. Tant de victimes agressées, harcelées, violées, ou qui ont peur au quotidien. Tant de femmes reliées entre elles par ces situations qu'elles reconnaissent aussitôt en les découvrant dans mon film. Beaucoup d'hommes solidaires aussi, des quatre coins du monde.

Quelques réactions allergiques de dames me soupçonnant d'ériger le matriarcat en solution miracle. A celles-ci je répondrais que le film met en scène une dystopie, pas un monde idéal, la majorité des spectateurs l'auront compris, mais nobody's perfect, même chez les féministes...

Dans certains articles, quelques messieurs m'ont accusée de racisme, de sexisme ou encore d'islamophobie. Est-ce faire preuve de tous ces délits que de traiter une femme voilée/un homme cagoulé par la dérision au même titre qu'un(e) sexagénaire, un(e) policier(e), un(e) blond(e), une bande de jeunes?

Majorité opprimée est non seulement une œuvre de fiction (pas un documentaire ou un reportage) mais aussi une comédie. Dans mon travail de scénariste, j'ai toujours privilégié ce genre parce qu'il permet d'interroger des fonctionnements, des comportements, des réactions, en les mettant en lumière par l'ironie. Les femmes voilées font partie de la société dans laquelle je vis, et je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas en rire, comme je le fais de tous mes semblables. Je souris de cet homme cagoulé pour satisfaire sa femme, de même que je souris de ce père de famille condescendant et fort de ses certitudes d'homme libre. C'est ma politique d'intégration. Je crois qu'il ne faut pas céder au climat paranoïaque qui accompagne les représentations de musulmans dans la BD, le théâtre, le cinéma, car son effet pervers serait de rayer du paysage artistique une partie de nos concitoyens, de peur de se faire taxer d'islamophobe. C'est ce soupçon systématique qui est source de malaise.

Enfin je ne peux m'empêcher de m'interroger sur la véhémence, l'agressivité, la haine de certains commentaires qui circulent sur Internet, comme autant de cris de guerre. Encore aujourd'hui, en 2014, dix minutes d'une œuvre de fiction en pellicule 35 mm peuvent faire perdre toute leur dignité à des êtres humains qui, bien cachés derrière leurs pseudonymes, crachent leur fiel, menacent de représailles. Un internaute a été jusqu'à souhaiter le viol de toute l'équipe du film! Ces hommes qui se cachent derrière leurs pseudonymes ont peur, comme si les féministes d'aujourd'hui étaient les révolutionnaires d'hier, prêtes à leur guillotiner autre chose que la tête.

Je veux l'égalité entre les hommes et les femmes: c'est tout ce que revendique mon film. Et pour cela, je continuerai à me battre à coups d'histoires, de répliques, de gros plans, avec mes moyens d'artiste, bec et ongles.

Eléonore Pourriat, réalisatrice, scénariste et actrice   

Le Huffington Post, 07/03/2014   

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commentaires

philshycat 16/10/2015 15:28

http://poesieetphilofiction.over-blog.com/2015/10/le-feminisme-bis.html

philshycat 16/10/2015 15:04

Je suis heureux de voir ce terme philofiction reconnu, c'est ce que j'écris !
http://www.monbestseller.com/manuscrit/synopsis

Ewa 17/10/2015 18:21

J'ai utilisé ce terme en votre honneur. ;~)

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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