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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 11:00

 

onfray-sarko-biuro.jpg


Nous vous proposons la suite du dialogue - le compte rendu de la deuxième rencontre de Michel Onfray avec Nicolas Sarkozy dans son biureau de la place Beauvau, en 2007.

(Pour lire le rapport de la première rencontre, cliquez ici)  

 

ACTE II

"Michel Onfray : Vous n'avez évidemment pas eu le temps de lire les livres que je vous ai offerts la dernière fois. Avez-vous le souvenir d'un ouvrage de philosophie qui vous a marqué ?

Nicolas Sarkozy : En 1995, j'ai traversé une période difficile. Aux yeux du monde médiatique, je suis passé du «Mozart de la politique» à qui l'on promettait tous les succès, au traître et perfide Iago. C'est à ce moment que j'ai lu, dans la collection orangée Guillaume Budé des Belles Lettres, les lettres de Sénèque à son disciple Lucilius. Je lisais dans le train cette édition où la page de gauche est écrite en latin et celle de droite en français. Mon voisin me regardait lire avec une admiration sans borne. À la fin du voyage, il m'a dit : «Monsieur Sarkozy, je n'ai jamais vu quelqu'un qui lisait le latin dans le texte comme vous.» Je n'ai pas eu le courage de le démentir !

M. O. : Comment en êtes-vous arrivé à Sénèque ?

N. S. : Par un ami… Ce livre lu au milieu des épreuves m'a touché parce qu'il était à la fois très simple et très profond, tout simplement beau.

M. O. : En voilà un qui a vu le pouvoir de près, avec Néron…

N. S. : Effectivement, Sénèque était dans l'entourage de Néron et trouvait quelques vertus dans cet abominable type qui couchait avec sa mère et se vautrait dans des orgies sanguinaires… 

M. O. : Vous avez aussi une passion pour Albert Cohen ?

N. S. : Oui, j'aime beaucoup Albert Cohen dont la plus grande oeuvre est pour moi Le Livre de ma mère qu'il dédie à tous ces jeunes insensés qui imaginent leurs mères éternelles. Mais j'ai aussi adoré Belle du Seigneur qu'il publie…

M. O. : En plein Mai 68 !

N. S. : C'est en effet inouï ! Il écrit Belle du Seigneur alors qu'il est vieux et qu'il s'ennuie ferme au bord du lac de Genève. Il parvient à se couler dans cette merveille absolue qu'est le personnage d'Ariane avec une précision exceptionnelle. Les quarante pages qui la décrivent en train d'attendre Solal dans la baignoire sont proches de la perfection. 

M. O. : Oui, parce que toute la théorie de Schopenhauer sur l'amour s'y trouve condensée : le désir ne tient jamais ses promesses…

N. S. : On peut dire aussi d'une certaine manière que l'idée de la douleur est pire que la douleur elle-même.


M. O. : Ça, c'est Sénèque aussi. Et toute la sagesse antique qui m'inspire si profondément. Nous disposons d'un pouvoir sur nous, sur le monde, sur ce qui nous arrive et nous affecte, sur nos blessures mais aussi sur nos jubilations, car tout cela implique des représentations, et nous pouvons travailler sur elles. D'où l'intérêt pour le «connais-toi toi-même» de Socrate, qui vous irritait la dernière fois, et la possibilité de ce que j'ai appelé la sculpture de soi.

N. S.: Je me suis souvent posé cette question en rencontrant des gens malades dans les hôpitaux. On s'aperçoit alors que l'idée de la maladie est pire que la maladie, que l'idée du malheur est pire que le malheur et que, d'une certaine façon, la souffrance est souvent décevante par rapport à l'idée qu'on s'en fait. Peut-on dire la même chose du bonheur ? Je ne crois pas, le désir est aussi fort quand on l'imagine que quand on le vit, mais il est également plus bref. 

M. O. : Toute la sagesse antique ne cesse de dire que la souffrance peut être apprivoisée et travaillée parce qu'elle est d'abord une idée. Quand on souffre réellement, ce n'est parfois pas si douloureux. Pour Épicure, ou bien la souffrance est vraiment importante et on en meurt. Ou bien on n'en meurt pas, et ça veut dire qu'elle est supportable. Je suis assez épicurien dans ce cas de figure et d'accord avec vous pour affirmer que souvent l'idée de la souffrance est plus douloureuse que la souffrance elle-même. À deux reprises, me croyant dans l'heure qui précédait ma mort, j'ai pu expérimenter cette étrange leçon…

N. S. : À propos de sagesse, toute ma vie, les gens m'ont dit d'attendre, de ne pas être pressé. Enfant, il fallait que j'attende les autorisations pour sortir ; adolescent, il fallait que j'attende d'être un adulte ; adulte, il fallait que j'attende que les générations précédentes lâchent enfin le pouvoir… toujours attendreEt puis un jour, on se retrouve vieux et on n'a fait qu'attendre ! Les mêmes qui me disaient «c'est trop tôt» m'ont dit un jour d'un ton tout aussi péremptoire «c'est trop tard». Moi, je dis à mes enfants : «N'attendez jamais !» Pour une raison qui est simple, c'est que le temps ne vous appartient pas.

M. O. : Nous avons tous les deux en commun le fait de ne pas aimer attendre. Et je présume que vous ne vous ennuyez jamais… 

N. S. : Jamais. C'est un sentiment qui m'est étranger.

M. O. : Je ne sais pas ce que c'est que l'ennui non plus. «Une volonté sans objet», dit Arthur Schopenhauer. Ça ne m'est jamais arrivé, j'ai toujours quelque chose à faire, je trouve toujours la vie magnifique, parce que saturée de passions. Construisons des instants denses et cela suffit ! 

N. S. : C'est ça qui est sympathique chez vous : vous êtes à la recherche de sentiments forts en permanence. Écoutez, j'ai le regret de vous dire qu'on pourrait partir en vacances ensemble 

M. O. : Vous plaisantez ?

N. S. : On ne part pas en vacances avec quelqu'un parce qu'on est d'accord avec lui sur le problème de la Sécurité sociale… Au fond, le plus important, c'est le style, j'en suis persuadé.

M. O. : Je ne crois qu'à ça…

N. S. : Prenez Céline par exemple, qui a été capable d'écrire une phrase comme celle-ci : «L'amour, cet infini mis à la portée des caniches»… Voilà quelqu'un qui savait parler d'amour. Tout est juste dans la phrase : l'amour vous fait devenir caniche et, en même temps, c'est un infini absolu. Alors qu'on lui demandait quel était selon lui le plus grand écrivain, il répondait : La Fontaine. Mais oui, La Fontaine, car c'était pour lui un modèle de style. Il a tellement raison ! La façon de vivre, de respirer, de considérer les valeurs importantes de la vie, d'être curieux de tout… Vous pouvez parfaitement partir en vacances avec quelqu'un avec qui vous êtes en désaccord sur tout, sauf sur le style !

M. O. : Céline admirait également François Rabelais. Voilà en tout cas un romancier, Céline, qui a trouvé un style indépassable, inimitable et qui, en même temps, est à la portée de tous. Il écrivait de la littérature populaire ! Ce n'est pas l'intellectualisme d'un James Joyce, c'est de plain-pied dans la langue du peuple. Il représente le génie français – dans ce qu'il a de pire aussi, comme l'antisémitisme. Mais il apporte une langue et une vision du monde inédites, contemporaines de l'ère des masses et des foules.

N. S. : J'ai le privilège et le vertige de rencontrer des foules immenses… Je pense que la foule est une personne. Elle rit à l'unisson, pleure de même. La foule n'est pas seulement l'addition des gens qui la composent. C'est d'ailleurs ça qui peut être angoissant, lorsque la personnalité de la foule devient plus importante que la personnalité de chacun. C'est pour cela qu'elle peut être dangereuse… Je me suis longtemps enivré de la foule, de ses applaudissements, de ses excès, peut-être même de son hystérie. Et maintenant j'apprécie plus son silence qui exprime davantage de choses que les applaudissements.

M. O. : La foule est à la fois fascinante et inquiétante. Il y a, de fait, une hystérie problématique dans la foule que l'on peut orienter vers le mal. Heureusement, le nietzschéen que j'essaie d'être a toujours cette phrase en tête : «Il m'est odieux de suivre autant que de guider.» Le contact direct et animal avec une foule confère une espèce de puissance effrayante… Mais je trouve qu'il y a une plus grande puissance à renoncer à cette puissance. 

N. S. : Oui, il y a une plus grande puissance à obliger la foule à réfléchir plutôt qu'à réagir. Mais il m'a fallu du temps pour arriver à comprendre ça… Comme dit Jules Ferry «Ce n'est pas l'oeuvre d'un jour que de former une âme libre.» Cela dit, je pense qu'on se construit en transgressant, que l'on crée toujours en transgressant. Moi-même, j'ai créé mon personnage en transgressant certaines règles de la pensée unique. Je crois en la transgression. Mais ce qui me différencie des libertaires, c'est que pour transgresser il faut qu'il y ait des règles ! Il faut qu'il y ait de l'autorité, des lois. L'intérêt de la règle, de la limite, de la norme, c'est justement qu'elles permettent la transgression. Sans règles, pas de transgression. Donc pas de liberté. Car la liberté, c'est de transgresser. 

M. O. : Le libertaire que je suis n'est pas contre les règles Je suis pour qu'il y ait peu de règles, mais pour qu'elles puissent être respectées et non pas transgressées. Je n'aime pas la transgression… Il ne faut pas qu'il y ait des lois multiples qui invitent à la transgression, mais des codes, des pactes, des contrats reconductibles, passés avec des individus. Les officines libertaires orthodoxes ne m'apprécient guère, précisément parce que je transgresse les règles libertaires qui, en vertu du principe qu'il n'y a ni Dieu ni maître, affirment qu'il ne faudrait pas de lois… Je ne m'inscris pas dans cette perspective qui, à mes yeux, est plutôt libérale. Je pense qu'on peut résister de manière libertaire dans le capitalisme en créant des zones alternatives au monde que l'on réprouve. Je ne crois d'ailleurs pas à la disparition du capital mais à la fabrication d'espaces nomades, comme l'université populaire que j'ai créée à Caen, celle que j'ai fondée à Argentan, ou d'autres structures libertaires qui inventent des communautés éphémères et anticapitalistes. Mais… [Rires] de ceci et du reste, nous reparlerons en vacances !."

Ewa - Constance 

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commentaires

monica 12/07/2011 20:17



Une coquine, une coquine, est-ce que j'ai une gueule de coquine !


Et pui, d'abord, revenons à nos moutons.


Est-ce que Sarko a toutes ses chances en 2012 ?


Je pose une question.



Frédéric 12/07/2011 15:23



Monica, vous êtes une coquine, attirée par le pouvoir obscur de la délinquance relationnelle. Le rire sauve toutes les relations, heureusement.


Notez que vouloir devenir Jedi, ne fait pas devenir Jedi, heureusement.


Bonne journée



monica 12/07/2011 15:02



..."Les chevaliers Jedi forment un ordre d'individus qui ont l'habileté de maîtriser la Force, et qui l'utilisent uniquement pour faire le bien." ...C'était un peu pour rire lorsque j'ai renchéri
à vos propos...


Frédéric, je pensais plutôt à "chevalier", "gentilhomme " pour mon fils...un vrai, je crois !


Il n'a pas été chamboulé par Star Wars, il a vu quelques épisodes ; et sincèrement, je n'ai pas du tout pensé qu'il faisait référence à cette "Force"-là ; sourire...Mais qui sait... Vous êtes
homme et savez mieux que personne comment fonctionne le cerveau d'un garçon de dix ans.



Frédéric 12/07/2011 12:14



Monica, on est tous un peu pétri par le même inconscient collectif. Si votre fils appartient à une des deux générations Star Wars, il a forcément été chamboulé par cette histoire extraordinaire,
racontée merveilleusement. 



monica 12/07/2011 12:04



Frédéric,


Mon fils est devenu un Jedi. Comment avez-vous deviné ?... et ce n'est pas de la fiction.


Même si je fais connaissance de votre personnalité avec ce blog, en virtuel, vous me semblez bien réel quand vous me devinez...Peut-être tout simplement parce que cela me donne du plaisir.



Frédéric 12/07/2011 12:03



:-)



monica 12/07/2011 11:59



J'ai dû redonner des informations pour ajouter mes commentaires et j'ai mis gallas au lieu de monica par étourderie.


J'ai séché mes larmes, Frédéric, mais j'avoue qu'elles m'ont fait du bien.



Frédéric 12/07/2011 10:47



Quand je vois les fautes d'orthographe que je laisse passer, cela me donne envie de faire un sitting devant les bureaux d'OverBlog, pour qu'il rajoute la fonctionnalité "éditer ses propres
commentaires". Bonne journée



Frédéric 12/07/2011 10:45



Tout ceci me rappelle une chanson de Paul McCartney, que j'adorais il y a 20 ans : "Put It There"


http://www.youtube.com/watch?v=4_5H42OahI8


Paul McCartney semble avoir eu la chance d'avoir un père exceptionnel. Traduction brute de décoffrage des paroles, mais le sens est là (source) : 


 


Le titre "Put it There" vient d'une expression que le père de Paul utilisait fréquemment lorsque ça n'allait
pas. 

Donne moi ta main, j'aimerais la serrer
Je veux te monter que je suis ton ami
Tu comprendras si je suis assez juste
C'est tout ce qui compte à la fin

Pose ça là si ça pèse une tonne
Cela que disait un père à son jeune fils
Ca n'a pas d' importance si ça pèse une tonne
Aussi longtemps que toi et moi somme là,
Aussi longtemps que toi et moi somme là

S'il y a une dispute, j'aimerais le résoudre
Je déteste voir les choses aller si mal
La nuit la plus sombre dans un mélange émotions
Arrive plus léger, chante une chanson

Pose ça là






Frédéric 12/07/2011 09:15



Séchez vos larmes Gallas. 


En voilà un qui a bien digéré ses difficultés relationnelles avec son père 


Dionysos - Quand
j'étais petit, j'étais un Jedi


Monica, peut-être que votre fils s'est plutôt dit : "Quand je serai grand, je serai un Jedi". Un peu comme moi, en fait.


Bonne journée 



gallas 12/07/2011 07:43



Frédéric,


Cette chanson...


J'ai pleuré,


à cause de vous.


Votre texte... j'apprécie.



Frédéric 12/07/2011 01:53



Monica, je suis tombé sur la chanson de Calogero à la radio ce week-end. J'ai pensé à vous, et à ce que vous nous avez écrit. Et excusez-moi : il m'a fallu tout ce temps pour saisir un peu de la
profondeur de votre propos. 


http://www.deezer.com/fr/search/si+seulement+je+pouvais+lui+manquer


Que le père soit là ou pas, c'est compliqué pour un fils. Comment renouer quand on ne peut communiquer sainement avec son géniteur ? 


Pour MO, c'est peut-être aussi l'envie de vivre pleinement l'immanence, qui l'a poussé à n'être qu'un fils. Le besoin d'incarner un autre rapport au monde, sans autorité imposée à priori, mais
une autorité qui s'installe petit à petit, par l'évidence de son action bénéfique. 


Quand il emporte son père avec lui dans la sphère publique, il me semble qu'il faut le comprendre de la même façon que lorsqu'il réhabilite un Aristippe ou un Meslier, qui ne sont pas connus : il
souhaite les proposer en exemple, comme les incarnations de la vraie philosophie : celle qui emmène à une vie philosophique.


Contrairement à d'autres, MO n'a pas commencé en s'affichant avec des personnalités connues. Sa présence est dévenue tellement énorme dans la société française, que les connus viennent à lui.
 


Si j'étais chez le coiffeur, j'ajouterai une grille de lecture qui m'emmenerait gloire et gratuité de la prestation : MO n'avait peut-être pour seule ambition que de devenir le père de son propre
père. Faire grandir ce fils incompris de tous, le racheter aux yeux de chacun, et entendre à la toute fin qu'il avait raison : que son action avait rétabli la balance de la Force. Un peu comme
Luke Skywalker dans l'épisode VI.


(J'espère que le modérateur sera indulgent avec cette belle envolée de fin de commentaire. J'aurais d'ailleurs dû commenter en deux fois, pour miniser le risque que la première partie ne
s'envole.)


 



Frédéric 08/07/2011 10:47



Malheureusement, aucun de ses visages ne m'appartient. Je poserai des brevets sur d'autres. Bonne journée



Jean-Thomas 08/07/2011 00:15



Je saisis les bises de nuit, je les transforme en bises de matin, je les envoie à toutes les féministes et je dépose un brevet 



constance 07/07/2011 22:43



Cher Jean-Thomas,


 


Enfin, mon second degré est compris, gloire à Michel Onfray :-) (Frédéric, tu en as breveté un nouveau, à côté, les nôtres sont ridicules)


 


Messieurs, je vous envoie donc des bises de nuit



Frédéric 07/07/2011 14:07



Ola pas du tout ! L'espoir est toujours là ! Un film met des années à se monter ! De l'écriture à la réalisation, puis le montage, enfin la distribution. 


Mulholland Drive par exemple : le premier pilote date de 1990. Le tournage commence en 1999. Le film est sorti fin 2001 !


http://fr.wikipedia.org/wiki/Mulholland_Drive_(film)


Ok, l'exemple est extrême, mais parlant. Généralement, cela met des années. Un vrai parcours du combattant pour ceux qui portent le projet.  



Ewa 07/07/2011 12:51



Merci Frédéric, je ne connaissais pas ce projet. Trois ans, je pense qu’il a été abandonné depuis.



Frédéric 07/07/2011 10:53



Salut, une découverte pour moi, peut-être pas pour vous :


"Laurent Lucas dans la peau de Michel Onfray"


http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Laurent-Lucas-dans-la-peau-de-Michel-Onfray-1486282


Le scénario est basé sur l'histoire de Onfray père et fils.


L'article date de 2008. Peut-être que le film va sortir prochainement ? Peut-être que le projet est tombé à l'eau ? Merci à ceux qui en savent plus 


❣◕ ‿ ◕❣



marc 07/07/2011 00:53



jean-thomas , il n’y a rien de plus bete que les hommes regroupés en bande croyez mon experience


alors laissons tomber le syndicat  chacun se defend tout seul comme un grand 


s’il a envie de se defendre ;)



Jean-Thomas 06/07/2011 23:29



Constance, vous me parlez, je rapplique immédiatement. Dis donc, les femmes ont de l’autorité ici. Il faudrait peut-être que les hommes se regroupent en association pour défendre leurs
droits 


Monica, je change mon pseudo s’il est déjà pris. Je serai Thomas, ça vous plaît, j’espère.



Frédéric 06/07/2011 14:18



Non, non, pas d'énigme, Monica : vous êtes encore une fois simplement victime d'une mauvaise expression de ma part. J'ai oublié de rajouter "Si ce testament existait, et rien n'est
moins sûr !" Si je vous ai fait rire, tant mieux :)


Concernant MO & son père, il a peut-être juste commencé par balayer devant sa porte. Pour construire un quotidien jubilatoire, rien de tel que de faire la paix avec son passé, non ? 



monica 06/07/2011 14:01



Mais, Frédéric, je m'étonnais juste de l'amour que porte un fils à son père.


L'amour que porte une fille à son père, lui, je peux le comprendre puisque je l'ai vécu, pendant 52 ans..


Quant à ce fameux testament, vous êtes tellement énigmatique que cela en devient rigolo ! Pardonnez-moi cette familiarité à votre égard.


Très cordialement



Frédéric 06/07/2011 13:16



Attention Monica, tu vas finir par nous faire des confidences sur ton propre père. :-)


Vous avez toutes raison. Tout cela n'est que pure spéculation. J'espère qu'on découvrira ce livre testament dans très très très très très très très longtemps.



monica 06/07/2011 12:46



Frédéric,


Je ne pense pas que MO aura des révélations à faire sur sa relation avec son père. Il écrit déjà ce qu'il a envie d'écrire sur son père.


La plupart des fils ont cette relation avec leur père ; un besoin d'aimer, d'admirer et de dépasser pour devenir adulte. Je pense que MO a donné à son père tout l'amour dont il a été capable de
donner.


Le mien de fils, qui a eu des relations difficiles avec son père avec lequel je n'ai pas vécu, m'a dit un jour, en réponse à une remarque de ma part sur le comportement paternel alors que son
père l'avait meurtri : ..."je lui donnerai encore plus d'amour, ça le rendra plus fort"...


C'est inouï, cette force d'aimer que ces enfants ont pour leur géniteur !


J'aime et je crains cette force. Pour qu'elle soit positive, il faut beaucoup d'intelligence et d'abnégation.


Michel Onfray a vécu durant son enfance de graves blessures dont il a guéri, comme mon fils, je pense ; mais de cet amour on ne guérit jamais, je crois, et c'est peut-être bien ainsi.


Cependant, j'ai tort de comparer ma vie avec celle des gens que j'aime. C'est une erreur, sachant que chaque être est différent.



monica 06/07/2011 10:36



Jean,


Je ne suis pas déçue. Je pensais à un "Jean-Claude" qui laissait des commentaires carpe diem sur ce blog, mais je ne le connais pas.


Constance, tu sais bien que je ne sais pas toujours où donner de la tête avec mes hommes dans la vraie vie !Je ne me vois pas rajouter une pointure comme MO.


...Et puis, Michel ne peut venir à une de mes soirées tango, il manquerait de pratique... et je n'aime de lui que l'idée que je m'en fais moi aussi grâce à ses livres et ses cours à l'UPC :
quelqu'un d'idéal...Si je le voyais danser, je serais tellement déçue pour le coup...



constance 06/07/2011 07:21



Ma belle Ewa, tu t'en sors très bien seule :-) Je suis un peu à l'ouest (j'aime bien quand je fais des messages perso, seule la personne concernée aura compris...).


 


D'abord, Jean : avez-vous vu que je vous parle, Jean ? et que je suis l'amie d'Ewa ? Humour, légèreté, distance et second degré, nous en avons bien besoin, j'espère que vous comprendrez le mien,
visiblement, je suis la seule à y arriver :-) (Frédéric, j'ai déposé un brevet pour celui-ci, tu m'en dois au moins deux, non ?)


 


Ensuite, je ne crois pas que MO ait des idées sous le coude, le moment présent (message perso à nouveau parce qu'il y en a qui savent pas suivre des liens) est le seul qui importe à ses yeux,
pourquoi alors garder des idées que l'on ne pourra jamais exposer ou qui seront déformées ?


 


Monica, de l'amitié à sens unique, bon c'est bien mais MO est tj vivant, ça voudrait le coup, p-ê, de l'inviter à une séance de flamenco. Il répondrait, on ne sait jamais. 



Jean 06/07/2011 00:45



Monica, j’ignore qui vous avez reconnu en moi mais je suis sûr et certain que vous vous trompez, désolé. Vous semblez l’apprécier, je ne veux pas que vous soyez déçue à cause de moi. Il reviendra
certainement  



Jean 06/07/2011 00:33



Humour, ironie, légèreté, second degré, distance …  J’espère que je vous ai apporté un peu d’aide, Ewa 



Ewa 05/07/2011 23:21



Constance, au secours !!! ;~)



Frédéric 05/07/2011 22:58



Pardon Ewa et Monica, je ne voulais pas vous heurter. Je me disais juste qu'il est probable que MO garde sous le coude quelques pensées personnelles véritablement apocalyptiques pour notre vision
du monde, et qu'il a sans doute jugé bon de ne pas les partager de son vivant.  


Ces pensées sont sans doute indéfendables en l'état actuel dans nos sociétés, car ultra-minoritaires, ou tout simplement impensables aujourd'hui. C'est la voie que Meslier a choisi, il y a
quelque temps, non ? La vie est trop dure quand on a raison trop tôt.  


Peut-être les a-t'il offert à quelques amis de pleine confiance ?


 



monica 05/07/2011 17:13



Frédéric,


Ne vous y trompez pas. J'apprécie Michel Onfray au-delà de son amour pour son père et des propos qu'il peut tenir avec certains hommes politiques.


Ce qui m'intéresse chez lui, ce n'est pas ce que j'ai de commun avec lui, à savoir, mes faiblesses, mes humeurs et mes émotions, ce sont ses livres, son style, son honnêteté intellectuelle, son
esprit, sa noblesse d'âme, son sens de la pédagogie.


Son humanité est parfois désarmante, touchante, c'est ce qui fait qu'en plus de l'admiration que je lui porte, j'ai de l'amitié pour lui ; même si elle  est à sens unique, puisqu'il ne me
connaitra jamais, cela me fait plaisir.



Ewa 05/07/2011 17:11



Frédéric, quelle vision apocalyptique du crépuscule d’une idole! Pitié, la pauvre groupie sans cervelle que je suis, ne survivra pas à ses désillusions… ;~)



Frédéric 05/07/2011 16:06



Monica, cela ne m'étonnerait pas que MO ait déjà écrit un livre, qu'on ne découvrira qu'après sa mort. Il est tellement fan de l'abbé Meslier, que cela semble tomber sous le sens. :-)


Il contiendra sans doute des révélations aussi terrifiantes que jubilatoires, peut-être même sur sa relation avec son père. Nous tomberons de nos chaises.


:))



monica 05/07/2011 08:37



Allez, je continue... je suis en vacances et j'en profite pour me laisser aller.


Je pense que Michel Onfray ne peut pas s'empêcher d'admirer certains "grands" de ce monde ; il se reconnaît peut-être en eux et c'est bien. Je peux bien le comprendre. Nous sommes ainsi faits,
lui comme les autres.


Je pense aussi qu'il aurait aimé que son père soit quelqu'un de reconnu ; il me donne l'impression que cela lui a manqué. Il en parle avec amour et avec regret, de ce père. Cela paraît presque
obsessionnel chez lui, ce manque du père qu'il a vécu ado ; cela me touche beaucoup.


N'avons-nous pas aussi tous tendance à vénérer un père absent dans notre propre vie, absent affectivement, absent physiquement. Il a mis les bouchées double quand il l'a retrouvé plus tard. Son
père est dans ses livres, dans ses chroniques, partout. Il n'a pas voulu être père lui-même, pas seulement pour être fidèle au concept philosophique de l'hédonisme, mais aussi pour rester un fils
à part entière. C'est mon sentiment.


Mais je peux me tromper...



monica 05/07/2011 07:44



Jean, je crois vous avoir reconnu, et cela me ferait plaisir que je ne me sois pas trompée...



monica 05/07/2011 07:44



Marc, être d'accord sur le style, pour moi, cela ne veut pas dire grand chose.


Si j'aime MO, c'est aussi pour son style.


Celui ce NS me déplaît outre mesure.


Je pense que Michel Onfray a fait ce qu'il a pu pour ne pas offenser le susceptible futur président de la république française ! C'est tellement humain...



monica 05/07/2011 07:19



Je suis bien d'accord avec vous, Jean.


J'ai souvent réalisé mes désirs, il suffit de beaucoup de volonté, et d'avoir beaucoup souffert. L'expérience de la souffrence donne des ailes.


Quant à la douleur, je suis un peu offusquée. Oui, l'idée est jolie, mais ce n'est pas vrai. Je suis assez étonnée que Michel Onfray écrive cela. Passe encore pour Sarkozy, rien ne pouvant me
surprendre venant de lui. Il sait devenir humain en face d'un grand philosophe, c'est son rôle de politique, tout simplement.


Mais ce philosophe que j'aime tant a parfois des pensées qui ne rejoignent pas les miennes, et c'est heureux.


 



marc 05/07/2011 00:01



monica , ils devaient etre d’accord sur le style et en desaccord en tout 


c’est pour ça ils ont failli partir en vacances ensemble


c’est souligné en gras  (j’adore cette manie de soulignement ;)



Jean 04/07/2011 23:30



Cette partie de la discussion est plus intéressante que la première et Sarkozy paraît plus humain.


"Le désir ne tient jamais ses promesses". Mais si, je suis la preuve vivante  Il faut savoir réaliser ses
désirs avec la personne choisie soigneusement et pas avec n’importe qui. Schopenhauer était nul dans la "vraie vie". 


"L’idée de la douleur est pire que la douleur elle-même". Ça fait joli mais c’est pas vrai. Je suis sûr que chaque malade qui souffre vraiment échangerait sans hésitation sa douleur réelle contre
l’idée de la douleur.



monica 04/07/2011 20:29



Incroyable ! Michel Onfray a failli partir en vacances avec Nicolas Sarkosy !


Quatuor, le monde est fou !



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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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