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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 12:28

 

soler jean qui est dieu +photo

 

Le livre « Qui est Dieu? » (Éditions de Fallois, Paris, 2012) du philosophe et historien des religions, Jean Soler, a suscité une violente polémique en juin 2012, polémique amplifiée par l’intervention enthousiaste de Michel Onfray en sa faveur, suivie des attaques de la meute de ses détracteurs « professionnels «, strictement obnubilés par la figure du philosophe normand, mais dotés d’une parfaite ignorance des travaux de l’historien du Roussillon, le mot d’ordre : antisémite, leur suffisait largement.

 

Il serait peut-être intéressant d’y revenir, une fois la tempête médiatique passée, pour voir comment le principal intéressé explique, éventuellement corrige ou approfondit ses propos. C’est exactement ce que propose Daniel Salvatore Schiffer dans un entretien avec Jean Soler « De quoi Dieu est-il le nom ?« publié le 2O décembre 2012 sur son blog Mediapart. Jean Soler y maintient ses positions, les argumente brillamment en tant que historien, critique du monothéisme et non croyant; élargit son discours en se référant à d’autres ouvrages dont l’essai « Qui est Dieu?« n’était qu’une synthèse; démêle patiemment et démontre clairement : malentendus, incompréhensions, jugements hâtifs, saintes indignations apeurées...

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  • Daniel Salvatore Schiffer : Votre dernier essai, «Qui est Dieu ?», se présente comme une sorte de condensé pédagogique, bien qu’enrichi d’apports significatifs, de votre œuvre principale : la critique du monothéisme. Pouvez-vous expliquer le sens de cette démarche intellectuelle ? 
  • Jean Soler : C’est parce que la grande presse persistait à garder le silence sur mes livres que j’ai cru bon d’en donner un récapitulatif, en adoptant une manière plus elliptique et plus incisive, au risque de paraître sommaire, quoique je renvoie toujours dans des notes aux essais précédents. Mon but était de gagner de nouveaux lecteurs. Je n’avais pas prévu que Michel Onfray allait m’y aider énergiquement, en montant au créneau avec tout le poids de sa notoriété et toute sa force de conviction, pour engager à me lire. Hélas ! mal lui en a pris. Ses détracteurs coutumiers se sont rués sur lui pour cracher leur venin, sans se préoccuper de ce que disent au juste mes livres. Les attaques contre nous ont été d’un niveau misérable : la hargne y tenait lieu d’arguments ! 


soler jean invention du monothéisme 2soler jean la loi de moïse blancsoler jean vie et mort dans la bible

  • Schiffer : Votre précédente critique du monothéisme avait pour titre général «Aux origines du Dieu unique» : une recherche historique que vous avez subdivisée en trois volumes :                             1) «L’Invention du monothéisme» (2002),  2) «La Loi de Moïse» (2003),  3) «Vie et mort dans la Bible» (2004). Pourquoi ce triptyque ?
  • Soler : 1) Le premier volume est relatif à la théologie des Hébreux, à leur métaphysique. J’explique comment ils sont passés du polythéisme au monothéisme, et pourquoi. Le seul fait d’intituler ce livre «L’invention du monothéisme» laisse entendre que c’est un incroyant qui s’exprime. Je relève aussi les difficultés de la croyance en un seul Dieu, une divinité manifestement masculine, décrite comme un Père Tout-Puissant, quand il s’agit de donner un statut à la Femme ou pour rendre compte du Mal.  2) Le deuxième tome analyse la morale des Juifs de l’Antiquité. Leur éthique ne vise pas à l’universel, elle ne se soucie pas du destin de l’humanité. Elle constitue un remarquable dispositif destiné à assurer l’unité du peuple en vue de sa survie. J’examine ensuite l’articulation problématique entre la Loi biblique et la Loi talmudique, celle du judaïsme de notre ère. Je mets enfin en lumière la présence dans la Bible de deux livres hors-la-Loi, deux chefs d’œuvre subversifs par rapport à l’idéologie officielle, «L’Ecclésiaste» et le «Cantique des Cantiques».  3) Quant au troisième volume, il analyse les comportements rituels des Hébreux, en ciblant mon étude sur l’usage symbolique de la nourriture dans les interdits alimentaires - mon premier travail, considéré aujourd’hui comme classique -, dans les jeûnes, domaine inexploré, et dans les sacrifices animaux offerts au dieu : ce sont, dit la Bible, son «aliment». J'explique en quel sens il faut interpréter ce terme. 
  • Schiffer : Vous parlez aussi, je crois, des sacrifices humains ?
  • Soler : Je n'écarte pas cette question délicate. Il est nécessaire de l'élucider si l'on veut comprendre le dogme chrétien du «sacrifice du Christ» et le rite du «sacrifice de la messe». J’aurais pu intituler ma trilogie «Essais d’anthropologie biblique». J’ai préféré «Aux origines du Dieu unique» parce que mon apport principal, à mes yeux, est d’avancer une hypothèse non confessionnelle et sans complaisance sur les raisons d’être de cette révolution culturelle qui devait connaître, par les hasards de l’histoire - la naissance du christianisme et plus tard de l’islam -, un avenir aussi extraordinaire qu’imprévisible.

 

ATHENES ET JERUSALEM

  • Schiffer : A ce triptyque s’ajoute un livre important, paru en 2009, portant l’explicite tire de «La Violence monothéiste». Est-ce à dire que le monothéisme déboucherait fatalement sur l’extrémisme religieux, le fondamentalisme idéologique et l’intolérance philosophique ? 
  • Soler : Je ne pense pas que le monothéisme doive déboucher «fatalement» sur l’extrémisme et sur des actes de violence, mais qu’il a une pente qui y prédispose. Quand on est convaincu que la soler jean la violence monothéisteVérité est une et le Bien un, comme le Dieu unique qui se trouve à leur source, on est enclin à considérer que ceux qui professent d’autres croyances sont dans l’erreur ou qu’ils ne veulent pas reconnaître où est la Vérité véritable et le vrai Bien. Et par suite on peut estimer qu’on a le droit, pour certains c’est même un devoir, de les contraindre par divers moyens, dans leur propre intérêt, à abandonner leur voie mauvaise. Mais pour que cette pensée intolérante se traduise par des actes de violence, il faut que le religieux fasse alliance avec le politique. C’est ce qui s’est passé quand le christianisme est devenu, après la conversion de l’empereur Constantin, au début du IVe siècle, la religion officielle de l’Empire romain. Il en est ainsi, depuis Mahomet, chez les musulmans, comme chez les Juifs d’Israël, aujourd’hui, ou chez les protestants fondamentalistes des Etats-Unis qui ont poussé Bush II, l’un des leurs, à déclencher une guerre contre l’Irak, pour répliquer à des attentats islamistes qui visaient les «Croisés» américains, complices des «Sionistes». Tous ces événements se situent dans l’horizon du monothéisme. Rien d’équivalent ne se rencontre dans une civilisation polythéiste comme celle des Grecs. Il n’est pas question d’oublier les guerres entre cités grecques mais aucune de ces guerres n’a été entreprise au nom d’un dieu et aucune n’a revêtu le caractère totalitaire de la conquête de Canaan telle qu'elle est racontée sans le moindre remords par les rédacteurs de la Bible: comme un fait historique accompli pour obéir à l'ordre du dieu de massacrer tous les habitants des trente cités conquises, sans épargner les vieillards, les femmes, les enfants ni même les animaux qui vivaient avec eux. Dans «La violence monothéiste», j’ai comparé l’univers mental des deux peuples et j’ai brossé un «Parallèle entre Athènes et Jérusalem» que je crois éclairant pour l’une et l’autre culture. 
  • Schiffer : Le penseur laïc que vous êtes se dit par ailleurs favorable à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, de la sphère temporelle et du domaine spirituel !
  • Soler : Oui. Dans les conclusions de ce livre, je me dis effectivement en accord avec les principes de la laïcité à la française, qui sépare radicalement le religieux et le politique, de manière qu’aucune religion ne puisse orienter les décisions que les élus ont à prendre dans l’intérêt général du pays. La laïcité ne proscrit pas pour autant les religions ; elle autorise, conjointement, la croyance et l’incroyance, la pratique de toutes les religions et la critique de toutes les religions, en application de la liberté de pensée. Et je ne saurais accepter l’interprétation dévoyée de la laïcité qui voudrait empêcher, au nom de la liberté des cultes, la critique de telle ou telle religion.

 

COMMUNISME ET NAZISME 

  • Schiffer : Vous soutenez, dans «Qui est Dieu ?», que le monothéisme aurait directement influencé,soler jean qui-est-dieu 1 dans ses dérives les plus extrêmes, ce que vous considérez être à juste titre comme «les deux grands fléaux du siècle passé» : le nazisme et le communisme. Qu’est-ce à dire ? 
  • Soler : Le communisme et le nazisme, si l’on étudie leurs assises conceptuelles dans le «Manifeste du parti communiste» de Marx et «Mein Kampf» d’Hitler - ce que j’ai fait dans «La violence monothéiste» et résumé dans «Qui est Dieu ?» -, se révèlent tributaires de la vision du monde issue de la Bible hébraïque par le relais du christianisme. Sans pouvoir entrer dans trop de détails, je me contenterai de vous répondre que pour les fondateurs des deux idéologies, il existe une vérité unique qui rend compte, elle seule, du sens de l’Histoire, et que ses tenants ont le devoir de la faire triompher en s’appuyant sur un parti, unique également, qui n’hésitera pas à recourir à la violence pour que l’humanité puisse accoucher d’une ère où tous les conflits seront abolis. Cette vision moniste et messianique est tout à fait étrangère aux Grecs, pour qui la vérité est plurielle à l’égal du monde divin, pour qui l’Histoire n’a pas de sens déterminé, pour qui les libres débats démocratiques et la persuasion sont préférables à la contrainte, quand il s’agit de prendre des décisions dans l’intérêt d’une cité et non pas de l’humanité. Dans cette optique, le recours à la violence peut être un mal nécessaire, comme dans les guerres défensives face à l’invasion des Perses, ou une erreur tragique, comme dans la guerre d’Athènes contre Sparte, selon l’analyse qu’en fait Thucydide, son historien. La violence n’est un bien pour aucun penseur grec.
  • Schiffer : Il y a, dans «Qui est Dieu ?», une phrase qui a fait réagir très négativement, à votre propos, bon nombre de commentateurs, dont certains n’ont pas hésité à vous taxer d’«antisémitisme». Cette polémique assertion est la suivante : «Si le communisme selon le ‘Manifeste’ est le modèle hébraïque auquel il ne manque que Dieu, j’ajouterai, au risque de passer pour un ‘antisémite notoire’, que le nazisme selon ‘Mein Kampf (1924) est le modèle hébraïque auquel il ne manque même pas Dieu.». Pourriez-vous vous expliquer sur cette problématique, voire provocatrice, sentence à partir du moment où Hitler même semblerait ainsi issu, à vous suivre, de Moïse ? Moïse-Hitler : même combat, donc ? 
  • Soler : «Moïse-Hitler : même combat», je récuse ce raccourci. Ce qui m’a frappé, quand j’ai découvert «Mein Kampf», un livre dont tout le monde connaît le titre mais que personne ne lit, c’est qu’Hitler s’y présente en croyant, certes détaché du catholicisme dans lequel il a été élevé, mais persuadé que Dieu existe et qu’il a choisi autrefois les Juifs pour être son «peuple élu». La conviction qu’il exprime dans ce livre, qui sera appelé «la Bible du peuple allemand», c’est que les Juifs ont failli à leur mission depuis qu’ils ont condamné à mort Jésus et qu’ils sont devenus un peuple apatride, matérialiste, complotant pour dominer le monde grâce à la finance internationale et à la doctrine du «juif Marx». Pour Hitler, Dieu a désormais fait choix d’un autre «peuple élu», celui des Allemands, et il est clair qu’il ambitionne d’être son «guide», comme Moïse a été celui des Juifs. Pour le nouveau «peuple élu», c’est une obligation impérative d’éliminer l’ancien, «car il ne peut y avoir, dit Hitler, deux peuples élus». Voilà ce qu’il faut lire derrière la citation de «Mein Kampf» qui m’a été beaucoup reprochée, comme si j’en étais l’auteur : «C’est pourquoi je crois agir selon l’esprit du Tout-Puissant, notre Créateur, car : En me défendant contre le Juif, je combats pour défendre l’œuvre du Seigneur».

 

MOÏSE, ANCÊTRE D’HITLER ? 

  • Schiffer : Ne voyez-vous pas là une paradoxale et dangereuse dérive idéologique à faire ainsi du judaïsme la préfiguration du nazisme, et de Moïse l’ancêtre d’Hitler, comme si le Dieu des Juifs était l’inventeur du premier génocide de l’Histoire ? 
  • Soler : Pour connaître mon point de vue, il suffit de lire le commentaire que je fais de la phrase d'Hitler : «Ainsi, c’est au nom du Dieu des Juifs qu’Hitler a voulu écarter les Juifs de la route du peuple allemand !». Que ce soit délirant, vertigineux, sans aucun doute, mais refuser de voir jusqu’où a pu aller ce que j’appelle «la violence monothéiste» relève d’un aveuglement volontaire. 
  • Schiffer : Est-il légitime de réduire ainsi le judaïsme contemporain, largement inspiré des lectures consenties par la libre interprétation du Talmud, au judaïsme antique, exclusivement basé, quant à lui, sur une lecture littérale, et donc forcément archaïque, de la Torah ?
  • Soler : Le Talmud est en effet le livre de référence, plutôt que la Bible, pour le judaïsme de notre ère, celui de la Diaspora. Son principe, qui est de juxtaposer sans hiérarchie entre elles des opinions différentes et parfois divergentes de rabbins de diverses époques sur le même fragment de la Torah, a donné au peuple en exil une meilleure adaptabilité à des environnements nouveaux et difficiles. Ce judaïsme talmudique, que l’on dit aussi rabbinique, je l’ai qualifié de «pacifique» dans «Qui est Dieu ?» (page 101). Mais si l’on observe l’évolution de l’Etat juif après la divine surprise qu’a été sa victoire éclair dans la guerre des Six Jours, et plus encore, après l’arrivée au pouvoir, en 1977, de la droite alliée aux religieux nationalistes, on constate - je sais de quoi je parle pour avoir vécu huit ans en Israël, deux fois quatre ans, avec un intervalle de vingt ans entre mes deux séjours - le retour en force de l’idéologie biblique, sur les lieux où le Livre a été écrit, et la réactivation de la mythologie du «peuple élu» et de la «Terre promise», qui légitime le recours à la violence sous diverses formes à l’encontre des Palestiniens, assimilés sans toujours le dire aux Cananéens de jadis.

 

CONTRESENS

  • Schiffer : Vous relevez, dans «Qui est Dieu ?», sept importants contresens, ou idées reçues, quant au Dieu de la Bible. Quels sont-ils, en résumé ? 
  • Soler : Dans le premier chapitre de «Qui est Dieu ?», j’ai voulu porter à la connaissance du grand public des acquis de la recherche contemporaine qui remettent en question ce qui est enseigné en milieu juif, chrétien ou musulman et qui s’écrit encore dans des livres d’histoire ou des manuels scolaires. En bref, le monothéisme ne remonte pas à Abraham ni même à Moïse, qui aurait vécu au XIIIe siècle avant notre ère, mais au IVe siècle. Le dieu de la Bible n’est pas le Dieu unique mais un dieu parmi d’autres nommé Iahvé. Moïse n’a pu écrire les cinq premiers livres de la Bible, comme la Bible elle-même l’affirme, parce que les Hébreux n’ont pas écrit leur langue avant le IXe ou le VIIIe siècle. Si Moïse a existé, il n’a pas conduit tout un peuple dans un désert pendant quarante ans, sinon les archéologues en auraient retrouvé des traces. Pas de traces certaines non plus du glorieux royaume de David et de Salomon. L’idée que les Juifs de l’Antiquité avaient une vocation à l’universel ne repose que sur des versets sortis de leur contexte ou traduits de façon erronée. Ils avaient le souci au contraire de se tenir à l’écart des autres peuples, considérés comme «impurs». Même quand ils ont adopté le dogme qu’il n’y a qu’un Dieu, ils n’ont pas cherché à diffuser cette croyance auprès des autres nations. Du temps de Jésus encore, le Temple de Jérusalem était interdit aux non-Juifs sous peine de mort, comme l’atteste une inscription en deux exemplaires découverte par des archéologues. 
  • Schiffer : Celui que les trois grandes religions monothéistes appellent «Dieu» ne serait, au départ, qu’une divinité parmi d’autres, au sein du monde antique juif, portant le nom de «Iahvé». Il s’agirait donc là du dieu national du seul peuple juif. Comment est-on passé alors, sur le plan généalogique, de ce dieu exclusiviste des juifs au dieu universel des chrétiens ?
  • Soler : Ce sont les premiers chrétiens qui ont voulu ouvrir la religion des Juifs aux autres peuples. Saül de Tarse, que nous appelons Paul ou saint Paul, Juif converti au christianisme, a dit et redit dans ses lettres pastorales que, s’il n’y a qu’un Dieu, il est nécessairement le Dieu de tous les hommes et non pas des seuls Juifs. Mais à partir du moment où le trône et l’autel ont fait alliance dans l’Empire romain, des préoccupations nationalistes ont pris le dessus. De même pour l’islam : les musulmans ont diffusé le monothéisme dans une vaste partie du monde mais leur religion reste marquée par le peuple arabe qui l’a conçue.A vrai dire, je pense que l’idée de religion universelle est un leurre. Est un leurre aussi l’idée d’une morale universelle. Il ne peut y avoir dans ce sens que des lois adoptées par une instance internationale, au nom des «droits de l’homme», eux-mêmes en cours d’élaboration. Encore faudra-t-il trouver le moyen de faire appliquer ces lois par toutes les nations, ce qui suppose de restructurer complètement l’ONU, d’abroger le veto dont disposent certains pays, et de doter l’Organisation d’une force propre. Pour plus tard, beaucoup plus tard, rêvons d’une laïcité au niveau mondial !

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Merci à Cathy de m’avoir signalé cet article. ;~)


5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 00:03

 

autisme le-mur- affiche

Le documentaire que je vous propose : « Le mur, ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » réalisé par Sophie Robert, a été censuré fin janvier 2012 (l’année, où l’autisme a été déclaré Grande Cause Nationale!) « grâce » à l’intervention de quelques psychanalystes freudiens et au désespoir des parents des enfants autistes. 

Je ne sais pas combien de temps je pourrai garder ce film sur ce site, au moins aussi longtemps que la chaîne qui le diffuse et met en partage existera. J’espère que nous ne serons pas inquiétés, je vous conseille tout de même de le visionner sans tarder. Les lecteurs fidèles de ce blog qui me connaissent un peu depuis deux ans à travers mes billets et mes commentaires et qui me font confiance, ne seront pas déçus s’ils consacrent 51 minutes de leur temps précieux pour regarder ce film en intégralité (1).

Quant à ceux qui ne disposent pas de ce luxe (le temps!), j’ai mis à leur disposition les extraits du film de 7 minutes (2), et l’excellente interview avec la réalisatrice - de 23 minutes (3).

Et enfin, si les travaux sérieux sur le fonctionnement très particulier du cerveau des autistes vous intéressent, et si , après avoir vu « Le mur », vous ressentez le besoin de vous désintoxiquer du discours délirant et dangereux des idéologues dogmatiques, sectaires, complètement à côté de la plaque et de leur « nihilisme thérapeutique », vous pouvez terminer la « séance » avec le bonus (non censuré) du documentaire - de 28 minutes. (4)

 


- 1 -

« Le mur, ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme »

en intégralité 

 

 

 
 

Suite à l’aimable intervention des personnes concernées, j'ai retiré cette vidéo de ce site. J’invite tous ceux qui l’ont appréciée et transmis le lien sur les réseaux sociaux à faire de même. Il ne nous reste qu’à soutenir « Le mur : une plongée en apnée dans un monde ou l’idéologie a supplanté la raison. »

Merci à Seb et sa petite Caroline, désolée…

 

 

 

« Sophie Robert a réalisé une longue enquête auprès d’une trentaine de pédopsychiatres-psychanalystes afin de démontrer par l’absurde (de l’aveu même des principaux intéressés !) l’inefficacité de la psychanalyse comme traitement de l’autisme.« 

« Depuis plus de trente ans, la communauté scientifique internationale reconnaît l’autisme comme un trouble neurologique entraînant un handicap dans l’interaction sociale. Tous les autistes présentent des anomalies dans une zone du cerveau, le sillon temporal supérieur, identifiée en l’an 2000 par le Dr Monica Zilbovicius. En France la psychiatrie qui reste très largement dominée par la psychanalyse, ignore résolument ces découvertes. Pour les psychanalystes, l’autisme est une psychose, autrement dit un trouble psychique majeur résultant d’une mauvaise relation maternelle. »

 


- 2 - 

Les extraits du documentaire « Le mur, ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme »

 

 
  • Geneviève Loison, psychanalyste lacanienne, pédopsychiatre référente, Lille

« - Le crocodile, c’est le ventre de la mère. Les dents de la mer! - C’est ce que Lacan appelait la mère crocodile? (S.R.)  - Oui! Alors tout le but de notre travail c’est de lui interdire de manger l’enfant. - Et ce crayon, il représente quoi? (S.R.) - Voilà, tu ne peux plus! C’est la barre.  - C’est le phallus paternel? (S.R.) - Voilà!, tu ne peux plus! - C’est la loi du père qui barre, qui interdit à la mère de détruire l’enfant? (S.R.) - Voilà! Et de dévorer! »

 
  • Daniel Widlocher, psychanalyste - APF, ancien chef du service de psychiatrie, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris
« - Par rapport aussi bien à la psychose qu’à l’autisme, il y a une explication qui est traditionnellement utilisée, c’est que la dépression maternelle pendant la grossesse ou dans les premiers mois de la vie aurait altérée la relation mère-enfant et pourrait être responsable de ces troubles graves? (S.R.)
- Alors, c’est ce que les collègues sérieux nous disent, par conséquent moi, je les écoute. »
 
  • Laurent Danon-Boileau, linguiste, psychanalyste - SPP, Centre Alfred Binet, Paris 

« Avec un enfant autiste, j'en fais très peu. Ça veut dire que que je pose mes fesses, je me mets à côté de lui et j’attends qu’il se passe quelque chose. (…)

Moi, si l'enfant ne fait rien pendant la séance ou si je somnole à côté de lui, ça m’est égal. Je suis habitué à ça dans mon travaille de psychanalyste. (…)

Le point fondamental de mon attitude en tant qu’analyste vis-à-vis de ces enfants-là, c’est le fait d’abdiquer l’idée d’une progression. Et ça va pas de soi, je vous prie de croire que mon idéal analytique me fait exigence d’abandonner cette dimension-là, mais il se trouve aussi que j’appartiens à une société dans laquelle je suis payé pour donner du soin. Par conséquent, je suis en conflit, mais ça, la situation de conflit, si un analyste n'est pas foutu de la vivre, il faut qu'il change de métier parce que c'est le fondement même de la pratique analytique. (…)

- Qu’est-ce qu’un enfant autiste peut raisonnablement attendre d’un travail analytique en terme du résultat? (S.R.)  -  .... Le plaisir de s’intéresser à une bulle de savon. »


- 3 -

 

L'interview avec Sophie Robert, réalisatrice du documentaire « Le mur », réalisée par Autisme.info31 en septembre 2011, avant la censure.

 

  • Pourquoi ne donner la parole qu’aux psychanalystes? - (02:10)
  • Quelle sont les théories des psychanalystes sur l’autisme? - (04:50)
  • La « mère frigidaire »… on pensait cette théorie révolue? - (09:40)
  • Quel rapport entretient la psychanalyse avec la science aujourd’hui? - (12:47)
  • Comment expliquez-vous la guerre que mènent les psychanalystes contre le cognitivisme et le comportementalisme? - (14:10)
  • Les méthodes cognitivo comportementales Teacch, ABA sont-elles plus adaptées à l’autisme? (18:42)
  • A quand une diffusion télé? - (22:00)

 


- 4 -
 
Le bonus (non censuré) : les travaux sur « Les troubles du spectre autistique » expliqués par Monica Zilbovicius, psychiatre, directrice de recherche à l’INSERM, qui a identifié en 2000 les anomalies que présentent tous les autistes dans une zone du cerveau appelée le sillon temporal supérieur et qui est impliquée dans  la perception sociale (traitement des informations visuelles et auditives).
 

 

  • Qu’est-ce que l’autisme? - (00:14)
  • Est-ce que l’autisme est une psychose? - (01:00)
  • Quelles sont les causes de l’autisme? - (01:33)
  • La neurologie permet-elle de comprendre l’autisme? - (02:21)
  • La perception de la voix joue-t-elle un rôle dans l’autisme? - (13:44)
 
  • Quelle est la fréquence de l’autisme dans la population? - (00:18)
  • Les garçons sont-ils plus touchés que les filles? - (01:19)
  • Quelle proportion des autistes ne parlent pas? - (02:30)
  • Quelles sont les perspectives de traitement? - (03:40)
  • Que pensez-vous de la méthode comportementale ABA? - (07:28)
 

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En supplement 

Journal TF1, le 8 mars 2012, le  reportage : "Autisme et soins : la psychanalyse mise à l'index"

"L'approche psychanalytique, qui régnait en maître dans le traitement de l'autisme, a été mise sur la touche par la Haute Autorité de Santé. Une victoire pour les familles qui demandent depuis longtemps d'autres méthodes pour les enfants autistes."

 

 

11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 23:56

 

 Rions un peu, pour ne pas en pleurer...

 

 

  • L'islamisme « n'est pas une simple déviation de la religion de Mahomet, comme aiment à le répéter la majorité des commentateurs, il en est le cœur, [...] un cadeau tombé du ciel pour prendre des coups à la place de leur religion» [III]
  • « ... la guerre sainte appartient à l'islam originel et n'est pas une création intégriste. [...] le djihad est l'héritier de la razzia préislamique. » [III]
  • « Si tous les musulmans ne sont pas intégristes, tous les islamistes sont musulmans. Il n’est pas aisé, voire difficile de tracer une ligne de démarcation entre les premiers et les seconds. Tous les musulmans croient que l’islam a apporté une solution globale et définitive au genre humain. [...]  L'islamiste ne pourrait-il pas être regardé comme stade suprême de l’islam ? Ne serait-il pas sa "solution finale" ? L’islamisme n’est que l’islam poussé à son terme. Être intégriste, c’est aller jusqu’au bout de sa foi. » (I, p. 92)
  • « La panne des pays de l’islam est plus structurelle qu’accidentelle. Elle est imputable à la non distinction entre le temporel et le spirituel. Faute de séparation inconditionnelle, l’obscurantisme deviendra le stade suprême de l’islam dans les années à venir. » [I, p. 12]
  • « Qu’il soit l’ensemble de ses conséquences ou l’ensemble de ses causes, la chose la plus certaine c’est que l’intégrisme islamique ne vient pas des lointains bidonvilles ou des banlieues de l’Occident. Il est tout aussi ridicule de lier la montée de l’intégrisme à l’échec du modèle de modernisation adopté approximativement par l’Etat-nation arabe. Au contraire, c’est la puissance financière assurée par l’islam pétrolier aux islamistes arabes qui est, en partie, responsable de l’échec de l’expérience moderniste dans plusieurs régions du monde islamique. » [II, p. 62-63] 

 

 

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  • « Les musulmans n’ont pas attendu le colonialisme pour sombrer dans le chaos. Ils y étaient confortablement installés depuis le XVème siècle.» [III]
  • « Les idiots utiles, tous ceux qui rêvent que l’islamisme est révolutionnaire, ceux qui le considèrent comme allié dans leur lutte légitime contre le capitalisme. Compter sur l’islamisme pour abattre le capitalisme, c’est vouloir guérir la peste par le choléra» [II, p. 142-143]

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  • «  Si les racistes occidentaux cachent leur haine par peur de la loi et de la bonne conscience environnante, leurs équivalents musulmans ne craignent ni la loi ni le ridicule ni leur coreligionnaires acquis théologiquement à leur cause. Ils avancent à visage découvert. Redisons-le, il suffirait aux Occidentaux d’ouvrir les yeux sur tout ce qui se dit sur eux, et sur les qualificatifs dont ils sont affublés dans les livres de musulmans, pour devenir tous hostiles au monde islamique. Le respect exigé par les musulmans n’est pas réciproque. Sur la chaîne Aljazeera et devant des millions de téléspectateurs arabes, un prédicateur saoudien déclarait, en conclusion à une série de conférences sur l’islam, données pendant plus de quatre mois en Europe : " Toute la civilisation occidentale ne vaut pas une seule poussière sous la chaussure de notre prophète Mohamed." » [III, p. 45]
  • « Ceux qui répètent que toutes les valeurs sont bonnes et que toutes les cultures se valent contribuent à leur insu à la promotion de la barbarie. Il y a des valeurs acceptables quels que soient le lieu, le temps, les circonstances. Il y a, à l’inverse, des coutumes qui sont des crimes quels que soient le lieu, le temps, les circonstances. Couper les mains et les pieds, voiler et cloîtrer les femmes, répudier, lapider, l’exhibition sadique, sont-elles des valeurs ? Une barbarie ou une culture ? L’inhumanité ne se discute pas, elle se refuse. [II, p. 68-69] »
  • « ... quand les parents de Juliette émettent des réserves sur son mariage avec Mohammed, " racisme ! " crient ceux qui sont noyés dans les eaux mercantiles de l'angélisme. Mais quand les parents de Rachida ne veulent même pas imaginer une relation entre leur fille et Samuel, "culture !" lancent-ils. »  [III]

 

 

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  • « Le problème des musulmans réside dans leur incapacité morale à reconnaître à chacun la liberté de conscience. » [II, p. 132] 
  •  « Une fatwa peut rendre automatiquement licite ou illicite n’importe quelle action humaine. On a peur de la liberté du croyant. Sa raison est exclue. Ni doute ni questionnement, la providence se charge de lui dicter un catalogue de bonnes manières… » [II, p. 116]
  • « Tout ce qui tourne autour de la spiritualité du musulman contemporain se résume dans un pauvre catalogue de commandements en forme de choix. Des dualités, comme islam/paganisme, enfer/paradis, gagnants/perdants, sauvés/damnés, unitarisme/polythéisme, tradition/innovation, sont récurrentes dans le discours dominant. Une vision binaire du monde. Ces quelques couples d’opposés ne sont-ils pas trop courts pour cerner la vie intérieure d’un être dans toute sa complexité ? » [II, p. 130-131] 

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  • « ... pourquoi (les femmes) seraient-elles responsables par leur corps des phobies, maladies et autres complexes machistes ? » [III]
  • « Le croyant musulman a peur de sa nature. Sa sœur musulmane ne doit pas se déplacer à vélo car le mouvement de ses cuisses serait évocateur ; elle doit cacher ses cheveux pour ne pas réveiller ses démons car la femme est porteuse de la fitna (grande discorde). Sa beauté est une fitna, séduction et sédition. C’est un appât qui mène à la perte, à la damnation. En fin de compte, la beauté est un piège de Satan et une révolte contre Dieu. […] Pour se protéger du démon féminin et devenir anges ensuite, les hommes doivent passer par une dématérialisation du corps des femmes, détruire l’objet de leur désir. Casser le thermomètre pour faire baisser la température ! Gommez par burka, melaya, tchador, thadori, haïk, masque de cuir, nikab, mendil, sefsari, jilbab, khimar, des corps que je ne saurais regarder. » [II, p. 123]

 

 

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Hamid Zanaz

I) Réformer l’islam ? Autopsie d’une illusion caractérisée?, Editeur Indépendant, 2007

IIL’impasse islamique – la religion contre la vieLes Editions libertaires, septembre 2009

IIIL’islamisme, vrai visage de l’islam, Editions de Paris/Max Chaleil, Mars 2012 



 

Dans Causeur n°52 vous trouverez le dossier consacré à l’islam(-isme) : « A-t-on le droit de critiquer l’islam? »

Une Causeur 52

« "Rien à voir" : au lendemain de l’arrestation d’une quinzaine de candidats au djihad présumés, cette formule était psalmodiée en boucle par des commentateurs terrifiés à l’idée que l’on pût faire un lien entre islam et islamisme, le premier n’ayant, répétaient-ils, "rien à voir" avec le second. [...] Alors, d’accord, tueurs et brailleurs ne représentent pas l’islam, mais une "maladie de l’islam" [...] Peut-on décréter pour autant que cette maladie de l’islam serait absolument étrangère à l’islam ? Quelques jours après la fin de l’équipée de Mohamed Merah, Abdenour Bidar donnait sa propre réponse dans Le Monde : "On dit d’un tel fanatisme de quelques-uns que c’est “l’arbre qui cache la forêt” d’un islam pacifique. Mais quel est l’état réel de la forêt dans laquelle un tel arbre peut prendre racine ? Une culture saine et une véritable éducation spirituelle auraient-elles pu accoucher d’un tel monstre ?" Bien entendu, on enterra la question et la réponse. Puisque ça n’a "rien à voir". 

L’amalgamisme, voilà l’ennemi !

Comme à chaque fois que des violences sont commises au nom d’Allah ou de son prophète, chacun a donc été invité à dénoncer le véritable danger, qui n’est ni l’intégrisme, ni l’obscurantisme, ni même le terrorisme, si minoritaire qu’il ne saurait avoir la moindre signification, mais l’amalgame − et son cortège de stigmatisation − qui pourrait conduire à confondre dans le même opprobre un milliard de croyants respectables et quelques brebis égarées. La lutte contre l’amalgame a donné naissance à ce que j’ai baptisé le "Parti du “mais”" : il est désolant qu’il y ait des victimes, mais on se demande si elles n’ont pas un peu cherché les ennuis. La violence islamiste est intolérable, mais la provocation islamophobe est insupportable. Fallait pas mettre de mini-jupe, ma fille, si tu ne voulais pas te faire violer. [...] Pour le "Parti du “mais”", les vrais coupables ne sont pas ceux qui tuent à Benghazi ou vocifèrent à Paris, mais les irresponsables qui chatouillent sans précaution une susceptibilité islamique bien compréhensible : la vidéo "anti-islam" a provoqué la mort de l’ambassadeur américain en Libye, les dessins de Charlie Hebdo des émeutes meurtrières à Karachi.»

Elisabeth Lévy    

 


 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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