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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 11:33

 

Jean-Pierre Elkabbach a consacré son émission Bibliothèque Médicis, diffusée sur la chaîne Public Sénat le 15 janvier 2012, à Albert Camus. Dans de splendides décors de l’annexe historique de la Bibliothèque du Palais du Luxembourg, vous pouvez suivre une heure de débats dont la rediffusion a été inspirée par l’événement littéraire de janvier, livre de Michel Onfray :

L’ordre libertaire, la vie philosophique d’Albert Camus. 

Trois invités nous livrent « leur Camus » : Catherine Camus, sa fille (les 19 premières minutes de l'émission), ainsi que Jean Daniel et Robert Gallimard, ses amis. 

 

 

"Michel Onfray rend justice au philosophe lucide, qu’était Camus, qui fut méconnu, à la fois adulé, et méprisé par Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et leurs amis…

Albert Camus, libertaire, antitotalitaire, anticolonialiste, fidèle aux pauvres, aux sans paroles, et d’abord à sa mère, analphabète. Camus aimait le soleil de la Méditerranée, les femmes et la vie…

De loin, Camus s’adresse à nous pour aujourd’hui : plus de 50 ans après sa mort accidentelle, sur la route, il reste ce modèle vivant et libre. Comme le dit Michel Onfray : il est notre contemporain !…"

____________

 

« … ce soleil, cette mer, mon cœur bondissant de jeunesse, mon corps au goût de sel et l’immense décor où la tendresse et la gloire se rencontrent dans le jaune et le bleu. C’est à conquérir cela qu’il me faut appliquer ma force et mes ressources. Tout ici me laisse intact, je n’abandonne rien de moi-même, je ne revêts aucun masque : il me suffit d’apprendre patiemment la difficile science de vivre qui vaut bien tous leurs savoir-vivre. 

[…] … pourquoi nierais-je la joie de vivre, si je sais ne pas tout renfermer dans la joie de vivre ? Il n’y a pas de honte à être heureux. Mais aujourd’hui l’imbécile est roi, et j’appelle imbécile celui qui a peur de jouir. «

 

 Albert Camus, Œuvres complètes, Noces, Gallimard 1983, page 168 - 169

      Ewa    

15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 19:44

 

Michel Onfray a accordé une interview à Shlomo Malka sur la Radio de la Communauté Juive (RCJ), le 6 janvier 2012, à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage

L’ordre libertaire, la vie philosophique d’Albert Camus

 (durée : 15 minutes)

 

 
"Camus écrivait pour être lu et compris afin d’aider à exister, péché mortel dans ce petit monde philosophique où, bien souvent, on écrit pour être glosé et obscurci par les membres de sa tribu."

Michel Onfray, L’ordre libertaire, la vie philosophique d’Albert Camus,
 Flammarion 2012p. 12
Marc  
 
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 09:25

 

Sur le site du Figaro.fr en date du 11.01.2012,  un billet est consacré à une rencontre entre Michel Onfray et son ami, Franz-Olivier Giesbert, et qui fait référence au dossier spécial que Le Point avait consacré à Dieu, Questions et réponses sur l'existence de Dieu.

A consulter, notre article du 22.12.2011 intitulé Michel Onfray, Dieu n'est pas, point à la ligne.

 

"Et Dieu dans tout ça" 

 

FOG et Michel Onfray sont amis. Le premier ne fait pas mystère de sa foi chrétienne héritée de sa chère mère. Le second fait profession d'athéisme. Tous deux publient un livre: l'un sur Dieu, l'autre sur Albert Camus. Rencontre.

FOG-MO

LE FIGARO. - Michel Onfray, que pensez-vous de la foi de votre ami Franz-Olivier Giesbert? Il écrit qu'il est chrétien par toutes ses fibres, mais ne croit ni au Dieu créateur ni à la divinité de Jésus et se proclame aussi bouddhiste, musulman, taoïste, hindou, manichéen, etc.!

Michel ONFRAY: Franz est un chrétien d'en bas et je n'ai rien à redire contre ça. Je distingue en effet l'Église d'en bas, l'assemblée des gens qui croient sans m'infliger une façon de penser et de me comporter. Et l'Église d'en haut, celle du pouvoir qui descend du ciel en passant par le Pape et qui m'aurait coupé la tête il y a quelques siècles. Franz est un père de l'Église postmoderne qui invente la théologie populaire. Il a écrit un livre sur le sentiment religieux, pas sur la religion. Je n'ai rien contre le sentiment religieux, au contraire, je trouve qu'on l'a perdue, cette émotion qu'on ressent devant la création. Car le sentiment du sublime est aussi vieux que l'homme.

En fait, vous êtes tous les deux panthéistes?

Franz-Olivier GIESBERT: Je crois qu'on est d'accord avec saint Augustin qui, avant sa conversion, définissait Dieu comme «une substance immense pénétrant de toutes parts à travers les espaces infinis la masse entière du monde, répandue sans terme dans l'immensité».

Franz-Olivier Giesbert écrit: «La foi est irrationnelle ou elle est fausse.» Michel Onfray, qu'en pensez-vous?

M. O.: Je suis un des rares philosophes qui ne croient pas que la raison fonctionne a priori mais a posteriori. La raison est un instrument sophistique qu'on fait fonctionner après avoir eu des émotions, des sensations, des expériences.

Êtes-vous définitivement athée?

M. O.: Il y a des athées qui sont dans la quête de Dieu, comme Claudel ou Frossard, qui ont eu une soudaine révélation, et d'autres qui sont à l'abri de cela - même si tout peut arriver. Moi, je n'ai pas de désir de Dieu.

F.-O. G.: Je ne suis pas d'accord. Frossard, que j'ai bien connu, ne cherchait pas Dieu avant de le trouver. C'était un personnage ricanant, ironique. La foi pourrait te tomber dessus, comme à Frossard, qui était hyperrationnel!

Michel Onfray, la joie dont parlent les mystiques qu'affectionne Franz-Olivier Giesbert ne vous fait-elle pas envie?

M. O.: Pour tout vous dire, et c'est un scoop, j'aurais aimé être moine. Consacrer ma vie à mes idées, ça m'aurait plu. Et je n'aurais pas voulu être moine dans un ordre laxiste, non, mais dans un monastère où l'on ne voit ni ne parle à personne. Il n'y avait qu'un obstacle à cette vocation, c'est que je n'avais pas la foi… Mais, d'une certaine façon, je ne suis pas loin de mener cette vie-là. Je me lève pour me mettre à mon bureau, travailler, puis prêcher, faire des sermons!

Michel Onfray, vous écrivez que Camus est «un homme bien». C'est quoi, un homme bien?

F.-O. G : C'est une personne, comme Camus, qui a des valeurs et des scrupules, et l'humilité de reconnaître qu'il s'est trompé, comme lors de son différend avec Mauriac au sujet du pardon et de la justice après la guerre. En fait, Camus a des qualités assez chrétiennes.

M. O.: Un homme bien a des valeurs et construit sa vie sur ces valeurs. Il vit sa pensée et pense sa vie, essaie d'éclairer l'une par l'autre. On affine la théorie par la pratique et la pratique par la théorie. Si l'on constate qu'il y a des difficultés dans la pratique, on revoit la théorie. C'est un homme qui fait le bien. Le bien, le mal ne sont pas des inventions chrétiennes. Il y a un bien et un mal universels.

Franz-Olivier Giesbert conclut son livre sur ce mot de Thérèse de Lisieux: «Je choisis tout.» Ne rejoint-il pas votre credo qui est de «vivre sans rien refuser de la vie»?

M. O.: Si vous me demandiez à l'aveugle qui a écrit cette phrase-là, je vous dirais qu'elle peut être de Nietzsche!

Michel Onfray, vous vous sentez très proche de Camus. Vous écrivez à son sujet: «Il n'est pas contre l'État, il s'en moque et invite moins à agir contre lui que pour autre chose.» Cela ressemble quand même beaucoup au «Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu»?

M. O.: Je suis d'accord. Je défendrais Jésus car Jésus n'est pas le Christ. Je n'ai rien contre Jésus, il est plutôt sympathique, une espèce de bouddhiste à sa manière qui prêche douceur et fraternité.

F.-O. G.: La révolte aussi! Contre les pharisiens, contre les riches. C'est un «indigné », Jésus. Il n'est pas révolutionnaire, mais c'est un résistant. Tandis que le bouddhiste se fiche de l'ordre établi.

Franz-Olivier Giesbert, vous déplorez la tiédeur des catholiques. Michel Onfray, vous les traitez d'illuminés. Qu'attendez-vous l'un et l'autre des chrétiens?

F.-O. G.: Comme Camus, j'attends qu'ils parlent d'une voix forte et claire sur tous les sujets d'actualité. N'ayez pas peur! L'Église ne joue pas son rôle dans la société, elle est absente. On a envie d'une Église d'illuminés, d'indignés. On en rêve. Je me sentirais plus chrétien si je trouvais une Église plus vivante.

M. O. : J'attends des chrétiens qu'ils soient vraiment des disciples de Jésus. Pas qu'ils le professent, mais qu'ils pratiquent les vertus qu'ils enseignent: le pardon des péchés, l'amour du prochain, le désintérêt des choses matérielles. Ce que dit Franz me donne envie de relire les Évangiles. Il a raison. Jésus a une façon de dire: ne collaborez pas.

Le Pape a invité récemment les catholiques à dialoguer avec les non-croyants. Qu'en dites-vous?

M. O. : Le Vatican a fait savoir qu'il fallait dialoguer avec les incroyants mais pas avec les athées de mauvaise foi, et m'a cité en exemple! De toute façon, je ne crois pas au dialogue. Reste que ce pape est un vrai intellectuel et un mystique. Son livre sur Jésus est un traité d'herméneutique haut de gamme. C'est vraiment culotté lorsqu'on est pape de lâcher deux volumes en disant: voilà, pour moi, Jésus, c'est ça.

Si Benoît XVI vous invitait à dialoguer avec lui, que diriez-vous?

M. O.: L'hypothèse est improbable. Mais je crois que j'accepterais.

Propos recueillis par Astrid de Larminat
                                                                                                         Constance

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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