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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 23:15

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 

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14/ VIE & LEGENDE DE GUY DEBORD - 15.08.2013

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  


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1./ SE CONSTRUIRE UNE LEGENDE (I)

a) Construit sa vie comme une légende  • Dandysme à la Brummell  • Commence subversif, finit atrabilaire  • Organise sa postérité qu’il imaginait grande  • Sensible aux marques de la société du spectacle

b) Yale convoite les archives Debord  • Arrêté d’un gouvernement de droite (29 janvier 2009) :  • Classement comme « trésor national »  • Bruno Racine, chiraquien historique, se réjouit et promet colloques et expositions

c) Le trajet de Debord épouse celui de son époque

d) Inspirateur de Mai ? Finit au musée...

e) Organise de façon spectaculaire son refus de participer au spectacle

f) Préface à la quatrième édition italienne de « La société du spectacle » : « Evidemment, si quelqu’un publie de nos jours un véritable livre de critique sociale, il s’abstiendra certainement de venir à la télévision, ou dans les autres colloques du même genre ; de sorte que, dix ou vingt ans après, on en parlera encore ».  • L’homme qui aimait stratèges et stratégies  • Ne pouvait pas ne pas organiser sa disparition pour assurer la plus grande visibilité

g) Alice Becker a classé les archives avec lui  • Documents gênant la légende brûlés

h) A son ami Ricardo Paseyro, (octobre 1994, l’année de sa mort ) :  «Nous avons fait le tri, brûlé une masse de papiers inutiles (sic) et gardé ici à disposition de mes lecteurs tout ce qui importe (sic) ».

i) Classe ses archives,  • Répartit sa bibliothèque de façon thématique  • Range ses fiches, ses films, ses photos, ses manuscrits  • Fait un lot avec sa machine à écrire (alors qu’il dictait ses manuscrits)  • ses lunettes  • une petite table en bois avec cette note attachée : « Guy Debord a écrit sur cette table La société du spectacle en 1966 et 1967 à Paris au 169 de la rue Saint-Jacques »...

j) A Asger Jorn le 1erseptembre 1957 :  • « Il faut créer tout de suite une nouvelle légende à notre propos ».  • Des actions pour propager cette légende :  - Rédiger et distribuer des tracts  - Publier des articles dans Potlatch envoyé de façon ciblée  - Créer des chahuts publics  - Obtenir le bruit médiatique et la visibilité dans le champ culturel parisien

k) Michèle Bernstein, sa première épouse :  • Début des années 50, leur état d’esprit :  • Greil Marcus, Lipstick Traces: « J’étais une jeune fille très impatiente et rebelle. (...) J’étais absolument sûre que nous serions tous célèbres – et que nous remplacerions le monde ancien par un nouveau, que nous ferions la révolution sociale » (431)  • Finira chroniqueuse littéraire pendant un quart de siècle à Libération.


2./ SE CREER UNE LEGENDE (II)

a) Moins producteur de Mai que produit de Mai

b) Effectifs de l’Internationale Situationniste :  • Printemps 1958 : 5  • En Allemagne : 2  • Juillet 1969 : 9  • Décembre 70 : 5  • Mi 69, sur toute la planète : 18  • Cf. plusieurs millions de gens dans la rue en Mai

c) Notice biographique :  • Parution de La société du spectacle en septembre 1971 : « Guy Debord. Se disant cinéaste. Membre de l’Internationale Situationniste, dont il a été l’un des fondateurs en 1957. Longtemps responsable des publications de l’Internationale Situationniste en France. Mêlé aussi par moments à différentes activités de cette organisation dans plusieurs pays où s’est propagée l’agitation situationniste, notamment en Allemagne, Angleterre et Italie (s’étant fait appeler parfois Gondi, ou Decayeux). A publié en 1967 La société du spectacle. L’année suivante, a figuré parmi les meneurs du courant le plus extrémiste lors des troubles de mai 68. A la suite de ces évènements, ses thèses ont acquis une grande influence dans l’ultragauchisme européen et américain. Né en 1931, à Paris ».

d) Mode d’emploi de la fabrication d’une légende :  1. Confiscation du situationnisme à son propos  2. Lecture planétaire de Mai comme conséquence des théories situs  3. Pseudonymes pour le mystère  4. Influence dans les milieux d’extrême gauche en France  5. Et aux USA – mis n’y a publié qu’un article dans une brochure en 1965 :  - Le déclin et la chute de l’économie spectaculaire-marchande  - 1ère traduction de La société du spectacle aux Etats-Unis: 1977


3./ VIVRE ENTRETENU

a) 1977 : rencontre Gérard Lebovici  • Très riche comme producteur de :  • Bardot, Delon, Signoret, Montand ,Depardieu, Belmondo, Romy Schneider, Claude Zidi, Alain Resnais, Michel Audiard, Jean-Loup Dabadie, Claude Sautet, François Truffaut...

b) Guy Debord se vante d’avoir écrit sur les murs: «Ne travaillez jamais »  • A vécu aux crochets de sa femme Michèle Berstein :  - Qui travaille aux pronostics et à l’horoscope à Week-end tiercé« Elle remet à Guy Debord un tiers de ce qu’elle touche » In C. Bourseiller, Vie et mort de Guy Debord, (157).  • Puis du père de M. Berstein  • Puis de Gérard Lebovici dès 1971 – qui divorce de Michèle Berstein le 5 janvier 1972.

c) Lebovici :  • Moins éminence grise du gauchisme international  • Que mendésiste millionnaire  • Grosses sommes en liquide sur lui  • Assassiné mystérieusement le 5 mars 1984

d) A la recherche d’un nouveau Mécène  • Devient auteur Gallimard via Jean Jacques Pauvert devenu son agent : « Je suis un classique. Pourquoi pas un éditeur de classiques, et pourquoi pas Gallimard » (Bourseiller, 497).


4./ CHANGER D’AVIS

a) janvier 1969, insulte Claude Gallimard  • Lui reproche d’avoir dit à un tiers:  • Des situationnistes avaient fait des offres d’une direction de collection  • Et a refusé

b) Raoul Vaneigem a publié son traité chez Gallimard  • Viennet son Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations

c) Traite Gallimard de :  • « Raclure de bidet », de « fils raté de (son) père », de « merdeux »  • Conclut : « Deux situationnistes, jusqu’à présent, avaient fait éditer un livre chez vous. Vous ne connaîtrez jamais plus de situationnistes et, des deux en question, vous n’aurez plus jamais un livre. Tu es si bête et si malheureux qu’il est inutile d’ajouter rien de plus insultant ».

d) Réponse de Claude Gallimard le 17 janvier 1969 :  • « J’ai trouvé drôle que vous découvriez maintenant que je suis le fils de mon père. (...) Puisque vous aimez vous amuser, ne croyez-vous pas que nous pourrions prendre un verre avec le dénommé Antoine Gallimard, qui, tout débile qu’il est, ne manque pas d’humour et nous pourrions les uns et les autres nous insulter avec bonheur, car il n’y a rien de fondé dans votre lettre qui puisse changer nos relations ».

e) Réponse : « Tu as peu de raisons de trouver amusant notre lettre du 16 janvier (...). On t’a dit que tu n’auras plus jamais un seul livre d’un situationniste. Voilà tout. Tu l’as dans le cul. Oublie-nous ».

f) En octobre 1992, La société du spectacle paraît chez Gallimard  • Qui réédite Œuvres en 1902 pages.

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BIOGRAPHIE:

A. ENFANCE

onfray conf.2013 vie et mort de guy deborda. Naissance à Paris, 28 novembre 1931  • Grands parents: usine de chaussures pour le luxe  • Père : étudiant en pharmacie  • Mère : héritière de l’usine  • Le père engrosse puis épouse l’héritière  • Devient pharmacien  • Tuberculose, le fils est tenu à l’écart du père  • Meurt à 41 ans  • Guy Debord a 4 ans, devient asthmatique

b. Devenue veuve, la mère entretient une relation fusionnelle avec sa mère  • La grand-mère adorera Guy Debord :  • Devenu révolutionnaire, il lui envoie son linge chaque semaine sur la côte d’azur.

c. Automne 1939 : déménagement à Nice pour éviter l’exode  • Usine et pharmacie vendues  • La veuve rencontre un moniteur d’auto-école déjà marié et père de famille  • Accouche d’une fille en août 40 et d’un garçon en 1942  • Déménagement à Pau  • Guy Debord entre au lycée où était allé Lautréamont

d. La mère tombe amoureuse d’un notaire marié à une femme malade, père  • Quitte l’Italien  • La femme meurt en 1944  • La famille s’installe chez le veuf  • Notaire de la jet-set (70 personnes dans l’étude)  • Suite avec vue sur la mer  • Épouse la veuve  • Domesticité

e. La mère se désintéresse de Guy Debord  • La grand-mère surinvestit :  • Accompagne Guy Debord avec un couteau à pain pour le protéger

f. Le notaire adopte les 2 enfants obtenus avec l’italien : mais pas Guy Debord  • Guy Debord joue compulsivement avec des soldats  • Découpe des journaux.


B. ADOLESCENCE

a. Rebelle, en veut à sa mère  • Au lycée : doué mais indiscipliné, insolent, sèche les cours  • Ciné-club  • Avec des copains, prennent d’assaut un siège ecclésiastique, brisent un crucifix  • Changent les plaques des rues

b. Rencontre les lettristes à Cannes (20 avril 1951)  • 2 mois plus tard, bac (19 ans) « Le divin Met et Guy-Ernest Debord ont la douleur de vous faire part de leur brillant succès aux épreuves du baccalauréat 2ème partie. Fleurs fraîches seulement » (Bourseiller, 429).

c. Lit Rimbaud, Lautréamont, les surréalistes

d. Découvre Isou et le lettrisme  • Isou : chahut contre Leiris en présence de Tzara : « Dada est mort, le lettrisme a pris sa place »  • Proclamer « Dieu est mort » à Notre-Dame  • Attaquer une célébrité  • Obtenir un compte-rendu dans la presse parisienne et devenir célèbre  • Vieille technique futuriste, surréaliste

e. 1951 : le lettrisme a 5 ans  • Isou parle de lui à la 3ème personne  • Veut en finir avec l’art au nom de l’art  • S’habille avec des vêtements religieux

f. Invente le cinéma lettriste : Traité de bave et d’éternité  • Noir & blanc, 1h45, collage aléatoire de sons et d’images  • Recycle le cinéma expérimental de Norman Mac Laren (1914-1987) :      - Gratter la pellicule, la peindre, y dessiner le son  • Pixellise,   • Cinéma sans caméra.


C. SOUS LE SIGNE DE ISOU

a. Isou force la porte à Cannes  • Présente son film gratuitement hors festival le 20 avril 1951  • Scandale, projection interrompue  • Cocteau le soutient  • Prix « en marge du festival de Cannes »

b. A une carrière d’alcoolique – selon ses aveux mêmes.

c. Dit mépriser la faune de St Germain des Près.  • Côtoie toxicos, petits délinquants, proxénètes, artistes sans oeuvre  • Ivre tous les jours  • Blanchisserie à Cannes  • Sa mère a rencontré un décorateur

d. Devient Guy-Ernst, habitude de lettriste  • Réalise des découpages: « métagraphies »  • Dans la revue lettriste, publie le scénario d’un film à venir :  • Version avec images de Hurlement en faveur de Sade (jamais réalisée)  • Avec 11 lettristes: agresse la femme qui s’occupe des accréditations à Cannes  • Organisent des chahuts aux projections, la police intervient

e. Réalise Hurlements en faveur de Sade en 1952  • 1951, dans Traité de bave et d’éternité, Isou dissocie l’image et le son  • Idem Debord  • Isou gratte la pellicule, la raye, la couvre de ciselures: « cinéma ciselant »  • Idem Debord  • Isou mélange ses plans et recourt au « détournement ».  • Idem Debord  • Isou veut la fin du cinéma  • Idem Debord

f. Isou : « Au moment où la projection allait commencer, Guy-Ernest Debord devait monter sur scène pour prononcer quelques mots d’introduction. Il aurait dit simplement : « il n’y a pas de film. Le cinéma est mort. Il ne peut y avoir de film. Passons, si vous voulez, au débat » » (Bourseiller, 55).  • Debord a projeté son film le 30 juin 1952.  • Quelques mois avant, le 11 février, Gil Wolman a montré le sien, conçu dans la même logique : L’anticoncept.  • Wolman dit, sur la bande son du film de Debord : « Une science des situations est à faire, qui empruntera des éléments à la psychologie, aux statistiques, à l’urbanisme et à la morale. Ces éléments devront concourir à un but absolument nouveau : une création consciente de situations » (Bourseiller, 55).  • Plus tard, Debord nommera « situationnisme » cette science des situations inventée par Gil Wolman...


D. SCISSION AVEC ISOU

a. Seconde projection :13 octobre 1952  • Lettristes historiques avec Isou  • Lettristes dissidents, Debord, organisés dans l’Internationale Lettriste depuis juin  • Noir, farine, boules puantes, poudre à éternuer  • Michèle Bernstein hurle comme une bête

b. Chaplin à Paris, automne 52  • Persécuté comme communiste aux Etats-Unis  • Présente Les lumières de la ville  • Décoré par la Reine d’Angleterre  • Légion d’honneur en France  • Chaplin donne une conférence au Ritz  • Debord et les siens distribuent un tract insultant  • « Escroc aux sentiments », « fasciste larvé », « vieillard sinistre et intéressé »  • Invitent Chaplin à mourir vite...

c. Dans la spacieuse maison du père d’un lettriste debordien,  • Maire adjoint communiste d’Aubervilliers  • Préparent la scission avec Isou

d. dans le 1er bulletin de Internationale Lettriste, Debord : « Au cours de la tournée de conférences qu’il fit ensuite en Europe pour placer Limelight, M. Chaplin a été insulté par nous à l’hôtel Ritz, et dénoncé en tant que commerçant et policier. Le vieillissement de cet homme, son indécente obstination à étaler sur nos écrans sa gueule périmée, et la pauvre affection de ce monde pauvre qui se reconnaissait en lui, me semblent des raisons bien suffisantes pour cette interruption ».  • Isou se désolidarise

e. Debord inaugure la méthode situationniste :  • Insulte hyperbolique  • Mépris arrogant  • Haine libérée  • Lettre d’exclusion  • Isou à la porte de son propre mouvement  • Première d’une très longue série d’exclusions.


E. VIE DE BOHEME

a. 1953 : Guy Debord enseigne la mort de l’art  • Et son dépassement  • Souhaite que la vie devienne art

b. Eloge de l’alcool, de la drogue, du détournement de mineur

c. Théorie :  • Eloge de Saint-Just et de la Terreur

d. Pratique :  • Lancent des tomates sur un bateau mouche  • Quittent le café sans payer  • Partagent des bières avec des souteneurs  • Errent sans but dans la ville  • S’effondrent dans les caniveaux  • Aurait écrit sur les murs: «Ne travaillez jamais »  • Prétend travailler à « une nouvelle civilisation » (Potlatch, n°1)  • L’Internationale Lettriste : 8 personnes.


F. AUX CROCHETS DE MICHELE BERNSTEIN

a. Epouse Michèle Bernstein  • Vit avec son argent et celui de son père, libraire d’ancien  • Michèle Bernstein achète un logement à Guy Debord, puis un café (1958)  • se fâche avec le propriétaire des murs, revendent le café  • Michèle Bernstein secrétaire chez un éditeur « avec pour unique objectif de financer l’Interntionale Situationniste en général, et Guy Debord en particulier » (Bourseiller, 134)  • Michèle Bernstein écrit des livres alimentaires  • Collabore à Week-end tiercé  « Depuis 1954, elle aide Guy Debord du mieux qu’elle peut. Les deux époux partagent théoriquement les frais. Mais en pratique, c’est Michèle Bernstein qui gagne l’argent du couple. Elle remet à Debord un tiers de ce qu’elle touche. Elle lui trouve aussi, par son père, un emploi temporaire : il est chargé de faire des fiches sur des livres disponibles à la Bibliothèque nationale » (157).  • Asger Jorn donne de l’argent  • Lui offrent un studio rue Visconti  • Déménagera rue Joseph-Barra et emménagera avec une autre femme

b. 1962, Guy Debord fait diffuser sa revue Internationale Situationniste par NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne)  • Le diffuseur a besoin d’un numéro de compte en banque  • Son beau-père ouvre un compte à Guy Debord dans une banque prosoviétique  • Catastrophe de vente  • Michèle Bernstein loue un garde-meuble pour stocker les archives de l’Internationale Situationniste

c. 1967, Guerre des Six jours: l’Internationale Situationniste soutient la cause arabe  • Diatribes anti-israéliennes  • Michèle Bernstein, juive, se lève et chante l’hymne d’Israël  • En façade, Guy Debord exclut Michèle Bernstein - mais elle reste...

d. En Mai, Michèle Bernstein donne argent, vêtements et nourriture à Guy Debord et Alice Becker-Ho.


G. AUX CROCHETS DE LEBOVICI

a. Avril 1972, dissolution de l’Internationale Situationniste  • Rencontre Gérard Lebovici, juif, roumain,

b. Impresario de vedettes de cinéma qui comptent :  • Bardot, Delon, Signoret, Montand, Depardieu, Belmondo, Deneuve, Romy Schneider, etc...

c. Créateur d’une agence pour réalisateur et scénaristes en vue :  • Sautet, Verneuil, Audiard, Truffaut, Zidi, Rohmer, etc...

d. Devient éditeur, crée «Champ Libre »

e. Gérard Lebovici devient le Mécène de Guy Debord :  • Guy Debord et Alice Becker-Ho vivent dans une maison médiévale à Florence  • Puis dans un palais dans la même ville  • Villa d’été dans les monts du Chianti  • Beaux hôtels de la côte d’azur  • Bologne, île de Ré  • Achète une maison en Espagne  • Arles, Paris  • Gérard Lebovici lui achète un cinéma pour projeter les oeuvres de Guy Debord

f. Christophe Bourseiller : « Lebovici devient le mécène, le protecteur du créateur. Le 5 janvier 1972, Guy Debord divorce d’avec Michèle Bernstein. Celle-ci cesse du même coup de le subventionner. Gérard Lebovici prend maintenant le relais » (328).  • Epouse Alice le 2 août 1972 (41 ans)  • Achète une maison à Champot (Haute-Loire)  • Gérard Lebovicisubventionne la fille de Mesrine  • Publie L’instinct de mort

g. Gérard Lebovici meurt assassiné le 5 mars 1984 (51 ans).


H. LA FIN

a. Quitte Arles pour Paris, rue du Bac.  • Appartement vaste, tentures, meubles anciens  • Aime les chats, les stratèges, les hommes d’affaires, les chefs de guerre

b. 1988, Commentaires sur La société du spectacle  • 1989 : exposition à Beaubourg, puis Londres, Boston  • Succès

c. La Nouvelle Droite lui trouve des vertus:  • Dandysme littéraire  • Posture désespérée  • Nihilisme froid  • Mise en scène de sa vie quotidienne  • Souci de son destin  • Individualisme aristocratique  • Critique de la société du spectacle

d. Guy Debord avait écrit : « est récupéré qui veut bien » (Oeuvres, 915).

e. Se fâche avec les enfants de Gérard Lebovici qui avaient repris «Champ Libre »  • Atteinte d’un cancer, Floriana Lebovici leur avait demandé de ne pas vendre la maison  • Guy Debord intrigue pour la faire racheter par un ami  • Guy Debord, procédurier, envoie l’affaire devant les tribunaux

f. Guy Debord envoie une petite annonce dans l’Evénement Du Jeudi : cherche un agent littéraire  • Ou un « important éditeur indépendant »

g. Sollers envoie une lettre à entête avec un point d’interrogation  • Guy Debord y voit une menace, ne donne pas suite

h. Antoine Gallimard effectue le déplacement en Haute-Loire

i. Souffre d’une polynévrite alcoolique déclarée à l’automne 1990  • janvier 1994 : ne peut plus quitter son fauteuil  • Asthme et insomnie l’épuisent  • Ne peut plus recevoir personne  • Mercredi 30 novembre 1994 : une balle dans le coeur (62 ans)  • Incinéré le lundi 5 décembre à Saint-Etienne  • Cendres dispersées dans la seine à la pointe du Vert-Galant dans l’île de la Cité  • 9 janvier 1995, Canal + diffuse Guy Debord, son art et son temps.


 

 


BIBLIOGRAPHIE :

• Christophe Bourseiller, Vie et mort de Guy Debord, Plon

• Vincent Kaufmann, Guy Debord. La révolution au service de la poésie, Fayard

• Guy Debord, Potlatch, Folio

• Guy Debord, Considérations sur l'assassinat de Gérard Lebovici, Gallimard

• Gérard Lebovici, Tout sur le personnage, éditions Gérard Lebovici


13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 23:30

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 

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13/  LE RADICALISME DE LA NOUVELLE GAUCHE - 14.08.2013

 

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

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 onfray conférences 2013 marcuse dialogue

1./ « VERS LA LIBERATION »

a) Dans Vers la libération :  • Haine de la démocratie parlementaire libérale :  - Pour la démocratie directe  -Mandats impératifs  • Refus de la tolérance :  - Eloge de la radicalité violente  - Action directe et désobéissance civile  - Défense de l’illégalité : la loi exprime le statu quo

b) « Le radicalisme de la Nouvelle Gauche » :  • « Propriété collective, contrôle et planification collectifs des modes de production et de répartition des ressources » (161).

c) Méthode :   « Brusque refus de la discipline de travail, relâchement de l’effort individuel, désobéissance généralisée aux règles et aux lois, grèves sauvages, boycotts et sabotages, insoumission gratuite, telles pourraient être les expressions de la dissolution de la moralité sociale » (154).  • Spontanéité  • Invention  • Faire et découvrir en faisant  • « Il y a dans cette révolte une part importante de spontanéité et même d’anarchisme » (164).

d) Les jeunes refuseront :  • La tradition,  • La soumission passive,  • L’autorité,  • L’exactitude,  • La ponctualité,  • La virilité,  • La concurrence,  • La productivité,  • Le syndicalisme traditionnel  • Les partis habituels.

e) Contre-révolution et révolte, Marcuse voit les Etats-Unis se diriger vers le fascisme...


2./ ECHEC DE LA NOUVELLE GAUCHE

a) Conférence à l’Université de Californie (Irvine) :   Echec de la Nouvelle Gauche

onfray conf.2013 marcuse echec de la nouvelle gauche marxib) « Avant de se demander en quoi consiste l’échec de la nouvelle gauche, il faut se poser deux questions; en premier lieu : quelles en sont les composantes et quelle en 2 est la nature ? et ensuite : peut-on parler réellement d’échec en ce qui la concerne ? » (13).

c) Autrement dit :  • La Nouvelle Gauche a échoué (13),  • Mais il faut se demander s’il y a échec (17) ;  • Avant de conclure : « je crois qu’il serait faux, malgré tout (sic), de parler de son échec » (23)...

d) La Nouvelle Gauche : à gauche des Partis Communistestraditionnels  • Surgit dans les années soixante – dans la foulée du rapport Khrouchtchev (1956).  • Une gauche sans organisation  • Isolée de la classe ouvrière, ne s’appuie pas sur les masses  • Révolution, sans messianisme du prolétariat ouvrier  • Apparaît à la faveur des mouvements libertaires.

A. Echec de la Nouvelle Gauche

a) Incapacité à trouver une forme d’organisation  • Anti-intellectualisme : éloge de la libération des instincts  • Anarchisme politiquement impuissant : revendication libertaire nihiliste  • Surestimation narcissique de soi

b) « Les « contre-cultures » créées par la nouvelle gauche perdirent leur impact politique et se détruisirent elles-mêmes en revenant à une sorte de « libération » individuelle (la drogue, le culte du gourou et autres sectes pseudo-religieuses), en professant un anti-autoritarisme abstrait doublé de mépris pour la théorie en tant que guide de la pratique ; en ritualisant et en fétichisant le marxisme. Tout cela était l’expression d’une résignation et d’une désillusion prématurées » (19).

c) La psychanalyse : instrument de repli sur soi  • Ses potentialités révolutionnaires ont disparu  • Divan, narcissique et égotiste.

B. Succès de la Nouvelle Gauche

a) La Nouvelle Gauche s’est largement étendue au-delà de son petit cercle  • La libération sexuelle jusque dansles petits villages

b) Combat des minorités opprimées  • Ébranlement international du capitalisme  • Déclin de l’éthique du travail  • Grèves sauvages  • Absentéisme  • Sabotage plus ou moins bien dissimulé  • Mouvements de libération des femmes  • Révolte contre les directions syndicales  • Refus de la morale capitaliste et des valeurs du marché   « La Nouvelle Gauche a totalisé la rébellion contre l’état de choses existant » (27).

c) Lecture difficile de Marcuse  • Facile de le résumer à des slogans:  • Ne plus travailler,  • Désirer le loisir,  • Refuser d’obéir,  • Se régler sur ses caprices,   • Pratiquer l’amour libre,  • Ne reconnaître aucune autorité,  • Abolir les familles,  • Reconstruire le monde autour de soi,  • Donner à Narcisse et à Eros les pleins pouvoirs,  • Congédier tout esprit de sérieux  • Multiplier les happenings,  • Défendre la sexualité des enfants, sinon la pratiquer avec eux.

C. Stratégies pour la Nouvelle Gauche

a) Un front commun de toutes les gauches  • Associer les personnalités apolitiques, la gauche libérale

b) Partir sur des bases locales

c) Utiliser toutes les formes de la démocratie bourgeoise :  • Elections  • Soutiens d’hommes politiques libéraux  • Propager des informations censurées  • Multiplier les protestations contre la destruction de la planète  • Boycott  • Soutenir les réformes qui vont dans le bon sens.


3./ LA CONSTRUCTION D’UN SOCIALISME FEMINISTE

a) Cf. Marxisme et féminisme (7 mars 1974)  • Pour le Centre de Recherche sur les Femmes à Stanford.  • Réédite ce séminaire à Vincennes Paris VIII après Mai

feministe socialisteb) Reconnaître les différences biologiques  • Mais lutter contre leur exploitation sociale  • Pas en construisant de nouvelles institutions  • L’URSS n’a pas changé le statut des femmes  • Réaliser la réalisation de l’humain par l’égalité économique, sociale, culturelle

c) Abolir les valeurs du patriarcat :  • L’agressivité, la productivité, la recherche du profit, l’efficacité, l’esprit de compétition, le principe de rendement, la rationalité fonctionnelle, l’éthique du travail inhumain, la volonté de puissance, la militarisation, l’association de la violence et de la sexualité, la destruction de la planète, la pollution...

d) Opposer le principe de vie au principe de mort :  • La douceur, le loisir, le désir d’épanouissement, le ludique, le principe de plaisir, la rationalité libertaire, l’éthique du travail libérateur, la volonté de jouissance, la paix, la sexualité partagée, la préservation de la planète, le souci de la terre.

e) Réactiver l’érotique des troubadours:  • La Dame au centre du dispositif érotique  • L’amant contre le mari

f) Abolir la chosification des femmes par la société industrielle

g) « L’antithèse masculin-féminin serait alors transformée en synthèse : le mythe antique de l’androgyne » (51).


onfray-conf.2013-Marcuse-Herbert-La-Dimension-Esthetique-Po4./ LA REVOUTION PAR L’ART

a) Donne un rôle majeur à l’art dans la production de la révolution   La dimension esthétique. Pour une critique de l’esthétique marxiste (1977-78).  • Contre l’idéologie marxiste de la superstructure4  • L’art comme reflet de la classe dominante

b) La culture bourgeoise est morte :  • Elle évacuait le corps,  • Elle célébrait la pulsion de mort,  • Elle contraignait l’éros,  • Elle procédait de la répression de la libido  • Elle procédait de la sublimation d’instincts maltraités par la société.  • Elle produisait des objets susceptibles d’un commerce et de spéculations.  • Elle fonctionnait dans, par et pour une minorité qui la confisquait.  • Elle embellissait le réel,  • Elle évitait qu’on s’y attarde,  • Elle fonctionnait comme une récréation, une distraction.  • Elle justifiait l’ordre établi.

c) Dans Contre-culture et révolte :  • Confère au corps une place majeure dans l’avènement de l’art contestataire  • Sensualité = force majeure

d) L’art révolutionnaire ne montre pas des révolutionnaires  • La forme est plus révolutionnaire que le contenu  • Ainsi les surréalistes, Artaud, le blues, le jazz, le dodécaphonisme, l’abstraction.


5./ «LES GOULAGS DE LA DEMOCRATIE »

A inspiré des figures de la nouvelle gauche :

Angela Davis:

angela davisa) A connu le ségrégationnisme en Alabama  • Etudes à New-York  • Découvre Owen et Marx  • Envisage la question noire dans le cadre marxiste  • Milite dans une association de jeunesse marxiste-léniniste  • Lit Sartre & Camus

b) Découvre Marcuse lors d’une AG : elle a 17 ans  • Marcuse parlait de la crise des missiles à Cuba  • Étudie Sartre et sa Critique de la raison dialectique  • Assiste à des meetings de Malcom X  • Septembre 1963 à Biarritz  • Eté suivant : Francfort, séminaire d’Adorno  • S’inscrit en thèse avec Horkheimer -sur la violence dans l’histoire  • Marcuse reprend la thèse lorsqu’elle rentre aux Etats-Unis

c) Combat aux côtés des Blacks Panthers – contre l’intégration, pour la révolution  • 1969 : enseigne à l’université de Californie à Los Angeles  • Contrainte à quitter pour activisme politique

d) Accusée d’une prise d’otages dans un tribunal qui se termine avec des morts  • Cavale, FBI à ses trousses,  • Arrêtée, emprisonnée 16 mois, jugée pour meurtre, kidnapping, conspiration  • Condamnée à mort  • Soutien international : Lennon, Sartre, Aragon, Prévert, Rolling Stones  • Acquittée, libérée en 1972

e) Devient une icône :  • Viêt-Nam, sexisme, phallocratie, racisme, système carcéral, peine de mort, guerre en Irak  • 1980 et 1984 : se présente aux élections présidentielles comme vice présidente du candidat communiste  • En 1997 (53 ans) révèle son homosexualité dans Out  • Enseigne l’histoire de la conscience à l’université de Californie

f) En 2007, publie en France : Les goulags de la démocratie. (!)

 

Rudi Dutschke :

onfray_conf.2013_rudi_dutschke_strasse.jpga) Né en 1940, mort le 24.XII.1979 des suites d’un attentat contre lui en 1968  • Enfance en RDA  • Envisage une carrière de décathlonien, puis de journaliste sportif

b) Engagé contre la militarisation de la RDA  • Pour la liberté de se déplacer dans le pays  • Défense des droits de l’homme  • Refus de faire son service militaire

c) L’Etat lui interdit la carrière sportive  • Fait une formation commerciale dans une coopérative industrielle  • 1961 : déménage à Berlin avant la construction du mur

d) Etudie phénoménologie de Heidegger  • Lit le Marx des Manuscrits de 1844  • Découvre Luckas et Ernst Bloch, l’Ecole de Francfort

e) Engagement à gauche + christianisme messianique révolutionnaire  • Nourri de Karl Barth et Paul Tillich  • Le premier de ses trois fils: Hosea-Che  • Hosea/Osée pour le prophète Juif, Che pour Che...

f) 1962, activiste, édite une revue critique du capitalisme, tiers-mondiste  • Combat contre la guerre au Viêt-Nam  • Prépare un congrès sur cette question à Francfort : Marcuse y intervient

g) En 1967, Herbert Marcuse a souhaité inviter Rudi Dutschke à San Diego – refus des autorités américaines  • Herbert Marcuse vient en Allemagne pour une série de conférences  • Son intervention publiée : La fin de l’utopie  • Peu de temps avant Mai !

h) 2 juin 1967 : mort d’un étudiant lors d’une manifestation contre le Shah  • Abattu par un policier membre de la Stasi  • Rudi Dutschke organise une manifestation contre  • Conspuent l’éditeur de presse Axel Springer  • Coupable d’entretenir ce climat de stigmatisation des étudiants dans ses journaux.

i) 11 avril 1968, un jeune manoeuvre lui tire dessus à 3 reprises  • Blessures au cerveau  • Longue convalescence, réapprentissage de la parole

j) Rudi Dutschke écrit à son agresseur Josef Bachmann  • Lui explique les raisons de son combat  • Et son absence de ressentiment  • Le convainc de la justesse de ses combats  • Le jeune homme se suicide en prison le 24 février 1970

k) Rudi Dutschke reprend le combat militant en Europe  • A la faveur de la parution du livre de Soljenitsyne   • Intervient sur « Soljenitsyne et la gauche » en février 1974  • En faveur des droits de l’homme en URSS  • S’inspire des thèses de Herbert Marcuse :  • Théorie de la tolérance répressive,  • Refus de la démocratie parlementaire,  • Mise au service de la technologie au profit d’une société humaniste,  • Condamnation du travail au nom du loisir,  • Aliénation de l’homme unidimensionnel,  • Embourgeoisement du prolétariat incapable de comprendre son aliénation.

l) Veut une république des conseils  • Socialisme démocratique antiautoritaire  • Veut fédérer les écologistes,   • Les alternatifs à gauche – pourvu qu’ils ne soient pas communistes  • Les antinucléaires  • 1979 : sur la liste des Verts  • Entre au congrès fondateur des Grünen.

m) Veille de Noël 1979 : crise d’épilepsie,  • Meurt noyé dans sa baignoire (39 ans).


6./ CONCLUSION

a) Claude Dupuydenus:   « Son admiration amusée pour de Gaulle narguant les Etats-Unis et le Canada au Canada avec son « Vive le Québec libre ! » ; ses étonnements ironiques plus que perplexes devant le succès du « petit a » de Lacan ; son soutien à Angela Davis, « l’étudiante la plus brillante de tous » ; ses contrevérités d’imagination sur le tableau de Cézanne appelé la maison du pendu, présentant une bâtisse très haute et étirée, évoquant ainsi, disait-il, l’intentionnalité phénoménologique du peintre « construisant » la maison d’un suicidé par pendaison. Or, la maison a tout simplement, semble-t-il, appartenu à un monsieur Lependu, mort de sa belle mort dans son lit ; ses succulences pour l’argot français et la francophilie ; ses détestations pour la bêtise prétentieuse. Sa seconde épouse Inge était partenaire de ses réflexions, ainsi qu’Erica Sherover après elle, Erica aussi si vite disparue bien que plus jeune de quarante ans que lui. Sophie, sa première épouse, avait disparu en 1951, très jeune, également du cancer ».  • Dit qu’il n’a pas aimé son statut de vedette, sa médiatisation

b) Le Monde (3 août 1979), « Derniers désirs »  • Jean Marabini raconte son amitié avec Herbert Marcuse  • A vécu plusieurs semaines chez lui en Californie l’été précédent  • Herbert Marcuse avait rendez-vous avec lui en Bavière  • Devaient partir en Italie, via St Paul de Vence  • onfray conf.2013 Marcuse tombeRetrouve un Herbert Marcuse fatigué qui dit :

c) « Il nous faudra reprendre nos discussions sur la nouvelle droite et sur les Nouveaux Philosophes, que je considère comme des personnages comiques de Molière et des snobs. Bien sûr, je voudrais revoir Venise, Padoue, enquêter sur Negri et les Brigades Rouges. Toute cette violence, toute cette cruauté, il faut l’analyser, l’expliquer, la désamorcer et la transcender. Mais j’ai quand même un peu peur de mourir par cette chaleur à Venise, comme le personnage de Thomas Mann. Je préfère rester dans mon Allemagne si je dois m’en aller. Tu sais, toute ma vie, je n’ai cru que dans Eros et Thanatos, l’instinct de l’amour, l’instinct de la mort. Je crois que maintenant, c’est l’heure de mon rendez-vous final avec la mort, mais j’y suis résigné »

d) Meurt le 29 juillet 1979, en Allemagne,  • Attaque cérébrale consécutive à ses problèmes cardiaques.  • 81 ans.

e) Sur sa tombe on peut lire en allemand : « Poursuivez ! ».  

 • Poursuivons, en effet...             

 

 


BIBLIOGRAPHIE :

• Marcuse, Philosophie et révolution, Denoël Gonthier

• Marcuse, La dimension esthétique, Seuil

• Marcuse, Contre révolution et révolte, Seuil

• Bernard Sichère, Le moment lacanien, Grasset

• François George, L'effet 'yau de poële’, Hachette

• Angela Davis, Autobiographie, Albin Michel

• Jean Birnbaum, Les maoccidents, Stock

 

12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 23:10

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 


_________________________

 

 12/ HAINE DE LA DEMOCRATIE - 13.08.2013

 

 

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

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PREMIERE PARTIE: LA TOLÉRANCE RÉPRESSIVE

 

1./ CONTRE LA TOLERANCE

a) La tolérance répressive (1965)  • Professeur à l’université de Californie  • Collectif, sous le titre Critique de la tolérance pure  • En finir avec la tolérance, instaurer l’intolérance  • Justifier et légitimer la violence révolutionnaire  • Extrême violence contre la démocratie  • Tendresse pour Castro & Mao qui ont contribué au « progrès de la civilisation » (39)

onfray conférences 2013 marcuse tolerance repressiveb) Cite Orwell sur la perversion du langage  • En régime totalitaire : on utilise un mot pour dire le contraire :  - On veut la paix, mais on prépare la guerre  • Cite la préface de Sartre aux Damnés de la terre « Il faut tuer: abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre » (29)...

c) L’intolérance : du côté des démocraties  • Herbert Marcuse parle de « démocratie totalitaire » (31)  • Leur tolérance n’est que formelle  • On la croit vertu qui libère  • Elle est vice qui opprime

d) Il existe des libertés de se rassembler, de penser, de s’exprimer, des libertés d’opinion  • Mais ce sont des fictions  • Elles permettent à la société de laisser croire qu’elle offre des libertés  • Mais qui ne débouchent sur aucun effet concret

e) Les gouvernements ne tolèrent que ce qui ne les met pas en péril  • Herbert Marcuse : ne pas tolérer ce qui ne tolère pas l’action révolutionnaire   « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté »...  • Cf. « Il est interdit d’interdire »...

f) Contre la « tolérance abstraite » dite « tolérance pure » :  • Elle tolère tout et son contraire :  - Droite & gauche, agression & paix, haine & humanité

g) La tolérance doit se pratiquer en regard de « la vérité objective » (21).  • Cette vérité objective permet de réaliser :  - Un monde sans violence, sans guerre, sans exploitation, sans agressivité  • Elle permet de réaliser le « progrès de l’humanité » identifié au marxisme  • Bien et mal se pensent en fonction des fins.


2./ ELOGE DE LA VIOLENCE

a) Pour en finir avec la violence, il faut actualiser la violence...  • Justifie les « moyens non démocratiques » : « Retirer la liberté de parole et de réunion à des groupements et mouvements qui prêchent une politique d’agression, d’armement, de chauvinisme, de discrimination raciale et religieuse, ou qui s’opposent à l’extension des services publics, de la sécurité sociale, de l’assistance médicale, etc »...  • Interdiction de toute recherche scientifique qui ne vise pas le progrès  • Supprimer la liberté d’expression, de réunion, pédagogique, de recherche scientifique  • Instaurer la « censure » (43)  • Qui interdira ?  • Des minorités combattantes, dispersées, invisibles

b) Contre la violence des démocraties:  • Mauvaise violence réactionnaire : violence des oppresseurs  • Elle vise sa perpétuation  • Journaux, médias, société de consommation, industrie, armement, guerre, publicité, mode

c) Pour la violence libératrice :  • Elle vise son abolition  • Bonne violence libératrice  • Sartre, Mao, Castro, Fanon : violence des opprimés « Si l’on considère le rôle historique de la violence, alors il existe vraiment une différence entre la violence révolutionnaire ou réactionnaire, entre la politique pratiquée par les opprimés ou par les oppresseurs. Au regard de l’éthique toutes deux sont inhumaines et mauvaises. Mais depuis quand l’histoire obéit-elle aux règles morales ? » (35)


3./ PLAIDOYER POUR LA CENSURE

a) La situation, exceptionnelle, justifie : « Une suppression exceptionnelle de la liberté de parole et de réunion » (39).

b) Au nom de la tolérance  • On dit n’importe quoi dans l’art  • Art, non-art, anti-art sont à égalité  • Styles, tendances, écoles se mélangent

c) L’art véritable proteste contre l’ordre établi  • Il perd sa force subversive en régime démocratique

d) Débats pipés dans les médias  • Les meneurs des débats travaillent dans des supports qui défendent l’ordre économique  • La cause rebelle est digérée par les médias  • Dans les débats, « une opinion stupide a droit au même respect qu’une pensée intelligente, celui qui est insuffisamment informé peut parler aussi longtemps que celui qui est bien informé, propagande et éducation, mensonge et vérité vont de pair. Pour justifier le fait de tout tolérer, on recourt à l’argumentation démocratique, selon laquelle personne, ni groupe, ni individu, ne possède la vérité et ne se trouve en mesure de distinguer le vrai du faux, le bon du mauvais » (26).

e) Plaide pour une aristocratie éclairée

f) Eloge de la censure « dirigée contre la censure plus ou moins cachée qui pénètre les libres medias » (43).


4./ POST-SCRIPTUM 1968

a) Herbert Marcuse en appelle à l’action « des minorités intolérantes, dans leur combat, et désobéissantes aux règles de conduite qui tolèrent la destruction et l’oppression » (55).

b) S’appuie sur « un droit naturel de résistance par les minorités opprimées, écrasées, selon lequel elles pourraient recourir à des moyens extralégaux, dès que les moyens légaux ont révélé leur inefficacité » (48).  • Herbert Marcuse ne croit pas aux moyens légaux, dirigés et contrôlés par le système

c) En appelle au déclenchement, par une minorité, d’une révolution qui s’appuierait sur  • L’intolérance, la censure, l’interdiction et la violence.

 


DEUXIÈME PARTIE: MARCUSE, PRODUIT PAR « MAI 68 »


onfray conf.2013 marcuse tribune

 

TROIS GENEALOGIES DU MYTHE MARCUSE

a) « Mai 68 » a plus fait Marcuse que Marcuse n’a fait Mai 68

b) Confidentiel avant Mai :  • Seuls sont traduits:  - Le marxisme soviétique   Eros et civilisation (1963) - (2000 exemplaires)

c) Après Mai, les traductions s’enchaînent :   L’homme unidimensionnel   Raison et révolution   La fin de l’utopie   Critique de la tolérance pure   Vers la libération

d) Dans Alain Shnapp et Pierre Vidal-Naquet, Journal de la commune étudiante  • Marcuse apparaît 4 fois dans les 1000 pages de tracts, affiches, textes  • Les références ne sont pas toutes positives...


UN : LE NOUVEL OBSERVATEUR

a) « Luttes étudiantes, luttes ouvrières » paru dans Avant-garde jeunesse (JCR) 18 mai  68 :  • Selon ce journal, le mouvement a été étudiant et ouvrier   «Contrairement aux allégations du Nouvel Observateur, l’idéologie marcusienne ne joue qu’un rôle secondaire » (316-317).  • Mai 68 marcusien : une thèse de journaliste

b) En Mai, Marcuse se trouve en France par hasard  • Pour un colloque sur Marx et Malthus  • Organisé par Alfred Sauvy à l’UNESCO pour les 150 ans de Marx  • On a invité le professeur américain d’une université californienne

c) Eric Fromm participe à ce colloque,  • Avec ce texte : La contribution de Marx à la connaissance de l’homme  • Marx en colloque n’est pas Marx dans la rue

d) Herbert Marcuse a parlé :  • Des proscrits des ghettos américains  • Des étudiants sans statut social  • Des marginaux des sociétés industrielles  • Comme ferment des révolutions à venir  • Le prolétariat n’est plus le déclencheur de la révolution


DEUX : ELKABBACH

Claude Dupuydenus, son assistant, raconte :

Herbert Marcuse. Vertu de l’obstination : «C’est Jean-Pierre Elkabbach qui a sauvé Marcuse de l’emprise incroyable des journalistes pour le ramener à son hôtel au calme, il venait de publier L’Homme unidimensionnel en 1964 et le succès en librairie était devenu subitement tout aussi incroyable. Mais, chemin faisant avec Elkabbach, à son étonnement, il est à nouveau reconnu : il est invité à dire un mot en pleine assemblée générale aux Beaux-Arts. Dans l’assemblée se trouvent des maoïstes pas très friands des idées développées par Marcuse ; enfin tout se passe bien, Marcuse fait une adresse en français et la vie continue. Cette agitation autour de Marcuse laisserait penser, complètement à tort, qu’il a été la cause principale de Mai à Paris en 68... Autant se demander si les journalistes et les paparazzi ne feraient pas l’histoire ».


TROIS : L’HUMANITÉ

a) Marchais, N° 2 du PCF (derrière Waldeck-Rochet alors malade)  • Article : « De faux révolutionnaires à démasquer » : « Un des maîtres à penser des gauchistes est le philosophe allemand Herbert Marcuse qui vit aux Etats-Unis. Ses thèses peuvent être résumées de la façon suivante : les partis communistes ‘ont fait faillite’, la bourgeoisie a ‘intégré la classe ouvrière qui n’est plus révolutionnaire’, la jeunesse surtout dans les universités ‘est une force neuve, pleine de possibilité révolutionnaire’ elle doit s’organiser ‘pour la lutte violente’. Bien entendu, les adeptes de Marcuse, chez nous, doivent tenir compte de la force, de l’influence du Parti Communiste Français et de la combativité de la classe ouvrière. Mais tout en y mettant des formes, ils portent leurs coups contre notre parti - et la CGT- et cherchent à mettre en cause le rôle fondamental de la classe ouvrière dans la lutte pour le progrès, la démocratie, le socialisme ».

b) Thèses du PCF :  • Cohn-Bendit :  -Juif allemand qui favorise les provocations fascistes  • Mai 68 :  - « Élucubrations » pseudo-révolutionnaires  - Agitations qui servent le pouvoir gaulliste au service du grand capital  • Marcuse : compagnon de route de l’anti-communisme gaulliste..  - Marcuse juif, allemand, américain, gauchiste, gaulliste...

 


TROISIÈME PARTIE: MAI 68 SELON MARCUSE

 

a) Vers la libération. Au-delà de l’homme unidimensionnel (1969)  • Livre écrit avant mai  • Reprend les thèses de Marxisme soviétique  • Intègre les luttes Viet-Mîn, Cubaines, Chinoises qui témoignent du « Grand Refus » (8)

onfray conférences 2013 Marcuse-Herber Vers-La-Liberation-b) Mai 68 associé à ce Grand Refus: « L’opposition étudiante prend de plus en plus d’ampleur, tant dans les vielles nations socialistes que dans les pays capitalistes. En France, pour la première fois, elle a défié un régime qui déployait contre elle toute sa puissance, retrouvant, pour une courte période, le pouvoir libertaire des drapeaux rouges et noirs; qui plus est, elle a démontré la possibilité d’élargir la base révolutionnaire, et ce n’est pas une répression temporaire qui pourra renverser cette tendance » (9).

c) Mai 68 a changé la donne : il annonce « la contestation permanente » (11)  • On ne cherche plus:  -L’augmentation de la productivité  - L’accroissement du niveau de vie  • On veut :  - La solidarité concrète  - La fraternité universelle  - L’abolition de la misère  - De la pauvreté  - La paix sur toute la planète  - Une autre vie  - La libération, la liberté  • On ne veut plus:  - L’appropriation collective des moyens de production  - La dictature du prolétariat  - La société productiviste  - La religion du travail  - L’abdication du subjectif au profit du collectif

d) Fin du modèle marxiste dit scientifique  • Avènement de l’utopie :  • Mettre Eros au centre du dispositif politique

e) Abolir la pulsion de mort :  • Capitalisme  • Publicité  • Pornographie  • Guerre  • Consommation  • Télévision  • Religion

f) Réaliser pulsion de vie :  • Rendre le travail attractif  • Viser le loisir intelligent  • Imagination créatrice  • Art libérateur  • Science artiste  • Technologie émancipatrice  • Esthétique généralisée  • Vitalisme exacerbé  • Vie transfigurée  • Langage nouveau  • Souci écologique  • Urbanisme révolutionné  • Perception nouvelle  • Sensibilité révolutionnée

g) Elargir le savoir aux connaissances pratiques:  • Travailler à l’avènement d’un « enseignement libre et critique » (118)  • Incorporer « aux programmes des cours qui étudieraient de façon pertinente les grands courants non conformistes de notre civilisation et l’analyse critique des sociétés contemporaines » (118).   • Contre le savoir théorétique, un savoir politique.

 


QUATRIÈME PARTIE: LA VIOLENCE CONCRÈTE


onfray conférences 2013 marcuse revolutiona) Avant Mai, l’université est le lieu de la reproduction sociale  • Pendant Mai : saccage  • En vertu du principe marcusien du principe de « régression infantile »   Vers la libération « Le moteur du mouvement, c’est le refus de devenir mûr et adulte, le refus d’adopter un comportement efficace et normal dans et pour une société qui contraint la grande majorité de la population à gagner sa vie par des travaux stupides, inhumains et inutiles » (119).  • Contre le sérieux : satire, ironie, provocation moquerie, parodie

b) Insultes, les attaques ad hominem, happenings.

Daniel Cohn-Bendit :  « Que l’anecdote complaisamment répandue de l’anarchiste prêt à uriner sur la flamme soit véridique ou non ne change rien au fond : la provocation est ressentie comme une profanation. Les propos ultérieurs de Daniel Cohn-Bendit (« A Paris, nous nous sommes dirigés vers l’Arc de Triomphe parce que c’est un monument con. Le drapeau tricolore est fait pour être déchiré ») (...) aggravent le sacrilège par l’offense « allemande » faite à la Patrie et à ses morts »  extrait : Frank Georgi, Le pouvoir est dans la rue. 30 mai 1968. La « manifestation gaulliste » des Champs-Élysées, Vingtième siècle, 1995, vol. 48, p. 51.

Jean Vilar, Avignon, juillet 68.  a) Living Theatre sur la grande scène  • Vilar se fait agresser : « Vilar, Béjart, Salazar »...  b) Carnets de Vilar :  • A propos des jeunes: « Les mots que la révolte de Mai vous a appris et que vous ne faites que répéter comme esprits demeurés. Vous n’êtes que des hurleurs, des tapageurs de nuit, des fils de famille qui allez chercher le mandat paternel et hebdomadaire au bureau de poste ».  c) Living Theatre, en pointe de la contestation, quitte le festival le 31 mai  • A empoché le prix de 12 représentations pour 5 jouées.  d) Vilar part se reposer à Sète  • Il est victime d’un infarctus.

• Ricoeur :  a) Avril 1969, Doyen de Nanterre  • Des maos l’arrachent à son bureau, le traînent devant un tribunal   b) Procès « révolutionnaire »  • On lui demande ce qui justifie qu’il soit professeur  • Répond avec calme   c) Graffitis insultants  • On lui crache au visage   d) Une vingtaine d’étudiants le coursent et lui versent une poubelle sur la tête  • Le normalien maoïste devient professeur  • Présente ses excuses lors d’un jury de thèse en 1991.7

• Adorno :  a) Soutien des étudiants et de leur cause  • Critique les hiérarchies autoritaires  • Aspire au changement d’université  • Dénonce la nature répressive du code pénal en matière de sexualité   b) Conférence sur le classicisme de Goethe à l’université de Berlin   c) Etudiants avec banderole  • Lui reprochent de recourir à une formule d’Horkheimer  • Sur le danger de l’activisme violent des étudiants  • Qui risque de tourner « au fascisme de gauche ».   d) A l’été 1967, Adorno écrit à Marcuse :  • Certains de ceux qui se réclament de moi ont tendance « à synthétiser leur genre de praxis avec une théorie qui n’existe pas, et ce qui pointe le bout de l’oreille, c’est un décisionnisme qui rappelle l’horreur » (Stefan MüllerDoohm, Adorno, 467).  • De plus en plus d’hostilité en public.  • 9 mai 1968, à Peter Szondi : « J’ai seulement à dire que les histoires des étudiants me sortent par les yeux. (...) Nous avons de plus en plus l’impression d’être de simples figures servant à leurs manipulations (...). Meurtre du père avec bref sursis » (id. 468). En fait, le refus d’être mûr et adulte présenté par Marcuse comme la généalogie d’une nouvelle civilisation, montrait toute sa puissance...

 

      4/5. Interview de Herbert Marcuse (1898 - 1979) le 11/11/1976.


BIBLIOGRAPHIE :

• Marcuse, Vers la libération, Denoël Gonthier

• Marcuse, Critique de la tolérance pure, EditionsJohn Didier

• Alain Schnapp, Pierre Vidal-Naquet, Journal de la Commune étudiante, Seuil

• L'insurrection étudiante, 10/18

• Voltaire, Traité sur la tolérance, Garnier Flammarion

• John Locke, Lettres sur la tolérance, Garnier Flammarion

 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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